Me Alain Arsenault,avocat au cabinet Arsenault Dufresne Wee
Me Alain Arsenault,avocat au cabinet Arsenault Dufresne Wee
Une demande d'action collective contre le diocèse de Montréal a été déposée mercredi à la Cour supérieure du Québec par Me Alain Arsenault.

L'avocat, qui pratique au sein du cabinet Arsenault Dufresne Wee, n'en est pas à sa première action collective contre une congrégation religieuse.

L'une d'elles concerne les Oblats de Marie-Immaculée et découle d'allégations d'inconduites qui auraient été commises dans des communautés innues de la Basse-Côte-Nord.

Ce diplômé de l'UQAM est aussi intervenu dans des dossiers de violence policière. Il tient notamment le rôle d'avocat-conseil auprès de la famille de Pierre Coriolan. Cet homme de 58 ans est décédé en juin 2017 à la suite d'une intervention du Service de police de la Ville de Montréal. La famille de la victime a intenté une action en justice contre la ville de Montréal et réclame 150 000 $ d'indemnités.

Me Arsenault a également participé à l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées jusqu'à son départ en janvier 2018 du fait de « divergences professionnelles importantes ».

« Plusieurs centaines » de victimes

La demande d'action collective déposée hier concerne cette fois « toutes les personnes ayant été agressées sexuellement, de même que leurs héritiers et ayants droit, ayant été agressées sexuellement, au Québec, par tout préposé de la Corporation archiépiscopale catholique romaine de Montréal ou de L’Archevêque catholique romain de Montréal, durant la période comprise entre 1940 et aujourd’hui ».

« Nous voulons permettre aux victimes de retrouver leur dignité », nous a indiqué Me Arsenault. Une douzaine de victimes se sont déjà faites connaître depuis hier mais, selon l'avocat, elles pourraient être « plusieurs centaines ».

C'est un homme de 33 ans, agressé sexuellement par l’abbé Brian Boucher entre 1995 à 1999, alors qu'il était âgé entre 10 et 13 ans, qui demande que le statut de représentant de l'action lui soit attribué. Précisons que Brian Boucher a été condamné la semaine dernière à huit ans d'emprisonnement pour ces faits et l'agression d'une deuxième victime.

Le demandeur réclame 300 000 $ en dommages non pécuniaires « pour compenser toute sa souffrance, son angoisse, la perte d’estime de soi, sa honte, son humiliation pendant des années ». Il demande aussi 150 000 $ pour ses pertes pécuniaires et 150 000 $ à titre de dommages punitifs.

Cette indemnisation doit permettre d'« aider à guérir » les victimes, a précisé l'avocat.

Dans une déclaration publiée sur son site internet, le diocèse de Montréal indique pour sa part que « cette procédure relate uniquement les faits découlant des procédures criminelles contre Brian Boucher ».

Un audit et une polémique

Le diocèse rappelle également avoir confié à l'ex-juge Anne-Marie Trahan un audit de ses archives pour examiner des allégations d'abus sexuels commis sur des enfants par des membres du clergé depuis les années 1950. Une polémique, liée à la proximité de Mme Trahan avec l'Église catholique, a d'ailleurs accompagné le lancement de l'audit.

« Cet audit, pour les victimes, ça ne donne rien, a commenté Me Arsenault. Ce que l'on a comme information, c'est que le travail de l'ex-juge va consister à fouiller dans les archives, analyser les dossiers et en tirer des statistiques. Qu'est-ce que ça va donner aux victimes? »