Me Matthew Layton, associé directeur mondial chez Clifford Chance, envisage de supprimer l'heure facturable.
Me Matthew Layton, associé directeur mondial chez Clifford Chance, envisage de supprimer l'heure facturable.
Clifford Chance envisage de supprimer l'heure facturable comme moyen d'évaluation de ses avocats, rapporte le site Legal cheek.

La firme aurait mis en place un test d'une durée d'un an. Ce projet pilote se déroule dans les bureaux d'Abu Dhabi et de Dubaï et s'étend à tous les stagiaires et avocats, à l'exclusion des associés.

Les primes versées pour récompenser le rendement des avocats seront plutôt fondées sur un certain nombre d'activités à valeur ajoutée, notamment le perfectionnement professionnel, les contributions au savoir et au leadership ou encore le temps consacré à faire progresser les programmes de diversité, d'inclusion et de bien-être du cabinet.

Les participants au programme continueront toutefois d'enregistrer leurs heures facturables afin de s'assurer que les données recueillies après le projet pilote sont comparables.

« Avec ce projet pilote, nous essayons de briser la domination du critère unique et de permettre à nos équipes de réfléchir plus largement à l'utilisation optimale de leur temps , a déclaré Me Matthew Layton, associé directeur mondial chez Clifford Chance.

Des initiatives similaires

L'heure facturable est largement utilisée comme mesure de base de la productivité dans l'ensemble de la profession juridique. Au cours des dernières années, elle a fait l'objet d'un examen minutieux qui a mis en lumière un certain nombre de limites.

Il est notamment reproché à ce système de ne pas encourager directement l'efficience et de ne pas tenir compte du temps consacré à des travaux non facturables qui peuvent pourtant être indispensables à la stratégie ou au service client d'un cabinet.

D'autres cabinets ont lancé des initiatives similaires. Après un projet pilote réussi, Reed Smith a lancé l'année dernière un nouveau système dans lequel les avocats peuvent consacrer jusqu'à 50 « heures d'innovation » de leur objectif annuel facturable à des projets ou produits innovants.

Certains collaborateurs du bureau de Londres du cabinet britannique Mishcon de Reya ont pour leur part vu leurs heures facturables réduites de 20 % pour les encourager à être plus innovants.