Me Alexandre Sami, de chez Gowling WLG.
Me Alexandre Sami, de chez Gowling WLG.
Les avocats des cabinets, et surtout des gros, s’engagent souvent dans des causes gratuitement.

Par exemple, Langlois est associé au cabinet Ménard Martin dans le dossier – très médiatisé – de l’aide médicale à mourir pour Nicole Gladu et Jean Truchon.

Blakes quant à lui s’engage auprès de l’organisme Habitat pour l'humanité et plusieurs autres associations à but non lucratif.

Les cabinets de plus petite taille aussi n’hésitent pas à partir au front pour défendre gratuitement certains clients.

C’est le cas de Me Alexandre Sami, de chez Gowling WLG, très impliqué auprès de la Fondation papillon qui organise des camps pour les enfants handicapés.

« Mon expérience en tant que moniteur pour la fondation en 1995 m'a beaucoup touché. J'ai vu ce que la fondation pouvait offrir aux familles, alors c'est une façon de redonner », explique-t-il.

Me Bogdan Catanu de chez Woods.
Me Bogdan Catanu de chez Woods.
Me Bogdan Catanu de chez Woods, qui est chargé de représenter Marie-Ève Maillé, une chercheuse qui s’est vue obligée de dévoiler ses sources par une compagnie privée.

Le cabinet IMK aussi s’est déjà impliqué dans un dossier concernant la journaliste iranienne assassinée, Zahra Kazemi ou un autre concernant des personnes transgenres.

Me Doug Mitchell.
Me Doug Mitchell.
L’avocat Doug Mitchell explique qu’il est important pour lui de faire du pro bono. « C’est important parce que des individus peuvent être pris avec des problèmes importants dans le système légal, mais ils n’ont pas les moyens financiers pour s’adresser aux tribunaux. Ces causes peuvent faire avancer la société et je pense que c’est le minimum », explique-t-il.

C’est aussi l’avis de Me Véronique Roy. « À titre personnel, les dossiers qui concernent le droit de la personne m’intéressent, Et en tant qu’avocat, on a le devoir de redonner à la société », ajoute-t-elle.

Me Véronique Roy.
Me Véronique Roy.
Dans ce dossier qui a mobilisé quatre avocats de Langlois, elle assure qu’en « terme d’heures, c’est assez conséquent ».

Me Sami aussi parle d'entre 15 et 20 heures par mois qu'il consacre à la Fondation papillon, notamment pour des dossiers en droit immobilier.

Me Paul Martel.
Me Paul Martel.
Me Paul Martel, très impliqué auprès de Habitat pour l'humanité est encore plus enthousiaste. « C'est merveilleux d'être capable de me consacrer à des causes plus sociales, ça m'apporte une bouffée d'air, je considère que c'est une chance que de pouvoir les aider », dit-il.

Lui aussi évoque parfois de nombreuses heures consacrées à ses dossiers pro bono, suivies de périodes plus calmes.

Daniel Lépine, ancien chef du marketing chez Langlois.
Daniel Lépine, ancien chef du marketing chez Langlois.
Pour Daniel Lépine, ancien chef du marketing chez Langlois justement, l’implication des avocats dans des dossiers pro bono est sincère. « Cela ne représente pas beaucoup en terme de retours finalement, mais ce sont des opportunités pour redonner à la communauté », dit-il.

Bon pour l'image

En termes d’image, le cabinet a toutefois beaucoup à y gagner. « Cela nous donne une dimension humaine, sinon les avocats passeraient juste pour des gourmands », ajoute M. Lépine.

Stéphanie Kennan, directrice de l’agence Bang Marketing.
Stéphanie Kennan, directrice de l’agence Bang Marketing.
Stéphanie Kennan, directrice de l’agence Bang Marketing, abonde dans ce sens.
« Aujourd’hui, dans lequel on vit, l’image est très importante. Donner du sens à ce qu’on fait est important et s’impliquer comme ça, c’est donner du sens à ce qu’on fait. Faire du pro bono c’est montrer qu’on n’est pas là juste pour le business, juste pour être profitable », dit-elle

Mais le pro bono a aussi des objectifs en termes de « branding ». « L’idée est aussi de se faire connaître, d’obtenir de la visibilité, mais certains le font aussi vraiment par simple altruisme », croit-elle.

Certains avocats y cherchent un peu de notoriété et y voient une manière de développer les affaires, parfois couplé avec un sincère intérêt personnel.

Choisir des causes médiatisées fait aussi partie de cette stratégie d’accroître sa visibilité. « C’est le nerf de la guerre, il faut que ça se sache », dit Mme Kennan.

Mathieu Rompré.
Mathieu Rompré.
Elle concède toutefois que c’est une stratégie sur le long terme. « C’est donc bon pour l’image du cabinet, après, il faut voir si c’est facile à gérer pour les avocats impliqués », conclut-elle.

Mathieu Rompré, directeur de la stratégie relations publiques chez Blakes ne partage pas tant cet avis.

« Ce n'est pas en pensant à leur image que des avocats qui font déjà 2000 heures par an font en plus du pro bono. Et Blakes n'a pas non plus besoin de ça pour soigner son image. On le fait parce qu'on y croit », lance-t-il.