Richard Bain veut toujours que les contribuables paient pour ses frais d'avocats.
Richard Bain veut toujours que les contribuables paient pour ses frais d'avocats.
Avec des pensions avoisinant les 40 000 dollars annuels sans aucune dépense significative, l'avocat de Richard Bain était conscient que son client avait peu de chances qu'un juge force l'État à défrayer les honoraires de la défense.

«Ça ne paraît pas bien que l'État paie, sachant les revenus de Bain», a concédé Me Jean-Marc Tremblay, de la défense.

Sauf qu'en ce moment, le tireur allégué du Metropolis lors de la soirée électorale du 4 septembre 2012 n'a pas d'argent. Toutes ses économies se sont volatilisées, et il avait dû en plus s'endetter de plus de 60 000 dollars pour décontaminer son terrain qui avait été vandalisé l'an passé.

Bain avait donc déposé une requête demandant que les contribuables payent les honoraires de la défense, qui pourraient facilement dépasser les 50 000 dollars.

«C'est certain qu'aucun avocat ne va accepter d'être payé 1000 dollars par mois pendant 10 ans, mais peut-être que l'État peut, a expliqué Me Tremblay, mercredi, au juge Guy Cournoyer. Si vous ordonnez à l'État de payer, ça ne l'empêche pas d'envoyer la facture après.»

Idée novatrice

Me Jean-Marc Tremblay, avocat de la défense
Me Jean-Marc Tremblay, avocat de la défense
L'idée de Me Tremblay en est une «créative», selon le magistrat. L'avocat n'avait d'ailleurs aucune jurisprudence pour soutenir sa proposition.

Mais pour la défense, tout le monde en sortirait gagnant. L'accusé de 63 ans aurait ainsi un procès juste et équitable, et les contribuables finiront par être remboursés.

«Bain veut payer pour son avocat, c'est juste qu'il n'a pas l'argent pour le moment», a renchéri Me Tremblay.

Le principal intéressé s'et d'ailleurs montré enthousiaste face à cette idée.

«Ça me satisfait, a lancé Bain, du box des accusés. Mon avocat est très créatif, très innovateur.»

Le juge a pris sa décision en délibéré. Il rendra sa décision le mois prochain.

Le procès de Richard Bain pourrait s'ouvrir en mars prochain. Il est accusé du meurtre prémédité du technicien de scène Denis Blanchette, et de tentative de meurtre sur 15 autres personnes, dont un collègue du défunt.

Bain fait aussi face à des accusations d'incendie criminel et de possession de matériel incendiaire, en plus d'une série d'autres chefs reliés aux armes à feu.