C comme Culture

Pour les avocat(e)s qui aiment l’esprit Woody Allen

Julie Delpy est une française à l’étranger. Elle n’en demeure pas moins sympathique, n’hésitant pas à écorner l’image de ses compatriotes dans cette comédie pétillante, suite du non moins amusant Deux jours à Paris.

Image
Pour ce second volet d’une étude sociologique, légère au demeurant mais plus subtile qu’elle ne le laisse paraître, elle inscrit son intrigue dans la Grosse Pomme, un New-York d’artistes un peu bobos, où vendre son âme est une démarche artistique à part entière, un géant urbain où sa famille de Bidochon peut vraiment faire tâche.

La cinéaste, elle, incarne Marion, en couple avec Mingus (Chris Rock) et leurs enfants.

Sans volonté particulière d’enchaîner les plans étudiés, et sans réelle ligne de conduite, elle parvient tout de même à faire de sa parenthèse une charmante étude sur le choc des cultures, faisant s'entrechoquer la superficialité de l’américain au sans-gêne français.

De ses clichés, elle tire des scènes cocasses, parfois même très drôles (on pense aux engueulades avec la sœur notamment). De ses personnages, qui frôlent la caricature, de vrais instantanés de vie.

Le film, lui, est très dans l’air du temps, avec un côté indie revendiqué sans être trop appuyé, et fait de son mélange tragi-comique un vrai délice. Pas étonnant que Vincent Gallo, l’artiste indé par excellence ait choisi d’y faire une courte (mais amusante) apparition.

Au final, Two days in New-York prend des postures (woody-) alleniennes remarquables, qui rappellent le bon vieux temps où le cinéaste filmait Manhattan.

C comme Conte

Pour les avocat(e)s qui aiment l’esprit Mille et une nuit

Image
Dans un petit village non identifié- et donc à vocation universelle- du Moyen-Orient, des femmes vont chercher l’eau sous un soleil de plomb. Qu’elles soient jeunes, plus âgées, enceintes.

Pendant ce temps là, les hommes du village boivent le thé et jouent aux cartes.

Lorsque Leïla lance les prémisses d’une rébellion sans précédent (faire la grève du sexe pour que les hommes les remplacent), la guerre entre féminisme moderne et traditions ancestrales, hommes et femmes, est lancée.

Avec son casting quatre étoiles (Leïla Bekhti, Biyouna, Hafsia Herzi, Hiam Abbas et Sabrina Ouazani), le réalisateur français d’origine roumaine signe un cinquième long-métrage intéressant (après le beau Va vis et deviens ou le peu convaincant Le Concert), qui, sous forme de conte révolutionnaire, scrute le quotidien et la culture des habitant(e)s des pays orientaux, dénonce la condition des femmes et remet sur la table quelques vérités.

Ainsi, ne fait-il aucun cadeau aux figures masculines, présentées comme des entraves à la liberté des femmes.

Leur machisme, justifié par des traditions dépassées, déborde de partout : de leur réticence à voir une femme accéder à l’éducation jusqu’à leur conviction profonde que cette dernière doit rester à la maison.

Pourtant, si une grande place est accordée à la réflexion (comment moderniser les mentalités ? Comment faire la différence lorsque l’on est une femme ?), le film ne cède pas au pathos, et, offre quelques passages musicaux comme autant de bouffées d’air frais.

La volonté de Radu Mihaileanu est claire : célébrer les femmes ; leur force, leur intelligence, leur lutte, leurs rires. Et leur courage.