Me Sylvain Lépine, procureur-chef du Bureau de lutte contre la corruption et la malversation
Me Sylvain Lépine, procureur-chef du Bureau de lutte contre la corruption et la malversation
C’est ce que le chef du Bureau de lutte à la corruption et la malversation, Me Sylvain Lépine, a déclaré aux médias, à la suite de la première comparution des accusés, vendredi matin, au palais de justice de Montréal.

Les accusés n’étaient cependant pas présents. Ils étaient représentés par leurs avocats, qui n’ont pas enregistré de plaidoyer.

Leur retour en cour a été fixé pour la forme au 14 septembre, pour permettre aux avocats de prendre connaissance de l’énorme preuve accumulée contre leurs clients qui leur a été fournie vendredi matin, et trouver un juge coordonnateur pour orchestrer les procédures.

La Couronne évalue que l’enquête préliminaire pourrait durer trois mois.
« C’est un dossier qui comprend 250 téra-octets de preuve. Ça prendrait environ 14 000 camions si on avait imprimé toute cette preuve, donc il devrait y avoir plusieurs jours d’enquête dans ce dossier-là étant donné la complexité et la lourdeur de la preuve », a indiqué Me Lépine, qui s’était déplacé spécialement pour la comparution.

Le Faubourg Contrecoeur

Frank Zampino, Paolo Catania, l'ex-président de la Société d'habitation de Montréal, Martial Fillion, l'ancien organisateur politique d'Union Montréal Bernard Trépanier et cinq autres personnes ont été arrêtés le 17 mai par les enquêteurs de l'escouade Marteau, maintenant intégrée à l’Unité permanente anticorruption.

Une compagnie, Construcion F. Catania, est également visée par les accusations.

Les suspects font face au total à 13 chefs de fraude, complot et abus de confiance pour des crimes présumément commis dans la foulée de l'affaire du Faubourg Contrecoeur, un important projet immobilier de 1800 unités dans l’Est de Montréal.

Normalement, la Société d'habitation de Montréal aurait dû vendre les terrains 19 millions $ au groupe Catania, mais ce dernier les a payés moins de 5 millions $ sous prétexte qu'ils devaient être décontaminés.

Lors d'une conférence de presse donnée le jour des arrestations, les policiers ont également indiqué que Frank Zampino aurait fourni des informations privilégiées sur l'appel d'offres à Construction Catania, par le biais d'intermédiaires.