Me Louis P. Bélanger, associé senior et chef national du groupe litiges chez Stikeman Elliott
Me Louis P. Bélanger, associé senior et chef national du groupe litiges chez Stikeman Elliott
Me Louis P. Bélanger, associé senior et chef national du groupe litiges chez Stikeman Elliott, a décidé de quitter le cabinet.

La nouvelle a été annoncée aux employés de Stikeman hier en fin d’après-midi par un courriel plutôt laconique de l’associé directeur du bureau de Montréal, Me André Roy: « Me Louis P. Bélanger, lequel a oeuvré au sein de Stikeman Elliott pendant 40 ans, a décidé de se retirer du cabinet de façon effective le 31 décembre pour poursuivre de nouveaux intérêts ».

Me André Roy :« Ce sont des choses qui arrivent…»
Me André Roy :« Ce sont des choses qui arrivent…»
« Ce sont des choses qui arrivent… Nous misons sur la jeunesse pour assurer la pérennité du cabinet », a ajouté Me Roy, joint par Droit-inc.

Notons que dans beaucoup de grands cabinets, les associés doivent prendre leur retraite à 65 ans, ou 67 ans chez Stikeman.

Futur flou

Ses projets restent en tout cas flous. Droit-inc n’a pas réussi à le contacter pour lui poser la question.

Me Sylvain Lussier :« Je pense qu’il est en pleine réflexion »
Me Sylvain Lussier :« Je pense qu’il est en pleine réflexion »
Va-t-il continuer d’exercer ? Va-t-il prendre sa retraite ? « Je pense qu’il est en pleine réflexion », dit Me Sylvain Lussier, associé chez Osler qui était au courant du départ de son confrère.

« Il va décider ce qu’il fera, s’il veut continuer ou prendre la vie plus tranquillement », lance de son côté Me André Roy.

« Il a dû se réveiller un week-end et se dire qu’il était temps de faire autre chose, de profiter de la vie autrement », s’imagine Me Jean G. Bertrand, associé principal de Norton Rose, qui a lui aussi travaillé à quelques reprises avec Me Bélanger.

Me Jean G. Bertrand : « Il a du se réveiller un week-end et se dire qu’il était temps de faire autre chose »
Me Jean G. Bertrand : « Il a du se réveiller un week-end et se dire qu’il était temps de faire autre chose »
Il a appris la nouvelle de Droit-inc. « Oh mon Dieu ! » s’est-il exclamé, surpris dans un premier temps.

« C’est vrai que lorsque je l’ai vu il y a quelques semaines au palais de justice, il me disait qu’il travaillait très fort, qu’il allait avoir 65 ans en février et qu’il avait de la difficulté à ralentir un peu le rythme », dit Me Bertrand qui reconnaît en lui un avocat qui portait attention aux détails, qui était omniprésent dans ses dossiers et qui faisait preuve d’une grande ténacité.

L’avocat des grands dossiers

De tous les dossiers qu’il a traités, la communauté juridique retiendra par exemple celui de la tentative de prise de contrôle du conglomérat ONEX de Toronto sur Air Canada en 1999. Une cause qui présentait de gros défis en raison de délais très courts. Il n’y jouait rien de moins que la propriété d’Air Canada.

Gérald Tremblay, de McCarthy
Gérald Tremblay, de McCarthy
Ce fut pour Louis P. Bélanger l’une de ses causes les plus marquantes avait-il confié dans une longue entrevue à Droit-inc. Il y représentait Air Canada, dans une équipe de cinq avocats. Face à lui ? Dix avocats, et l’ex-bâtonnier Gérald Tremblay, de McCarthy, son ami et mentor.

Sylvain Lussier a lui aussi travaillé avec Me Bélanger sur plusieurs dossiers. Ils ont été amenés à représenter des compagnies pétrolières qui faisaient face à des allégations de collusion. Ils ont aussi travaillé ensemble dans des dossiers de recours collectifs.
« Il est un plaideur très convaincu et convaincant », dit Me Lussier qui avoue avoir toujours été impressionné par sa fougue.

André Roy a été plus sur la retenue, évoquant un avocat « de grande expérience et très en demande, qui a eu beaucoup de procès et qui a donné 40 ans de sa vie au cabinet ».

Louis P. Bélanger, Barreau 1977, diplômé de l’Université de Montréal, passionné de moto et de plongée sous-marine, avait en tout cas élevé la plaidoirie au rang d’art, confiant à Droit-inc être « l’urgentologue juridique du bureau ». Il aura donc bien mérité sa retraite… si retraite il y a!