A l'heure des réseaux sociaux, les juristes doivent apprendre à faire preuve de prudence.
A l'heure des réseaux sociaux, les juristes doivent apprendre à faire preuve de prudence.
À l’heure où n’importe qui peut se cacher derrière son écran d’ordinateur pour donner son opinion, les juristes doivent apprendre à faire preuve de prudence.

Afin d’éviter de mettre les pieds dans le plat, il vaut mieux donc y réfléchir à deux fois avant de se laisser aller à un commentaire…

On vous propose un petit florilège de récentes situations.

« Les bouchons vont sauter !»

Il y a quelques mois, Brent Wisner venait de remporter un important procès qui a valu un dédommagement de 289 millions de dollars à la compagnie Monsanto, récemment rachetée par Bayer. Sa poursuite tenait l’entreprise responsable d’avoir mis en vente un herbicide ayant causé le cancer de son client.

Afin de convaincre les jurés, Me Wisner a lancé que les patrons de Monsanto allaient faire sauter des bouchons de champagne si le montant des dommages qu’ils allaient devoir payer n’était pas significatif. Des commentaires qui ont choqué la juge Suzanne Ramos Bolanos. Pour elle, ceux-ci ont franchi la limite de ce qui est acceptable dans une Cour de justice.

De retour en Cour, elle a alors ordonné une baisse des dommages et intérêts imposés à Bayer/Monsanto de 78 millions de dollars. Au départ, elle avait statué pour 289 millions. Leçon drastique!

Il n’est pas le seul…

En 2015, un célèbre avocat-blogueur français connu sous le nom de Me Éolas, qui publiait sous le couvert de l’anonymat, s’est retrouvé dans de beaux draps après avoir été accusé de diffamation et d’injure contre l’Institut de la justice à qui il reprochait de manipuler les citoyens en instrumentalisant la douleur des victimes.

Ses commentaires avaient coûté cher à la réputation du regroupement...

En octobre 2017, le juge de la Cour du Québec Jean-Paul Braun avait soulevé tout un émoi en Cour en commentant le surpoids d’une adolescente qui avait été victime d’agression sexuelle.

Il y a aussi le cas de Christina Ignatius, une avocate américaine et qui s’est retrouvée au cœur d’un scandale Facebook après avoir publié des commentaires racistes et stéréotypés au sujet des Asiatiques sur la page d’un cabinet d’avocats. Elle devrait comparaître devant un comité disciplinaire prochainement.

Toujours en septembre dernier, on se souvient de l’histoire de Charlene Desrochers, l’avocate ontarienne accusée d’avoir violé les règles de conduite de son Barreau via des «tweets». L’avocate avait multiplié les commentaires diffamatoires concernant des juges et l’ensemble des tribunaux de Cornwall. Elle attend elle aussi de se présenter devant le tribunal disciplinaire. Entre temps, elle poursuit allègrement sa campagne de salissage sur les réseaux sociaux.

Au Québec, la criminaliste Véronique Robert a aussi fait les frais d’un commentaire lâché dans un groupe privé sur Facebook.

Et il y a quelques semaines, une juge a même dû donner sa démission après la publication de courriels compromettants!

Gaffe de relations publiques ou pirate informatique?

Plus récemment, en Floride, un avocat a quant à lui déclaré qu’un pirate informatique était à l’origine d’une de ses publications offrant des services juridiques aux hommes ivres après avoir rencontré des femmes aguicheuses, raconte ABA Journal.

Ainsi, on pouvait lire sur la page d’Albert Sauline : « Ivre au milieu de la nuit, tout ça parce qu’une femme t’as poussé à lui acheter des verres en ne respectant pas ses promesses à la fin de la soirée? Appelle Albert Sauline, là où l’on connaît bien la combine. »

Après avoir supprimé le message Facebook, l’avocat a dit qu’il trouvait celui-ci dégoûtant.

Notons qu’il ne s’agissait pas du seul message étrange retrouvé sur la page de l’avocat, alors qu’il avait écrit d’appeler sa firme, à l’Action de grâce : « quand vous buvez trop et que vous frappez finalement ce proche que vous méprisez. »

-Avec Éric Martel