Question :

Bonjour,

Je suis un peu désespérée car je suis à ma troisième année comme avocate et mon salaire commence déjà à plafonner. Est-ce normal ?

Réponse :

Chère lectrice,

Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Pierre Arcand, recruteur juridique, répond à vos questions
Votre question nécessite une panoplie de précisions. Qu’est-ce que vous entendez par plafonner ? Quel est votre environnement de travail (entreprise ou cabinet) ? À combien avez-vous débuté ? Avez-vous négocié serré au moment de votre embauche ? etc, etc, etc…

En ce qui a trait à la notion de plafonner, j’ignore ce que vous entendez par là mais je désire porter à votre attention que l’augmentation salariale au Québec (toutes professions confondues) devrait être approximativement de 2.8% selon le Conseil de Patronal du Québec.

Donc si votre rémunération se situe autour de 80K dollars, vous devriez recevoir une augmentation de 2.240 dollars pour l’année…. À 120K vous recevriez 3.360 dollars.... Je vous concède que la situation dans le domaine juridique parait plus avantageuse que dans beaucoup de secteur mais il n’y a rien de mal à se comparer ne serait-ce que pour se consoler.

Alors pour une idée plus précise de la situation applicable au domaine juridique, je vous réfère au texte suivant : http://www.droit-inc.com/article11388-Guide-des-salaires-2014
Pas de quoi se pavaner n’est-ce pas …

Les moyennes ayant été établies, il faut rester conscient de plusieurs aspects qui influencent vos augmentations de salaire annuelles. Il est évident que la pratique privée permet une augmentation plus rapide de la rémunération principalement parce que vous êtes une source de revenus pour l’employeur et non un poste de dépenses comme c’est le cas pour les conseillers juridiques internes.

De plus, cette source de revenus tend à augmenter (lire : votre taux horaire) générant par conséquent plus d’argent disponible à chaque année pour votre rémunération. Encore là, c’est une situation qu’on ne retrouve pas en entreprise ou dans les domaines publics et parapublics.

Mises à part les différences reliées aux types de pratique, il faut aussi tenir compte de votre situation actuelle comparativement aux autres de même niveau dans l’entreprise ou l’industrie générale.

Si vous avez été recrutée à grands frais et qu’on vous a déroulé le tapis rouge financier, il reste probablement moins de flexibilité quand on en arrive aux augmentations ou bonus. Le même raisonnement s’applique si vous avez été très exigeante lors de votre dernière négociation salariale. Il s’agit d’un fait que les gens oublient trop rapidement.

Vous n’êtes pas seule au monde et il arrive un point où le fait de coûter cher ne vous sera peut-être pas bénéfique. À vous de voir jusqu’où vous pouvez aller tout en demeurant réaliste compte tenu du marché.

Ceci étant dit, je termine en vous indiquant que la rémunération est toujours au cœur de nos discussions mais que dans les faits, elle ne semble pas être un élément essentiel au bonheur… À ce titre je vous réfère deux textes/sondage récents et qui rejoignent les constatations que je fais régulièrement en rencontrant des avocats en recherche de nouveaux défis.
http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/national/archives/2014/10/20141027-220248.html
http://www.jobboom.com/carriere/les-emplois-qui-rendent-heureux/

Je termine en vous suggérant de regarder moins votre augmentation que votre rémunération globale. Mais encore là, considérez votre rémunération globale en la mettant en perspective face aux facteurs suivants :

- votre degré de réalisation personnelle
- l’appréciation qu’on vous démontre
- vos chances d’avancement
- les gens que vous côtoyez

Dernière chose : si vous êtes un employeur, il y a ici quelques points de réflexion qui peuvent vous permettre de fidéliser vos employés à moindre coût… c’est un « pensez-y bien ».

Bonne semaine.

La Question au Recruteur

Chaque semaine, le recruteur juridique Pierre Arcand répond à une question posée par vous, chers lecteurs.

La Question au Recruteur de la semaine est choisie parmi toutes celles reçues sur le site. Toutes les questions sont bonnes pour autant qu’elles concernent votre carrière de juriste.


Sur l'auteur

Pierre Arcand s'est spécialisé en recrutement juridique après avoir pratiqué le droit pendant une douzaine d'années. Ayant été associé au sein de cabinets boutiques ainsi que d'un important cabinet de Montréal, il connaît bien la communauté juridique et les enjeux reliés à la pratique du droit tant en cabinet qu'en entreprise. Arcand et Associés, une entreprise spécialisée dans le recrutement de cadres et de professionnels, a été fondée en 1999. Pierre Arcand et son équipe apporte un soutien professionnel tant aux entreprises qu'aux cabinets qui cherchent à recruter les meilleurs candidats disponibles.