Gabriel Faure de chez McCarthy Tétrault
Gabriel Faure de chez McCarthy Tétrault
On peut dire que Gabriel Faure a la réussite de la jeunesse à coeur! En mars 2016, ce sociétaire de chez McCarthy Tétrault, spécialisé en faillite et restructuration ainsi qu’en litige, a décidé de se joindre à l’équipe d’Academos.

Academos est une application gratuite qui vise à contrer le décrochage scolaire en donnant accès à tous les jeunes Québécois de 30 ans et moins à des mentors qui exercent des professions dans des domaines variés.

L’initiative du jeune avocat de 30 ans a d’ailleurs inspiré sa collègue parajuriste Miryam Bonin, 31 ans, qui a décidé de s’inscrire elle aussi au programme il y a environ quatre mois, soulignant que trop peu de jeunes connaissent les para-professions.

En quoi ça consiste?

Les mentors du programme renseignent les jeunes qui les contactent sur leur métier. Ils leur donnent des conseils et les aident à découvrir une profession qui les passionne, ce qui donne un sens à leurs études ou à un éventuel retour aux études. Le tout se fait de façon bénévole via des échanges sur une plateforme en ligne.

«Jusqu’à maintenant, je discute avec une dizaine de jeunes par année, dit l’avocat. Généralement, ils me contactent car ils sont curieux d’en savoir un peu plus sur ma profession», explique-t-il.

Le futur associé, qui pratique chez McCarthy Tétrault depuis 2016, souligne que la plateforme rend les échanges particulièrement faciles et sécuritaires, d’abord parce qu’il reçoit des notifications de ses nouveaux messages sur son cellulaire et qu’il peut leur répondre de n’importe où, ensuite parce que tous les échanges sont supervisés par Academos.

«Parfois l’échange est ponctuel et concerne une question bien précise, parfois la discussion s’étire sur plusieurs semaines, dit-il. Je relance souvent les jeunes quelques mois après nos conversations pour prendre des nouvelles de leurs démarches», ajoute-il.

Mme Bonin estime utile que le programme permette un accès direct et concret à de vrais professionnels qui pratiquent différents métiers dans leur quotidien.

Pourquoi devenir mentor

Miryam Boni de chez McCarthy Tétrault
Miryam Boni de chez McCarthy Tétrault
Questionné sur sa motivation à rejoindre Academos, Me Faure estime que c’est une belle façon de contribuer positivement à la société. «J’ai l’occasion de faire une différence dans la vie de jeunes qui se cherchent et qui cherchent leur future profession!», souligne-t-il.

Ultimement, Me Faure indique que son but n’est pas d’intéresser spécifiquement les jeunes à la profession d’avocat, mais au droit en général. Pour piquer leur curiosité et leur donner une idée imagée du droit, il reprend souvent une situation pensée par le philosophe H.L.A. Hart.

«Je leur raconte l’histoire d’un papa qui se promène dans un parc avec sa fille dans une poussette et qui remarque une pancarte sur laquelle on peut lire ‘’Tout véhicule est interdit dans le parc’’. Je leur demande ensuite si selon eux, le père contrevient à l’interdiction, puis je leur demande d’expliquer sur quoi ils basent leur réponse. Ça les fait réagir!», dit-il en riant.

Le juriste, qui a pratiqué chez Fishman Flanz Meland Paquin pendant deux ans avant de se joindre à McCarthy, aurait aimé avoir accès à un programme de mentorat quand il était jeune. Ce Barreau 2014 dit avoir développé son intérêt pour le droit à force d’argumenter avec ses parents, puis éventuellement avec ses amis et ses collègues de classe!

Un éventail d’options

Quand à Miryam Bonin, a toujours été intéressée par le domaine juridique. Après avoir travaillé dans une étude notariale pendant huit ans, sa passion du droit l’a motivée à retourner sur les bancs d’école à l’âge de 27 ans pour compléter une technique juridique avant de faire un stage de quatre mois chez McCarthy Tétrault en janvier 2017, puis d’y être embauchée par la suite.

La parajuriste souligne qu’elle trouvait intéressant de pouvoir partager ses connaissances avec des jeunes et de faire découvrir sa profession, souvent méconnue.

«Certains jeunes sont intéressés par le droit, mais pour toutes sortes de raisons, ils n’ont pas envie de faire des études universitaires. C’est bien qu’ils puissent connaître les autres options qui s’offrent à eux!», indique-t-elle.

Elle ajoute: «Au secondaire, on nous parle des métiers classiques, comme médecin, enseignant, psychologue, avocat ou policier… Mais on parle très peu des para-professions, qui sont pourtant très intéressantes!».

À ce propos, Me Faure se rappelle d’avoir passé un test d’orientation au secondaire. «Non seulement les résultats du test ne me proposaient pas le métier d’avocat, mais en prime ils me suggéraient de devenir conservateur de musée!», dit-il en rigolant.

Il conclut en disant: «Il ne faut surtout pas que les jeunes hésitent à poser des questions aux mentors. On est là pour ça. Je les encourage à aller là où leur curiosité les mène!»

L’organisme à but non lucratif Academos a été fondé par Catherine Légaré il y a bientôt 20 ans. Fonctionnant d’abord sous forme d’échanges de courriel, le programme est maintenant accessible sous forme d’application.

Dans la mesure où les résultats de l’enquête de sécurité préalable ne soulèvent pas de préoccupation, les professionnels de tous les milieux sont invités à rejoindre la plateforme pour aider les jeunes à tracer leur avenir.