Mes Jean-François Côté, Guy Bertrand, Yves Joli-Coeur et Isabelle Poirier.
Mes Jean-François Côté, Guy Bertrand, Yves Joli-Coeur et Isabelle Poirier.
Que ce soit dans le cadre de la course aux stages, période charnière pour les étudiants en droit, ou pour lancer votre carrière de juriste, il peut être difficile de se faire recruter par un cabinet.

« Beaucoup d’appelés, mais peu d’élus », comme le dit le célèbre dicton. D’autant plus que, comme vous le savez, nombreux sont les étudiants assermentés au Barreau chaque année.

Alors comment vous démarquer dans cet univers compétitif? Droit-inc a demandé la recette du succès à des associés!

L’étudiant modèle

Pour Me Jean-François Côté, associé responsable du recrutement des stagiaires et des avocats chez Côté Carrier Avocats, un CV qui fait mention de certaines implications dans le milieu juridique pendant les études va se démarquer des autres.

À son avis, la participation à des concours de plaidoirie ou l’implication bénévole dans des œuvres caritatives ou des associations juridiques, telles que le Bureau de l’information juridique (BIJ) de l’Université Laval à Québec, un équivalent de Juripop ou de la Clinique juridique du Y des Femmes à Montréal, est une bonne option pour qu’un étudiant fasse parler de lui et démontre un réel intérêt pour la pratique du droit.

« Participer à des projets de recherche ou à une formation sur la recherche jurisprudentielle et doctrinale est aussi une bonne chose! » dit-il.

La bonne approche

Me Côté est d’avis qu’un premier contact téléphonique avec un recruteur peut vous aider à sortir du lot des candidats potentiels. Il souligne notamment le grand nombre de CV reçus en cabinet durant la course aux stages et en période d’embauche.

« C’est bien de parler directement au recruteur via un contact téléphonique avant de lui envoyer son CV, dit-il. En plus d’être plus humain, ça montre la personnalité et la manière de s’exprimer du candidat, en plus de permettre à celui qui recrute de faire un lien entre la personne à qui il a parlé au téléphone et le CV reçu. »

Si le cabinet n’est pas en période d’embauche, il est pertinent de le relancer de temps à autre pour démontrer que vous êtes vraiment intéressé à travailler au sein de son équipe, dit-il.

Me Guy Bertrand, associé fondateur du cabinet Guy Bertrand, note l’importance de bien connaître le mandat du cabinet ciblé.

Puisque la profession est contingentée et que 34 % des avocats sont désormais travailleurs autonomes, il indique l’importance d’avoir de l’ambition et le goût du défi.

L’importance des résultats scolaires

Selon Me Yves Joli-Coeur, associé chez De Grandpré Joli-Coeur, les résultats scolaires comptent, mais ne sont pas le critère déterminant dans le recrutement du bon candidat.

« Ce n’est pas juste une question de notes, dit-il. Ça prend du savoir-être et de la détermination! »

Et si Me Bertrand confie quant à lui observer la progression et la stabilité des résultats scolaires des candidats pour dénicher les meilleurs juristes, il affirme aussi chercher à connaître les facteurs pouvant justifier des notes moins éclatantes.

« Si un étudiant provient d’un milieu peu fortuné et qu’il a travaillé fort pour payer ses études, ça m’impressionne! », dit-il.

L’entrevue : une étape cruciale

Les associés interrogés s’entendent pour dire que l’entrevue constitue une étape décisive dans l’embauche d’un candidat. Pour eux, la première impression est déterminante.

Leur meilleur conseil : restez vous-même et surtout, soyez honnête et transparent!

Tout comme ses confrères, Me Bertrand porte une attention particulière à la personnalité, au vocabulaire et à la manière dont les candidats s’expriment en entrevue.

« Si je cherche un bon plaideur et que le candidat n’est pas articulé et n’a pas une bonne prononciation, c’est impossible que ça fonctionne! » lance-t-il.

À son avis, si vous aspirez à exercer dans une branche qui implique de vous présenter devant la Cour régulièrement pour défendre les intérêts de vos clients, assurez-vous de maîtriser un bon français en plus d’être charismatique et convaincant.

Autrement, puisque le talent oratoire n’est pas donné à tout le monde, n’hésitez pas à vous vendre en mettant en lumière vos aptitudes en recherche jurisprudentielle ou en rédaction.

Me Isabelle Poirier, associée responsable des ressources humaines chez De Grandpré Joli-Coeur, ajoute qu’il est nuisible pour un candidat de s’inventer des expériences et aptitudes qu’il ne possède pas, car il risque d’être assigné à des mandats qui ne lui conviennent pas, d’être malheureux dans son travail et de ne pas répondre aux attentes de l’employeur.

« Il y a de la place pour tout le monde, dit-elle. Il faut simplement dire les vraies affaires pour que les talents soient bien canalisés, sans quoi l’histoire finit mal! »

De façon générale, assurez-vous de présenter une image rendant justice à votre profession.

Le travail implique de porter des habits ou tailleurs, alors se présenter en entrevue en jeans et en t-shirt n’est peut-être pas une bonne idée!

Les pièges à éviter

Selon Me Côté, il est mal vu de sous-entendre que vous êtes indispensable au succès d’un cabinet. Nommez vos forces, mais évitez d’en faire trop. À son avis, la sur-confiance est à proscrire.

« Ça se sent vite quand quelqu’un joue une game », dit-il.

Me Bertrand ajoute qu’une erreur à ne pas commettre est de ne pas connaître l’actualité et le nom des grands avocats et magistrats.

« Tous les juristes devraient lire au minimum un journal par jour, ou consulter l’actualité sur le web en continu, dit-il. Quand le client qui vous contacte vient de faire les manchettes, c’est primordial de déjà connaître la base de son histoire! »

Consensus final : évitez d’envoyer un CV digne d’un roman ou une lettre de présentation non personnalisée, sans quoi votre candidature risque de se retrouver en bas de la pile. Clarté, concision et connaissance du mandat du cabinet, voilà une formule gagnante!

« Il vaut mieux envoyer moins de demandes, mais s’assurer qu’elles soient personnalisées », conclut Me Bertrand.

Alors… avez-vous ce qu’il faut pour sortir du lot?