Thierry Rassam a rencontré Droit-inc dans son nouveau bar, Maison Sociale
Thierry Rassam a rencontré Droit-inc dans son nouveau bar, Maison Sociale
Mardi fin d’après-midi. En plein cœur du Mile-End, sur le boulevard Saint-Laurent, quelques hipsters sirotent leur café latté au café-bar Maison Sociale, sur un fond de musique rythmée et douce, en accord parfait avec ce jour de semaine tranquille. En veston cravate, mallette à la main, Me Thierry Rassam arrive en trombe dans le bar qu’il a mis sur pied il y a quelques semaines avec huit autres entrepreneurs.

C’est qu’il est occupé : copropriétaire de cinq compagnies différentes, l’avocat possède aussi son propre cabinet, Corposult, et trouve en plus le temps d’organiser chaque année une série de concours culinaires, dont la semaine de la Poutine et du Burger, durant lesquelles les restaurants concoctent un plat de compétition qui est évalué par le public. « Pour plusieurs restaurants, ça représente la deuxième semaine la plus payante de l’année après celle de la Formule 1! » lance-t-il.

C’est l’idée de participer au rayonnement de sa ville qui motive le jeune avocat à investir autant d’énergie dans ce type de projet. « J’adore aussi le fait d’être plongé dans des univers complètement différents, de la consultation juridique à la dégustation de poutine ! », confie-t-il, assis confortablement sur un banc au look « vintage ».

Pointant du doigt le studio de radio qui trône au milieu du bar, il explique que la Maison Sociale se veut un lieu à vocation multiple. « C’est à la fois un café, un restaurant, un bar et un club social. On veut créer un endroit rassembleur pour la communauté », explique le juriste. Différentes activités sont à venir, telles que des ateliers et dégustations de cocktails, des ateliers de sommellerie, ou des émissions de radio en direct pour faire découvrir des artistes d’ici.

L’âme entrepreneuriale

Thierry Rassam joue au DJ dans le studio de radio du bar Maison Sociale
Thierry Rassam joue au DJ dans le studio de radio du bar Maison Sociale
Maison sociale n’est qu’un des nombreux projets sur la liste de Me Rassam, qui a débuté son aventure entrepreneuriale dès qu’il a terminé son stage du Barreau, en 2011. Lors d’un voyage au Texas, il découvre les bouteilles d’eau « h2o Spring Water », qui ont un contenant écologique de type carton. Il y voit un potentiel économique. Après de longues négociations avec la compagnie, il parvient à avoir le droit exclusif de distribution au Canada. Il apprend alors le rouage des affaires sur le terrain.

« C’est là que j’ai compris que mon travail d’entrepreneur pouvait parfaitement s’arrimer à celui de juriste. Quelques années plus tard, j’ai lancé mon cabinet. J’accompagne des entreprises à divers stades de croissance, surtout dans le secteur technologique, du détail et de la restauration », explique-t-il. Une avocate formée en France, Alice Boivinet, qui avait fait l’objet d’un reportage de Droit-inc, est d’ailleurs sa première employée.

Le fait d’être lui-même entrepreneur l’aide à conseiller ses clients. « En tant que juriste, je veux toujours minimiser le risque, en tant qu’homme d’affaires, je suis souvent prêt à en prendre. Tout est une question d’équilibre », relate-t-il. Voilà donc la philosophie qui lui permet de conseiller ses clients, selon leurs objectifs et la nature de l’entreprise.

De nouveaux évènements gourmands

Thierry Rassam et Nae'em Adam posent pour la Semaine de la Poutine, qu'ils ont fondé il y a 3 ans
Thierry Rassam et Nae'em Adam posent pour la Semaine de la Poutine, qu'ils ont fondé il y a 3 ans
En parallèle de ses activités d’avocat, Me Rassam continue de multiplier les projets. Dès le mois de juillet, il lancera avec son fidèle acolyte, Na’eem Adam, le « Kosh Week », qui vise à faire découvrir aux Montréalais la nourriture cachère revisitée. En septembre, juste après la quatrième édition du Burger Week (1er au 7 septembre), se tiendra la « Prolongation de Fraises Québec ». Contrairement aux autres concours qui durent sept jours, celui-ci se prolongera plusieurs semaines. « La saison des fraises dure tout le mois de septembre et même octobre, le but est d’encourager les chefs à faire preuve de créativité en soumettant des plats dans lesquels on en retrouve », indique-t-il.

Le succès de ces festivals a été contagieux et s’est répandu dans plusieurs villes, souligne Me Rassam, de Sherbrooke à Toronto, jusqu’à Port-au-Prince, en Haïti.

L’organisation de tels événements n’est pas de tout repos, et peut même impliquer de passer quelques nuits blanches pour les préparatifs de dernière minute. « En plus du travail au cabinet, ça peut devenir très éprouvant. Mais j’aime tout ce que je fais ; je ne peux pas me plaindre », conclut-il.