Le défunt Me Pierre Paquet et Me Laura Bambara. Photo : Le Nécrologue et site Web de Miller Thomson
Le défunt Me Pierre Paquet et Me Laura Bambara. Photo : Le Nécrologue et site Web de Miller Thomson
Le juge Michel A. Pinsonnault de la Cour supérieure met fin à une saga judiciaire qui dure depuis sept ans, en octroyant une somme estimée à plus de 43 millions à des actionnaires de Fibrek.

Au coeur de ce dossier se trouvaient le défunt Pierre Paquet, décédé en août dernier, et de sa protégée, la nouvellement associée Laura Bambara de Miller Thomson, qui représentaient les actionnaires gagnants. Rosemarie Sarrazin, une stagiaire désormais avocate, a également participé à la transaction.

Trois avocats, Sophie Melchers, Caroline Larouche et Julie Lacoursière de Norton Rose Fulbright étaient du côté du perdant, Fibrek.

Le litige portait sur une offre de l’entreprise Resolute pour l’achat de Fibrek, effectuée en 2011. Le hic, c’est que l’actionnaire principal de ces deux entreprises était le même: Fairfax, dont le président est Prem Watsa.

Resolute avait accepté de faire l’achat de Fibrek, d’une valeur de 33 millions, à un prix d’un dollars par action. Le prix n’était pas assez généreux aux yeux des actionnaires de Fibrek.

Le juge leur a donné raison, statuant que les actions de l’entreprise valait près du double, soit 1,99 dollars.

Le juge ne mâche pas ses mots

Mes Sophie Melchers, Caroline Larouche et Julie Lacoursière. Photo : Norton Rose
Mes Sophie Melchers, Caroline Larouche et Julie Lacoursière. Photo : Norton Rose
Dans son jugement en anglais rendu le 26 septembre dernier, le magistrat québécois a qualifié de « volontairement oublieux » et « d’ahurissant » le témoignage de Prem Watsa. L’honorable a déterminé que Fairfax « était dans une situation de conflit d'intérêts flagrante. »

« Le témoignage de Watsa était si vague et rempli de tant d'incertitudes, de raisons invraisemblables, de démentions non fondées et de contradictions qu'il est très difficile pour la cour de donner foi aux affirmations et explications du témoin dont la mémoire semblait manquer sur les aspects les plus cruciaux de son témoignage », a écrit le magistrat.

Selon le juge, celui que l’on surnomme le Warren Buffet canadien semblait sur la défensive lors de son témoignage.