Les avocates sont encore moins bien payées que leurs collègues masculins.
Les avocates sont encore moins bien payées que leurs collègues masculins.
Une nouvelle enquête portant sur les émoluments des associés dans les cabinets évoque un écart salarial de 53 % entre les hommes et les femmes.

Les chasseurs de tête américains Major, Lindsey & Africa ont ainsi rendu publics les résultats d’un sondage auquel 1 400 associés des grands cabinets ont répondu.

En tenant compte de tous les régimes d’intéressement greffés aux salaires, les avocats encaissent ainsi un salaire annuel moyen de 959 000 dollars. Leurs collègues associées sont quant à elles payées en moyenne 627 000 dollars, rapportent les publications juridiques américaines National Law Journal et American Lawyer, commanditaires du sondage.

Des différences dans les taux horaires facturés expliquent en partie les écarts, alors que les associées facturent 650 dollars l’heure en moyenne, par rapport à 736 dollars pour les hommes.

Plus tôt cette année, Droit-Inc relevait qu’une conseillère juridique d’entreprise ne touche que 78 % du salaire de son collègue.

C’est du moins ce que concluait l’Association des conseillers juridiques d’entreprises dans une récente étude analysant la rémunération de quelque 5 000 conseillers juridiques dans une soixantaine de pays.

La question de l’inéquité salariale n’est bien sûr pas nouvelle et des avocates ont déjà entamé des poursuites contre leur cabinet pour cette raison. Et des syndicats ont eu gain de cause en Cour suprême sur des articles de la loi québécoise.

Devenir partenaire aux USA

Qui plus est, selon un sondage publié le 10 octobre dernier par la National Association of Women Lawyers (NAWL), il est beaucoup plus laborieux de devenir associé dans un cabinet pour une femme que pour un homme, rapporte The American Lawyer.

La NAWL a réalisé que le parcours des avocates vers le classement du top 200 du American Lawyer est difficile.

Dans les faits, il y a 12 ans, 5 % d’avocates se classaient parmi les 200 premières. En 2006, il y en avait 15 %. Aujourd’hui, ce sont 20 % de femmes qui constituent ce classement.

On dénote un progrès, mais le 50 % qui représente la parité semble toujours bien loin.

« Nous ne pourrons pas atteindre ce niveau avant 2078 à ce rythme. Nous avons donc encore beaucoup de travail à faire », avoue Saretta McDonough, présidente du NAWL.

L’enquête démontre également que les femmes accèdent à 47 % des emplois en droit. Cependant, ce taux diminue drastiquement alors que les femmes représentent 30 % des associées sans équité et 31 % des associés détenant des équités.

Enfin, une note plus positive : 37 % des sièges des comités de gouvernance des 50 cabinets considérés les plus importants selon The American Lawyer étaient occupés par des femmes. Ce pourcentage surpasse celui recensé l’an dernier et celui dans les 200 cabinets les plus importants.

« C’est là que de nombreuses décisions en matière de rémunération et de promotion sont prises », estime McDonough.