Claude F. Archambault se dit sans le sou.
Claude F. Archambault se dit sans le sou.
«Avant, j’allais au restaurant presque tous les soirs, mais maintenant, je mène une vie plate, très ennuyante», raconte l’ex-avocat en ajoutant qu’il joint les deux bouts grâce à de généreux amis.

C’est que Claude F. Archambault, 72 ans, ne manquait pas de travail durant sa pratique de plus de 40 ans. Il payait d’ailleurs des sommes dans les six chiffres pour être bien en vue sur l’annuaire des Pages jaunes.

Mais des plaintes successives au Barreau ont finalement eu raison de lui. En 2011, il a été reconnu coupable de ne pas avoir rendu à un client des services pour lesquels il avait reçu 5000$. Il a ainsi écopé d’une radiation de quatre ans.

À 56 reprises, il avait également omis de déposer de l’argent reçu de ses clients dans son compte en fidéicommis, en plus de s’approprier «sans droit» 165 671 $. La sanction avait été une radiation de quatre ans.

Pas de regret

Encore aujourd’hui, M. Archambault jure ne rien regretter. C’est qu’il se défend d’avoir mal agi, qualifiant sa faute de «technicalité » puisqu’il assure que même s’il n’avait pas respecté les procédures, il avait défendu les clients qui le payaient.

«Je ne regrette rien, affirme-t-il. Comment regretter? Je sais que j’ai toujours fait le travail.»

Claude F. Archambault fait toutefois l’objet de plusieurs poursuites d’huissiers, d’ex-employés ou d’ex-clients, dont un lui réclame 90 000 $. Cette affaire devrait être entendue l’an prochain.

Les déboires de l’ex-avocat lui ont toutefois coûté cher. Incapable d’exercer, Claude F. Archambault a accumulé des dettes totalisant 4 millions $. Il devait ainsi 75 000 $ au Barreau et plus de 1 million $ au fisc provincial et 1 million $ au fisc fédéral.

Au pied du mur, il a finalement déclaré faillite en janvier dernier. Mais il reviendra à la Cour le mois prochain pour demander d’être relevé de ce statut.

«Ça ne changera pas grand-chose, mais ça me permettra peut-être de pouvoir acheter quelque chose, dit-il. Je ne veux plus être en faillite, je veux avoir la liberté de négocier un remplacement de véhicule, par exemple.»

Pour le moment, il se balade dans un Jeep Cherokee noir 2005, qu’il dit sans valeur.

À sec

Dans les documents de faillite obtenus par le Journal, Claude F. Archambault indique qu’il n’a plus rien. Ses seuls revenus déclarés proviennent de rentes de retraite totalisant 2459$ par mois, selon son dossier de faillite.

En comptant le loyer, la nourriture et les frais courants, il ne lui reste rien, prétend-il.

Pourtant, il habite une jolie maison évaluée à 324 000 $, au bord de la rivière Richelieu à Sorel-Tracy. Une résidence qu’il loue 1600$ par mois chauffée, indique-t-il.

«Je passe mes journées à regarder la télé, je ne fais rien, dit-il. Si vous revenez demain, vous me trouverez là.»

Claude F. Archambault affirme que lorsqu’il sort, c’est uniquement pour voir ses enfants. Mais en attendant, l’ex-avocat ignore ce que l’avenir lui réserve. «Je connais le droit, j’ai fait ça pendant 45 ans, dit-il. Je ne connais pas autre chose.»

Et s’il répond spontanément qu’il ne compte pas redevenir avocat après sa radiation en 2016, il avouera plus tard y réfléchir.