« Elle m’a fait part qu’un juge avait dit qu’être enceinte n’était pas une maladie. J’attends qu’un juge me dise cela en face ! », déclare Me Valérie Assouline, qui exerce à SOS Avocats.

Tout commence l’année dernière où Me Assouline, qui n’est pas encore enceinte, est engagée par son client, dans une affaire de pension alimentaire. S’ensuit la grossesse, et un premier report du dossier.

Aujourd’hui, elle est en congé maternité et allaite son bébé de 5 mois. Un deuxième report ? “Non !” lui a dit Me Rania Bou-Abdo, l’avocate de la partie adverse.

Jointe par Droit-inc.com, Me Bou-Abdo n'a pas souhaité commenter l'affaire.

Me Assouline, qui s’est lancée en droit matrimonial par altruisme, « pour aider les gens » dit-elle, se sent abandonnée par ses confrères.

Si sa demande de report du dossier est refusée, Me Valérie Assouline ira plaider en Cour avec son bébé!
Si sa demande de report du dossier est refusée, Me Valérie Assouline ira plaider en Cour avec son bébé!
« On m’oblige à abandonner mon client. Mais il ne veut pas car cela lui coûterait bien trop cher d’engager un autre avocat. Depuis quand j’ai l’obligation de me retirer ? J’ai des droits Ce n’est pas normal ! » dit-elle, soucieuse de sensibiliser la communauté juridique sur l’injustice dont elle se sent victime.

Pourtant, elle a fait une offre à Me Bou-Abdo, avocate en droit matrimonial à Montréal, une offre « plus que raisonnable », affirme-t-elle.

Pour être juste. Pour « ne pas profiter du congé maternité », confie Me Assouline.

Permission d’allaiter

Pour garder son avocate, le client de Me Assouline est prêt à payer 6 mois d’arrérages, c-a-d six mois de pension alimentaire qui, jusqu’ici ne lui avait pas été réclamés. Or, la partie adverse exige un an d’arrérages maintenant. Car selon elle, le congé maternité ne doit pas être une excuse.

« Sauf qu’il ne s’agit pas d’une tactique, dit Me Assouline, il n’y a rien d’abusif, rien de personnel, simplement le combat d’une maman. »

« J’ai su, parce que l’urgence de certains dossiers impliquant des enfants l’exigeait, rediriger mes clients vers des consoeurs, mais là ce n’est pas la même chose, ça peut attendre », dit-elle.

Ce qu’elle souhaite, avec cet appel lancé aux avocat(e)s, c’est provoquer le débat sur cette question d’allaitement et de congé maternité, une question qui n’a rien de « secondaire », selon elle.

Voilà pourquoi, Me Assouline sera à la Cour, avec son bébé, le 25 janvier prochain. Pour faire entendre sa voix. Pour espérer bouleverser la donne.

Si sa requête est refusée, elle demandera la permission d’allaiter en Cour.

« Il faut que les choses changent », conclut-elle, déterminée à aller jusqu’au bout de son combat d’avocate. Et de mère, surtout...