Mes Michael Fekete, Jordan Furlong et Peter Feldberg.
Mes Michael Fekete, Jordan Furlong et Peter Feldberg.
Un sondage mené par Deloitte en 2017 indique que la majorité des cabinets canadiens envisagent d’adopter de nouvelles technologies au cours des cinq prochaines années, rapporte The American Lawyer.

« Les entreprises peuvent garder le statu-quo à leurs risques et périls, ou bien chercher à identifier les opportunités afin d’en tirer parti», déclare Michael Fekete, chef de file national de l'innovation chez Osler.

Toujours selon la même étude, un tiers des dirigeants légaux au Canada ont déclaré que le contrôle des dépenses juridiques était leur principale priorité en 2018.

Jordan Furlong, analyste juridique chez Law 21, explique qu’il est nécessaire de stimuler la croissance via l’innovation alors que les facteurs traditionnels de profit et de travail optimisé pour les entreprises commencent à disparaître.

« Les entreprises ont besoin de nouveaux moyens de faciliter la tâche des clients, par la recherche de moyens leur permettant de dépenser de l’argent de différentes manières », déclare-t-il.

Une tendance qui franchit les frontières

Si l’innovation n’était pas monnaie courante au sein des cabinets canadiens ces dix dernières années, on ne peut en dire autant aujourd’hui.

« Il y a dix ans, innover dans un cabinet d'avocats n'aurait provoqué que des maux de tête », explique Furlong.

À l’époque, les États-Unis étaient atteints d’une crise financière qui n’avait pas touchée le Canada. Les Canadiens ne ressentaient donc pas le besoin d’innover, estime l’analyste.

Lorsque la crise a traversé les frontières canadiennes, causant une baisse de la demande légale, les cabinets ont été forcés de réagir, provoquant une vague d’innovation juridique.

Par exemple, Osler a créé Osler Works, une interface qui automatise plusieurs tâches et conséquemment, permet d’offrir des tarifs plus accessibles à sa clientèle.

Blakes a mis sur pieds inSource, une plateforme d’avocats flexible qui permet la révision de documents puis de contrats commerciaux en plus de mettre à jour la législation.

Plus tard, BLG lançait BLG Beyond, qui regroupe toutes ces initiatives d’innovation dans la même plateforme.

« Les grands cabinets canadiens ont pris conscience de l’urgence et de l'élan d’autres cabinets du monde entier à agir » raconte Furlong.

L’analyste de Law 21 rajoute que même si les grands cabinets innovent au Canada, les plus petits ne semblent toujours pas avoir suivi le pas.

Un défi

Fasken a lancé ViaFasken en 2016, une plateforme qui automatise l’organisation des startups. L’été dernier, la société a également créé Fasken InHouse, qui lui permet d’offrir à ses clients des frais fixes.

Peter Feldberg, associé-directeur chez Fasken, admet que les efforts de son cabinet en termes d’innovation étaient modestes il y a quelques années.

« C’était un peu pour suivre ce que faisaient les Américains. »

La situation est différente aujourd’hui, alors que la firme mise sur un directeur de l’innovation et un personnel technique en la matière.

L’associé explique qu’en réaction à la récession, il y avait une forte demande des clients qui désiraient voir le cabinet innover davantage.La pression des concurrents canadiens de Fasken était également forte.

« Il y a trois ou quatre ans, il semblait qu'il y avait un communiqué de presse publié chaque semaine par un cabinet d'avocats insérant une sorte de solution d'intelligence artificielle, de robots ou d'hologrammes, par exemple », déclare Feldberg.

Les jeunes avocats embauchés par Fasken mettaient également beaucoup de pression sur le cabinet afin qu’il se renouvelle.

« La plus grande bataille est le comment. Il ne suffit pas d’acheter le dernier gadget ou la dernière technologie pour innover », mentionne l’associé.

Selon lui, les tarifs offerts par le cabinet sont meilleurs depuis que celui-ci fait l’usage d’intelligence artificielle.