Robert Saccone, ancien PDG de SeyfarthLean Consulting, estime que les cabinets n’innovent que pour le spectacle.
Robert Saccone, ancien PDG de SeyfarthLean Consulting, estime que les cabinets n’innovent que pour le spectacle.
Un trop grand nombre de cabinets d’avocats ne mesurent pas les résultats de leurs efforts d’innovation, déclare Robert Saccone, ancien PDG de SeyfarthLean Consulting.
Il estime que les cabinets ont beaucoup à apprendre des autres industries, notamment en matière d’innovation.

« Plusieurs n’innovent pas pour obtenir des résultats mesurables, comme le font les entreprises. Les cabinets n’innovent que pour le spectacle », écrit-il dans le blogue américain Medium.

Rendre les innovations rentables

Il a constaté que les innovateurs en entreprise utilisaient des approches beaucoup plus rigoureuses en ce qui concerne la vérification et la poursuite de nouvelles idées commerciales.

En effet, les entreprises mesurent leurs investissements en innovation avec des objectifs tels que l'augmentation des bénéfices, des revenus et de la valeur pour les parties prenantes, écrit-il.

Il croit que cette approche devrait être adoptée par les cabinets, qui parviendraient à rendre leurs innovations rentables en analysant le marché et les activités de leurs concurrents.

« Les entreprises capables de réaliser un diagnostic commercial honnête et approfondi, d'analyser et d'extraire des informations utiles à partir des données dont elles disposent puis de prendre des décisions éclairées prendront les devants », prédit l’ex-PDG.

À son avis, cette manière d’agir aiderait les cabinets à mieux saisir les composantes économiques de leur marché ainsi que de se concentrer sur une croissance durable et rentable.

Des efforts difficilement mesurables

The American Lawyer explique que plusieurs cabinets parmi les plus importants aux États-Unis se sont dotés d’agents d’innovation en chef ou de groupe dont le mandat est d’innover.

Cependant, leurs experts parviennent difficilement à évaluer le retour sur investissement de leurs innovations dans un contexte où des heures facturables sont utilisées pour définir la rémunération. Il est alors naturellement difficile pour eux d'évaluer les projets qui les réduisent.

« Je n’ai même pas encore calculé notre retour sur investissement. J’essaie de calculer le nombre de personnes touchées par nos innovations », confie à The American Lawyer un leader en innovation d’un grand cabinet désirant conserver l’anonymat.