Barry Stein, ex-avocat d'Éric Lavoie
Barry Stein, ex-avocat d'Éric Lavoie
Le procès qui oppose Éric Lavoie à son ex-avocat, Me Barry Stein, maintenant au cabinet Spiegel Sohmer, s’est ouvert ce matin au Palais de justice de Montréal.

M. Lavoie réclame 7,3 millions de dollars à Me Stein et aux deux autres avocats impliqués dans ce dossier remontant au milieu des années 1990, Mes Daniel Michelin et Neil Stein, de Stein & Stein. Le cabinet Stein & Stein est également visé par la poursuite, peut-on lire dans la requête introductive d’instance.

Les trois avocats, représentés par Me Michael H. Kay, de Kugler Kandestin, disent avoir respecté «les plus hauts standards d'attention, d'effort, de diligence, de compétence et de dévouement. »

M. Lavoie est représenté par Me Isabelle Graton, de Jutras Associés.

Joint au téléphone, l’associé du cabinet Stein & Stein, Me Alan Stein, se rappelle de cette affaire. Précisant que son cousin Neil Stein est poursuivi pour la seule raison qu’il était associé au cabinet au moment de ce dossier, il a ajouté : « Il est malheureux que notre client ait perdu, mais nous avons fait un sacré bon travail et nous n’avons rien à nous reprocher. »

Origines de la poursuite

Natif de la région de Lanaudière, M. Lavoie avait 19 ans lorsqu’il a plongé dans la piscine creusée des parents de sa copine. Heurtant de plein fouet le fond de ciment du bassin, ce dernier s’est causé une blessure irréparable à la colonne vertébrale, peut-on lire dans La Presse.

À la suite de l’accident survenu en juin 1995, Éric Lavoie a entamé avec Me Stein (alors au cabinet Stein & Stein) une poursuite de 5 millions $ contre le propriétaire de la piscine et son assureur.

En 2002, le juge Jean Crépeau de la Cour supérieure a rejeté la requête, statuant que la piscine respectait les normes convenues et que l’accident était attribuable à une « erreur technique » de la part du plongeur. Allant en appel dans cette décision, M. Lavoie a essuyé un second revers.

Pour lire le jugement, cliquez ici.

« L’avocat gaffeux »

Éric Lavoie poursuit les trois avocats qui ont échoué à lui obtenir une indemnisation de la compagnie d'assurances
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Dans un courriel que nous a transmis M. Lavoie, il reproche à son ex-avocat de l’avoir mal représenté. Il affirme qu’à l’époque, durant le procès, Me Stein « subissait des traitements pour un grave cancer colorectal de phase 4». Il est aussi écrit que Me Stein « a gaffé sérieusement et n’a pas présenté les preuves essentielles » à son indemnisation.

Il reproche à l’avocat de ne pas avoir poursuivi le fabricant de la piscine, son installateur et la Ville de Repentigny pour ses normes «dangereuses» en matière de piscines résidentielles, basées sur les normes américaines de la National Spa and Pool Association (NSPI).

M. Lavoie croit aussi que son ex-avocat aurait pu soumettre en preuve un jugement de la Cour d’appel de Washington qui condamne NSPI à payer un montant de 6,6 M$ à un adolescent victime d’un accident semblable de plongeon.

Dans les documents déposés à la cour, les avocats poursuivis ont indiqué que la décision du tribunal américain n'a aucune « valeur probante » dans le dossier d'Éric Lavoie.

Dans le même message électronique, M. Lavoie accuse le Fonds d’assurance responsabilité du Barreau « de défendre des gestes indéfendables » et demande au Barreau du Québec d’assurer sa mission de protection du public et des victimes d’avocats.

M. Lavoie est d’ailleurs le président et fondateur de l'Association des Victimes du Barreau.