Sophie Audet, coach professionnel
Sophie Audet, coach professionnel
Amélie est une jeune avocate qui pratique le droit commercial au sein du contentieux d’une entreprise montréalaise.

Sophie Audet, coach professionnelle, l'assiste dans le développement de son leadership et répond aux questions qu’elle se pose quand elle est mise en difficulté dans le cadre de situations professionnelles.

A: Coach
De: Amélie
Sujet: Supplice du doute et soif de reconnaissance
Date: 26 septembre 2018 – 8 : 34

Allo Coach,

J’espère que tu vas bien.

Je te remercie pour les outils que tu m’as transmis quant aux façons de s’investir à 100% dans ses relations sans dominer ou devenir invisible

J’ai déjà noté des résultats positifs dans le cadre du dossier de négociation que je co dirige avec un collègue. C’est fou comment le fait d’avoir pris un peu plus de temps pour développer la relation a fait une différence!

J’ai pris récemment conscience que malgré tout le travail que j’ai fait pour développer mon leadership personnel depuis quelques années, je recherche encore beaucoup la validation des autres.

C’est comme si une partie de moi avait toujours besoin de reconnaissance à la suite de mes interventions. Je suis constamment en attente de commentaires du type: « Wow! Quel travail extraordinaire! » Pas besoin de te dire que cela me tape royalement sur les nerfs.

Les cas où cette tendance devient à son paroxysme sont ceux où je deviens ultra consciente de mon imperfection.

Il me semble qu’à 38 ans je devrais avoir suffisamment confiance en moi pour ne plus avoir besoin de l’approbation des autres comme quand j’avais 4 ans!

Comment se libérer du doute de soi et de la soif de reconnaissance?

Ciao et merci d’avance!

Amélie

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À : Amélie
De : Coach
Sujet: Doute de soi et soif de reconnaissance
Date: 26 août 2018 – 18 : 16

Bonjour Amélie,

Le doute de soi est un phénomène universel. Il affecte autant les jeunes professionnels talentueux que les vedettes d’Hollywood et les dirigeants d’entreprises.

Comment expliquer que malgré nos grandes réalisations, notre hyper performance et nos qualités extraordinaires d’être humains, nous ne nous sentions pas plus autonomes émotionnellement?

La psychologue et professeure de présence attentive (Mindfulness) Tara Brach explique que nous souffrons tous d’un important sentiment de vulnérabilité. Ce sentiment est primitif, instinctif et enraciné très profondément en nous. Notre cerveau développe donc, au fil de notre vie, des croyances quant aux comportements à adopter pour ne pas être en contact avec ce sentiment de vulnérabilité.

Les croyances que nous construisons s’appliquent à ce que nous devons faire pour subvenir à nos besoins fondamentaux, pour réussir dans ce que nous entreprenons et pour nous faire accepter et aimer par les autres. Nous créons ainsi une belle petite carapace, notre égo, que nous conditionnons à réagir en fonction du système de croyances que nous avons bâti.

Or, les comportements de notre égo deviennent ensuite tellement habituels que nous nous identifions à eux. Nous oublions que ces comportements ne sont pas nous. Nous oublions aussi que nos croyances ne sont que des interprétations que nous avons élaborées, de façon consciente ou non, à un moment ou à un autre de notre vie.

Nous oublions qu’elles ne ne sont pas la vérité absolue et qu’elles ont avantage à être revues régulièrement. Nous oublions également que notre potentiel d’être humain est immensément plus grand que la petite carapace que nous avons fabriquée, fusse- t-elle hyper sophistiquée et méga performante.

Le plus fou, c’est que oublions tellement tout cela que cette petite carapace finit par prendre le contrôle de nous-mêmes et à rechercher à l’extérieur la confirmation de sa valeur. Un peu comme si notre image dans le miroir demandait à d’autres images dans le miroir de quelle façon on peut se sentir bien!

Comment se défaire de cette impasse?

Voici quelques pistes:

1) Accepter de faire face à ce que nous pensons de nos imperfections

Nous ne sommes pas le ou la meilleure en tout et n’avons pas besoin de l’être. Lorsque nous nous sentons éclipsés par un talent ou un génie plus grand, un plus grand statut ou un plus grand accomplissement, arrêtons nous immédiatement: la seule personne réelle en nous, c’est nous.

Il s’agit de quelque chose de fondamental puisque ce à quoi nous porterons attention sera nourri et évoluera. Ainsi, si nous portons attention à la comparaison, nous nourrirons un sentiment de frustration, d’insuffisance et d’insatisfaction. Si nous avons le courage de nous faire face, quoi que nous pensions de nos imperfections, nous pourrons les accepter et nous améliorer.

Lorsque nous ressentons un sentiment d’insuffisance dans une situation, une stratégie efficace consiste à identifier une chose très spécifique à améliorer par rapport à cela et de consacrer par la suite du temps et de l’énergie pour le faire.

2) Développer le muscle de la compassion pour nous-mêmes

Selon le Dr Kristin Neff, professeure et chercheuse à l’Université du Texas, la chose la plus importante pour être plus résilient face à notre vulnérabilité est de développer le muscle de la compassion pour nous-mêmes.

Ainsi, lorsque nous nous ne sentons pas à la hauteur, faire l’effort conscient de demeurer chaleureux, amical et compréhensif envers soi, plutôt que d’ignorer nos émotions négatives ou de nous autoflageller pourra faire toute la différence.

Pour déjouer les mauvais tours de notre égo, on peut se demander comment nous nous y prendrions pour rassurer un ami se sentant inadéquat dans les mêmes circonstances. Ce petit exercice peut paraître simpliste à première vue mais est très puissant.

Par ailleurs, prendre conscience que le doute et l’autodévalorisation ne sont pas des épreuves qui nous arrivent uniquement à nous mais plutôt une expérience humaine universelle qui n’épargne absolument personne peut également aider.

3) Investiguer nos croyances

Souvent, les stratégies ci-dessus seront insuffisantes. Tara Brach propose alors d'effectuer un travail de présence attentive pour investiguer directement nos croyances. Cet exercice mettra en lumière les croyances qui nous limitent et nous pourrons nous libérer petit à petit de leur emprise. L’important est de faire appel à notre curiosité et à notre muscle de compassion pour nous-mêmes. Nous n’avons qu’à répondre de façon spontanée et intuitive. Écrire toutes réponses qui nous viennent peut aider. Il n’y a pas de mauvaise réponse. Voici les questions à se poser:

  • Identifier nos croyances: La première chose à faire est d’identifier de façon spécifique la ou les croyances qui sont à l’origine de notre malaise. Qu’est sont les croyances qui font que je ressens ce doute? Quelles sont les croyances à l’origine de mon besoin de validation?

  • « Challenger » nos croyances: Lorsque nous assumons qu’une croyance est vraie, il n’y a aucun espace pour de nouvelles possibilités. À titre d’exemple si je crois que mes actions n’ont pas de valeur intrinsèque à moins d’une rétroaction positive de mon environnement extérieur, je ne pourrai pas m’ouvrir à d’autres perspectives qui pourraient me permettre d’évoluer. Est ce que ma croyance est vraiment vraie? Que puis je faire pour m’ouvrir à d’autres perspectives ou possibilités?

  • Identifier les conséquences de vivre avec nos croyances : Nos croyances sont toujours accompagnées par des sensations corporelles. Elles sont également un impact sur nos comportements et sur la rétroaction que je reçoit de mon environnement. À titre d’exemple la croyance « mes actions n’ont pas de valeur intrinsèque à moins d’une rétroaction positive de mon environnement » peut nous faire ressentir une contraction dans la poitrine. Comment je ressens ma croyance dans mon corps? Est ce que cela me fait ressentir une émotion particulière? Quels sont les conséquences de cette croyance dans mes interactions avec les autres? Dans ma vie en général?

  • Se désidentifier de nos croyances: Comment serait ma vie sans ma croyance? Qui suis-je sans cette croyance? Cette étape est très puissante puisqu’elle permet de visualiser les aspects de notre vie qui pourraient être enrichis positivement si nous n’étions pas limités par la croyance. Elle permet également de se désidentifier à elle. Ceci nous permettra d’être plus libre face à notre vulnérabilité et avoir plus d’espace pour laisser de nouveaux comportements émerger.

Les recherches des deux dernières décennies ont démontré que le facteur déterminant du succès d’un individu n’est pas son intelligence ou ses compétences mais plutôt l’attitude de cet individu de persister face aux difficultés, d’apprendre et de se développer.

Il s’agit d’un constat énorme et très inspirant. En effet, embrasser le fait que nous pouvons évoluer et qu’il s’agit du critère le plus important du succès augmente la confiance en soi et le courage. Cela nous permet d’avoir l’audace de déposer le bouclier de perfection que nous avons créé, de nous libérer de notre carapace, de devenir de plus en plus authentiques et de manifester le meilleur de nous mêmes.

Comment ce qui précède t’éclaire t-il? Que comptes-tu faire?


Ton coach
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A : Coach
De : Amélie
Sujet : Merci
Date: 27 août 2018 – 11 : 45

Allo Coach,

Je suis sous le choc de constater à quel point ma carapace dirige ma vie! Merci! Je vais investiguer mes croyance et revoir mes constats avec toi. J’ai hâte de voir les résultats!

Ciao


Amélie

Un coach professionnel est une personne bien placée pour vous aider à développer votre leadership personnel. Pour plus d’information, consulter mon site web à www.sophieaudet.ca. Suivez-moi sur Facebook