Gilbert Rozon et son nouvel avocat, Me Pierre Poupart.
Gilbert Rozon et son nouvel avocat, Me Pierre Poupart.
C’est Me Pierre Poupart qui défendra Gilbert Rozon, accusé de viol, rapporte TVA.

Notons que c’est également ce criminaliste chevronné qui avait tiré d’affaire le fondateur de Juste pour rire, il y a 20 ans, alors qu’il était accusé d’agression sexuelle sur une jeune femme.

Le magnat de l’humour avait alors obtenu l’absolution après avoir plaidé coupable à une accusation d’agression sexuelle sur la jeune adulte de 19 ans, au Manoir Rouville-Campbell, à Mont-Saint-Hilaire.

Auparavant, Me Poupart a défendu l’ex-cardiologue, Guy Turcotte, accusé du meurtre de ses enfants. Ce dernier a reçu une peine de prison de 17 ans.

Au début de sa carrière, ce Barreau 1971 a évité l’extradition aux felquistes Allard et Charrette, qui avaient détourné un avion sur Cuba.

Plus tard, il a défendu Francesco Piperno, réfugié à Montréal, que l’Italie voulait rapatrier pour cause de complicité présumée avec les Brigades rouges, groupe terroriste communiste ayant enlevé et assassiné le premier ministre Aldo Moro.

Au coeur de cette cause populaire, la Cour suprême avait finalement accordé l’autorisation à Piperno de demeurer à Montréal.

Il avait également défendu Marc Bissonnette, chirurgien plasticien accusé d’agression sexuelle en 1994. Même si des témoins avaient assisté à la scène, Me Poupart est parvenu à faire acquitter le chirurgien.

« Je ne défends ni les crimes ni les criminels, mais la présomption d’innocence », a-t-on pu entendre dire l’avocat dans les médias.

Élément déclencheur

L’avocat avait confié que le traitement de son père par la justice, devenu invalide après avoir reçu des balles perdues tirées par un policier lors d'un vol à main armée, l’avait influencé à devenir avocat criminaliste.

La Cour suprême avait finalement jugé qu'un policier ne pouvait être tenu responsable des blessures subies par une victime innocente lors d’une opération.

Une étrange coïncidence

L’avocat et Rozon brillaient par leur absence à une audience prévue au Palais de justice de Montréal mardi dernier, tel qu’il leur est permis de le faire au stade présent des procédures judiciaires. Me Émilie Gagnon, de Poupart, Touma, prenait alors leur place.

Il a été annoncé lors de la courte audience que le dossier allait être reporté le 8 mars prochain, soit lors de la Journée internationale des femmes, qui met en avant le droit des femmes et la condition féminine.

Et la suite?

Rozon n’a toujours pas enregistré de plaidoyer. Avant la prochaine audience, il aura l’opportunité d’analyser la preuve afin d’annoncer s’il compte aller en procès. Si tel est le cas, il aura le choix d’être jugé par un juge unique ou un jury.

« La divulgation de la preuve a été faite », a indiqué le procureur de la Couronne Bruno Ménard à TVA.

Deux accusations ont été déposées le mois dernier par la Couronne contre Rozon, pour des actes ayant eu lieu en 1979 à Saint-Sauveur. La législation de l’époque indique qu’en étant déclaré coupable, Rozon pourrait risque la prison à vie. Cependant, il n’y a pas de sentence minimale applicable pour son crime.

Rappelons qu’une seule des 14 plaintes déposées contre Rozon a été retenue par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).