Une fois que le jeu des chaises musicales commence, il faut trouver un siège, explique Frank Burch chez DLA Piper
Une fois que le jeu des chaises musicales commence, il faut trouver un siège, explique Frank Burch chez DLA Piper
Lorsque Norton Rose a annoncé sa fusion avec le canadien Ogilvy Renault, en novembre 2010, les cabinets d’avocats internationaux se sont réveillés, indique The Lawyer.

En effet, le Canada, avec sa monnaie forte, son marché plein d’énergie et ses ressources naturelles considérables se retrouvait enfin sur le devant de la scène.

« C’est partout pareil, a déclaré Frank Burch co-président de DLA Piper à The Lawyer l’année dernière. Une fois que le jeu des chaises musicales commence, vous avez besoin de trouver un siège. »

Pourtant, à l’inverse de Clyde & Co qui a fusionné avec le canadien Nicholl Paskell-Mede, spécialiste en assurances, en septembre 2011, DLA Piper est resté discret sur l’ouverture de bureaux en Amérique du Nord,.

« Je crois qu’ils étaient en pourparlers avec un certain nombre de cabinets, mais je ne suis pas sûr qu’ils aient franchi cette étape», confie une source pratiquant au sein d’un cabinet canadien bien connu.

L’élan mondial a été freiné par l’effondrement de Dewey & LeBoeuf, estime Gregory Turnball de McCarthy
L’élan mondial a été freiné par l’effondrement de Dewey & LeBoeuf, estime Gregory Turnball de McCarthy
En outre, beaucoup s’accordent à dire que les discussions concernant des fusions entre des géants mondiaux et des cabinets d’avocats n’ont pas abouti. Mais cela ne serait que temporaire…

« L’élan mondial s’est trouvé freiné suite à l’effondrement de Dewey & LeBoeuf », explique Gregory Turnball associé chez McCarthy, à Calgary.

Selon lui, le marché canadien observe l’expérience de Norton Rose, avec des sentiments plutôt mitigés.

« Il leur manque une solide plateforme aux États-Unis, dit-il, ce qui est un grand point négatif, étant donné la force des relations commerciales canado-américaines. Mais on entend dire qu’ils seraient en train de résoudre ce problème. »

Sur le coup

D’après les dernières rumeurs, les cabinets canadiens seraient déjà sur le coup.

La relation entre le Canada et l’Afrique du Sud n’est pas un phénomène récent, selon David Corbett chez Fasken
La relation entre le Canada et l’Afrique du Sud n’est pas un phénomène récent, selon David Corbett chez Fasken
Il se murmure que le cabinet FMC viserait à renforcer sa présence aux USA en fusionnant avec Fulbright & Jaworski de Houston.

Fraser Milner Casgrain est resté évasif sur la question.

« FMC continue à être invité à participer à des discussions avec des cabinets mondiaux », déclare le cabinet officiellement.

« Nous considérons ces discussions comme des opportunités potentielles d’anticiper et de capitaliser les changements au sein de la dynamique et de l’environnement concurrentiel mondial actuels. »

Des rumeurs (et des réponses) similaires concernent Fasken Martineau, qui pourrait bien fusionner avec un cabinet sud-africain.

« La relation entre le Canada et l’Afrique du Sud n’est pas un phénomène récent, explique David Corbett, associé chez Fasken. Par ailleurs, le cabinet a déjà un bureau à Johannesburg. »

On voit de plus en plus d’investissements canadiens dans l’industrie minière en Afrique.

Pour Jim Holloway de Baker & McKenzie, beaucoup de cabinets vont chercher à développer leurs pratiques pour s'aligner sur les besoins des marchés émergents
Pour Jim Holloway de Baker & McKenzie, beaucoup de cabinets vont chercher à développer leurs pratiques pour s'aligner sur les besoins des marchés émergents
Un intérêt grandissant, ces dix dernières années, pour les clients et les cabinets, selon lui.

Malgré ces communiqués informels : il semblerait bien que les cabinets étrangers vont fusionner avec les canadiens. Reste à savoir où et quand.

La carte Nord

« Tous les cabinets ne vont pas opter pour la mondialisation mais beaucoup vont chercher à grandir et développer leurs pratiques en s’alignant sur les besoins des marchés émergents », déclare Jim Holloway, membre du comité exécutif de Baker & McKenzie, basé à Toronto.

C’est ainsi que dans un avenir proche, et après avoir chipé six avocats torontois à Gowlings, le cabinet Norton Rose, lancerait un groupe dans l’Arctique.

« Ce nouveau groupe aidera les clients à capitaliser sur l’énorme potentiel du grand Nord canadien, ce qui pourrait conduire à l’expansion d’autres domaines tels le droit du transport, de l’emploi ou des travailleurs. », explique Norm Steinberg, président du cabinet Norton Rose au Canada.

Le plan Nord va transformer complètement l’économie des régions concernées, prévoit Norm Steinberg de Norton Rose
Le plan Nord va transformer complètement l’économie des régions concernées, prévoit Norm Steinberg de Norton Rose
Le futur serait donc dans le Nord, même si Calgary, Vancouver et Toronto restent des points stratégiques pour les cabinets.

Il y aurait trois régions que les gouvernements et sociétés minières prévoiraient de développer : l’Arctique, le nord du Québec et le nord de l’Ontario.

Ce dernier serait même le cœur d’un plan de 3,3 milliards de dollars qui verrait la construction de la première mine de chromite, ingrédient clé d’un monde urbanisé en pleine croissance, utilisé dans la fabrication de l’acier inoxydable des gratte-ciel.

La Chine en est par exemple une grande consommatrice.

Dans le Nord du Québec, les investissements se révèlent encore plus importants via le fameux Plan Nord qui va insuffler plus de 80 milliards de dollars dans des projets sociaux, économiques et environnementaux, et créer 20 000 emplois par an.

« Ce développement va ouvrir de nouveaux possibles dans l’industrie minière canadienne et mondiale, transformant complètement l’économie de ces régions », conclut Norm Steinberg.

Pas besoin d’être un devin donc pour savoir où Norton Rose (et les autres…) vont chercher à investir dans le futur…