De nombreux avocats n’ont pas conscience de leurs talents, selon Michael Bury.
De nombreux avocats n’ont pas conscience de leurs talents, selon Michael Bury.
Les avocats qui souhaitent faire carrière hors des cabinets d’avocats ou de la pratique solo doivent simplement rester alertes et être prêts à sortir de leur zone de confort. Du moins, c’est l’avis de Michael Bury, avocat et coach à Toronto, dans un entretien accordé à AdvocateDaily.com.

Le juriste souligne que les compétences de base des avocats, et notamment leurs capacités en réflexion analytique et en résolution de problème, peuvent être utiles dans de nombreux contextes. Pour cette raison, « se réinventer n'est pas aussi difficile qu'il y paraît » résume-t-il .

Et pourtant il estime que de nombreux avocats n’ont pas conscience de leurs talents ou encore qu’ils se cantonnent à certains rôles, notamment lorsque certaines frustrations de milieu de carrière pointent leur nez.

Si l’ennui et la lassitude envahissent le quotidien et les interactions avec les clients, il est grand temps de réagir. « Aussi évident que cela puisse paraître, ne pas aimer son travail n'est pas sain » rappelle-t-il.

De nombreuses options

Mais la bonne nouvelle est que les options pour bifurquer dans sa carrière sont nombreuses.

À titre d’exemples :
  • Les postes gouvernementaux, où les heures de travail sont moins demandantes.
  • L’arbitrage, la médiation et la négociation sont des domaines en pleine expansion, notamment en droit de la famille.
  • Les syndicats, les universités et les hôpitaux recrutent également les professionnels du droit qui ont un talent particulier pour la communication et la résolution de conflits.

Une fois que la décision est prise, il faut se donner des objectifs et des jalons pour la mettre en pratique, histoire de ne pas parcourir pendant des heures les pages d’offres d’emplois…

Une petite discussion avec un coach, avec réévaluation des compétences, peut être une première étape. Et là, il ne faut pas seulement parler mais aussi écouter.

Coaching et flexibilité

« Chez ceux qui veulent se réorienter, je ne vois pas assez souvent d’introspection qui leur permette de déterminer ce qu’ils attendent vraiment de leur carrière professionnelle. La plupart s’arrêtent à un niveau général d’insatisfaction et ne creusent pas plus profondément pour comprendre ce qui ne va pas ou comment ils ont décroché » commente Michael Bury.

Un coach est souvent un meilleur interlocuteur que les collègues du domaine juridique, même si ce qu’il a à dire sera peut-être plus difficile à entendre. Par ailleurs, un bon coach aura pour atout d’être au fait des tendances sur le marché du travail, et d’être capable de présenter des options émergentes dans un environnement en rapide mutation.

La clé de la réussite est la réflexion et l’auto-réflexion : ne pas seulement penser à changer le présent mais se projeter vers futur, en étant capable d’envisager différentes possibilités, différents horizons. Cela permet d’identifier les écueils possibles. Un bon coach vous aidera à anticiper ces possibles imprévus, et à éviter de tomber dans l’auto-dépréciation.

Dans une économie de marché mouvante et agitée, il faut s’apprêter à développer des capacités d’adaptation que l’on n’a pas apprises au cours de la formation classique des études de droit.