Combien peuvent espérer toucher les étudiants cette année ?
Combien peuvent espérer toucher les étudiants cette année ?
L’annuelle de la course aux stages s’ouvre avec la Journée Carrière interfacultaire qui se tiendra le 18 janvier prochain à Montréal et le 21 janvier à Québec.

C’est l’occasion pour les cabinets, les entreprises et les agences gouvernementales de mousser leur pratique pour attirer les meilleurs étudiants.

Cependant, entre l’offre du plus grand payeur et celle du plus petit, l’écart est de 167 %!

Alors chez qui serez-vous le mieux payés?

Et bien, ce sera chez BCF! Le cabinet offre en effet 70 000 dollars à ses stagiaires. Le cabinet a d’ailleurs augmenté le salaire offert puisqu’il était de 66 000 dollars l’an passé.

Du côté des salaires les plus bas, on trouve l’aide juridique, un cabinet régional et le DPCP, avec leurs 26 000 dollars.

En y ajoutant les avantages sociaux, BCF offre ainsi un salaire qui atteint presque le triple de ce que peut payer un petit cabinet hors des grandes villes ou un service public tel le Centre communautaire juridique de Montréal.

Parmi les meilleurs payeurs, soit ceux qui offrent 60 000 dollars et plus, citons également Gowling WLG (65k) et Stikeman (62K), Osler, McCarthy et Blakes (62K), ainsi que Miller Thomson, McMillan, Lavery et Fasken (60K).

Le choix du secteur

Outre le salaire, quel avantage peut offrir une pratique publique?

Gilles Trudeau, secrétaire corporatif de l’Aide juridique à Montréal.
Gilles Trudeau, secrétaire corporatif de l’Aide juridique à Montréal.
« Nous offrons une grande pratique, avec plus d’une centaine d’avocats, dans des secteurs qui n’ont pas d’équivalents dans la pratique privée », explique Gilles Trudeau, secrétaire corporatif de l’Aide juridique à Montréal.

Pour ceux qui veulent se destiner au droit criminel, en défense, ou qui s’intéressent à la famille ou à la protection de la jeunesse, c’est l’endroit où l’on peut rapidement se mettre les mains dans le cambouis.

« Et puis, dans la dernière année, nos plaideurs ont remporté deux jugements en Cour suprême », dont l’arrêt Boudreau sur les suramendes imposées notamment aux itinérants, se félicite Me Trudeau.

La pratique souhaitée

Et pour ceux qui ne se destinent pas d’emblée au droit commercial, des petites études telles Monette Barakett ont ce qu’il faut, explique Guy-François Lamy, directeur général du cabinet qui compte 25 avocats à Montréal.

Il refuse de dévoiler l’offre faite aux stagiaires « pour des raisons stratégiques », mais assure que les salaires sont « concurrentiels » avec l’offre des grands cabinets. Dont certains ont par ailleurs des bureaux dans le même immeuble que Monette Barakett, Place Ville-Marie.

« L’avantage, c’est également de pouvoir pratiquer une spécialisation, en droit du travail ou en droit public. Et quand je demande aux stagiaires ce qui les attire chez nous, ils répondent ‘’vous étiez les plus cools’’ », affirme Me Lamy.



Une offre bonifiée

Guy-François Lamy directeur général  de Monette Barakett.
Guy-François Lamy directeur général de Monette Barakett.
Du côté des grands cabinets, les offres sontp articulièrement alléchantes dans certains cas. Outre des salaires imposants, certains saupoudrent également des avantages : bourse d’étude, frais de scolarité, abonnement au gym, vacances payées, etc.

Osler propose même un iPhone, Stikeman et Lapointe Rosenstein un « téléphone intelligent » !

Ce n’est pas tout : Gowling WLG, par exemple, bonifie le salaire de 65 000 dollars d’une allocation de 10 000 dollars pour préparer son assermentation. Et ce, en plus des frais de scolarité et des livres à l’École du Barreau.

Évidemment, ces privilèges sont assortis de responsabilités : pendant les six mois que dure le stage, plusieurs cabinets exigent de longues heures. Certains précisent même qu’il faut se rendre disponible pendant les fins de semaine.

Plusieurs, tels Davies, qui ne divulgue pas les salaires offerts, ou encore McCarthy et Fasken, pour ne nommer que ceux-là, proposent en outre l’accès aux assurances collectives, avec plan dentaire à la clé.

L’ambiance

Catherine Lambert, de Osler.
Catherine Lambert, de Osler.
Chez Osler, outre les frais du Barreau et les allocations d’études, on propose de la formation professionnelle rémunérée. Il y a même des cours de langues ! Mais ce n’est pas le seul avantage concurrentiel du cabinet, explique Catherine Lambert, directrice des ressources professionnelles à Montréal.

« Nous avons un bureau à taille humaine, qui a une plateforme nationale », ce qui donne le meilleur des deux mondes aux quelque dix stagiaires que Osler sélectionne en moyenne chaque année.

Me Lambert, elle-même ex-stagiaire chez Osler, ajoute que « jusqu’à maintenant, on a offert un emploi à tous nos stagiaires ».

Québec-Montréal

Les écarts salariaux existent également entre les bureaux régionaux d’une même bannière :
BCF par exemple offre aux stagiaires de Québec 71 % de ce que touchent les stagiaires montréalais. McCarthy et Fasken offrent quant à eux 25 % de moins.

Ces émoluments restent cependant bien supérieurs à ce qu’offrent les plus petits cabinets, les entreprises, ou la fonction publique.

Ainsi, selon les offres de stage publiées sur le site de l’École du Barreau, l’Autorité des marchés financiers ou les contentieux municipaux tels Montréal, ou encore le Cirque du Soleil, on offre entre 26 000 et 37 000 dollars aux stagiaires.

Cela étant, si un stage dans la fonction publique mène à une embauche, les écarts salariaux sont comblés par la sécurité d’emploi et les avantages sociaux –les régimes de retraite des fonctionnaires sont parmi les plus généreux sur le marché.

Mais comme le disent tous nos interlocuteurs, au-delà des salaires, il y a d’abord le type de pratique que l’on veut développer. Et l’ambiance recherchée.

À vous de choisir!

Tous les salaires présentés dans notre tableau sont calculés sur une base annuelle et arrondis au millier supérieur. Ils sont tirés notamment du Répertoire canadien d’employeurs juridiques ou validés auprès des cabinets.