Mes Jonathan Boivin,Yann Trignac et Jacques Del Vecchio.
Mes Jonathan Boivin,Yann Trignac et Jacques Del Vecchio.
Tous les juristes savent que l’attente dans les palais de justice peut être longue avant d’être appelé devant le juge. Très longue même.

Quant aux options pour passer le temps, elles seraient plutôt limitées, selon les juristes interrogés, surtout quand il est question d’accomplir des tâches reliées à leur travail…

Me Jonathan Boivin, avocat criminaliste indépendant, souligne ainsi que les avocats de la défense n’ont pas accès à leurs dossiers et vivent donc une réalité très différente de celle de leurs confrères de la Couronne.

« On fait ce qu’on peut pour passer le temps! Facebook, Instagram… Honnêtement, j’avoue que je fouine souvent sur les réseaux sociaux! Les procureurs de la Couronne ont leur bureau à même le palais de justice, alors ils peuvent continuer à travailler en attendant une audience. »

Autrement, l’avocat en profite pour répondre à ses courriels, relancer les clients qui lui doivent de l’argent et gérer sa facturation, en plus de se mettre à jour sur la jurisprudence.

Bien qu’il aimerait pouvoir en faire plus pour sa pratique lorsqu’il attend son tour au palais de justice, il voit peu de moyens d’y parvenir.

« La plupart des tentatives de modernisation technologique du système juridique ont planté! », déplore-t-il.

L’angoisse de l’attente

« Ce que je fais quand j’attends? Sérieusement : j’angoisse! », lance Me Yann Trignac, avocat en droit criminel et familial.

Et quand l’attente s’étire, l’avocat confie qu’il ne peut s’empêcher de penser aux autres tâches qu’il pourrait être en train d’accomplir. Il appréhende souvent être en retard à ses prochains rendez-vous.

« Je m’assure de faire tout ce que je peux pour éviter de faire attendre mes clients et mes collègues, mais dans ce cas-ci, je n’ai pas de contrôle sur le temps d’attente et ça, ça me stresse! », dit-il.

« Le pire, c’est que je sais très bien qu’une fois rendu à ma prochaine destination, je risque de devoir attendre encore! » ajoute-t-il en riant.

Rentabiliser sa visite

De son côté, Me Jacques Del Vecchio, criminaliste et civiliste, affirme faire de son mieux afin d’optimiser ses visites au palais de justice. Rencontré à 14h30, il nous dit être sur place depuis 9h10…

« Tant qu’à être ici et devoir attendre, j’en profite pour récupérer les copies originales de certains documents et faire quelques recherches sur les ordinateurs mis à notre disposition au premier étage », dit-il.

Cela dit, il ne cache pas le fait qu’il utilise aussi le temps d’attente pour faire des appels personnels et flâner sur son cellulaire.

« Un peu plus tôt, j’en ai profité pour appeler ma femme et mon fils, dit-il. Sinon, j’ai jasé avec d’autres avocats pour passer le temps. »

Le juriste d’expérience souligne une astuce qui peut minimiser le temps d’attente.

« Si on veut passer en premier, il faut arriver au moins une heure à l’avance! », dit-il.

Encore faut-il que son client fasse pareil, considérant la file d’attente matinale à prévoir pour passer le contrôle de sécurité du palais de justice de Montréal digne de celui d’un aéroport!