Reportages

Hélène d’Arabie

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Nicholas Teasdale

2010-09-21 15:00:00

Dans l’univers protégé et masculin de la communauté d’affaires de Dubaï, une avocate québécoise a su se tailler une place intéressante. Portrait d’Hélène Mathieu, une véritable pionnière…

C’est avec un contrat en poche pour joindre la firme d’un ami, qu’Hélène Mathieu part vers les Émirats arabes unis en 1994, tout juste après obtenu son Barreau.

Même si un appartement l’attendait à Dubaï, il fallait du courage pour s’aventurer dans un pays inconnu en tant que femme célibataire.

« Je voulais vraiment vivre une expérience en expatriation. Je ne connaissais pas beaucoup l’endroit. Je suis partie pour six mois, en me disant que je verrais là-bas de quoi ça a l’air. »

Quinze ans plus tard, l’avocate aujourd’hui âgée de 40 ans y est toujours.

Partie l’esprit ouvert, elle constate rapidement que l’effervescence de Dubaï offre des occasions intéressantes en droit des affaires. Les nombreux expatriés avaient également besoin de services légaux qui dépassaient les seules questions d’immigration. Elle fonde donc son cabinet, Hélène Mathieu Legal Consultants, après d’innombrables démarches administratives et 18 mois d’attente.

Un pari gagnant

Cette jeune maman de deux enfants avait vu juste. Aujourd’hui, son bureau de Dubaï compte une quinzaine d’employés venus de partout. Son cabinet s’occupe de divorce, d’arbitrage commercial, de droit immobilier ou corporatif et d’immigration, en plus de compter des antennes à Paris et en Arabie saoudite.

« On accompagne les clients dans tous les domaines. Là où je n’ai pas les connaissances requises, on va chercher l’expertise ailleurs. »

"Hélène Mathieu, une avocate à Dubaï"
D’ailleurs, elle doit compter sur des intermédiaires locaux pour plaider les dossiers devant la cour, puisque c’est une prérogative des cabinets émiratis. Dans les cas de divorce, par exemple, elle monte le dossier en anglais puis le remet à un cabinet local qui le traduit et le présente à la cour.

Cela ne s’applique pas à l’arbitrage. « Nous avons récemment eu une cause de plusieurs millions de dollars en arbitrage », indique l’avocate.

Parmi ses mandats récents, elle compte des dossiers d’implantation d’entreprises et de fonds de placement. Une partie de son travail consiste aussi à mettre en relation investisseurs et entreprises.

Sa clientèle cible est francophone, mais pas forcément canadienne. « Les Canadiens sont un peu snobs. Ils préfèrent engager de grands cabinets anglais. Pourtant, des entreprises françaises comme Suez n’hésitent pas à faire affaire avec nous », indique Me Mathieu.

La crise économique a mis à mal l’image d’eldorado d’Orient de Dubaï. Elle ne compte pas pour autant déménager demain matin. « La crise a fait mal, mais cela semble s’être résorbé. Les affaires devraient reprendre cet automne, après le ramadan. »

Les infrastructures et la situation géographique jouent en faveur de l’émirat. « Abou Dhabi va très bien et c’est juste à côté. En plus, Dubaï est une plaque tournante pour faire affaire au Moyen-Orient, en Afrique et dans le sous-continent indien.»

Respecter la culture pour s’implanter

Pour celle qui a quitté le Québec sans jamais regarder derrière, respecter et connaître la langue et la culture locale lui permet d’évoluer dans un monde qui n’est pas exactement reconnu pour l’équité entre les sexes. Elle se souvient d’un voyage d’affaires où elle a accompagné douze hommes d’affaires saoudiens en Allemagne.

« Je me faisais toute petite au début. Ils sont venus me dire que s’ils avaient eu un problème avec ma présence, ils ne seraient pas venus. J’ai été traitée comme une reine. Je garde un excellent souvenir de leur sens de l’humour », raconte-t-elle.

« Bien sûr, il y a des dinosaures, mais il y en a partout. Dans certains bureaux canadiens, une femme qui a une famille ne sera jamais associée.»

Conseillerait-elle à une jeune avocate de tenter l’aventure comme elle l’a fait il y a quinze ans?

« C’est toujours positif d’aller chercher une expérience à l’étranger. Elle en profitera pleinement si elle part très préparée, ou encore si elle part l’esprit ouvert sans idées reçues », conclut-elle.
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8 commentaires

  1. Me X
    Titre...
    Permettez moi de commenter la qualité douteuse du titre de certains articles.
    Bien loin de moi l'idée de faire le difficile sur le contenu journalistique, mais je crois sincèrement qu'il y a place à l'amélioration.

  2. Anonyme
    Anonyme
    il y a 13 ans
    Étudiant
    c'est ton son mari sur la photo?

    • Anonyme
      Anonyme
      il y a 13 ans
      Re : Étudiant
      Étudiant en droit ou aux cours de français secondaire III pour les adultes.

      Non son le client important de son ton bureau


      > c'est ton son mari sur la photo?

  3. DSG
    Anglo Canadian
    As an Anglo Canadian, I'm offended by her comment that we are "snobs". She herself admits that she can't plead before the courts for lack of credentials. You know what we Anglo Canadians call people who build up a file and hand it to a lawyer to plead? We call them paralegals.

  4. DSG
    Futhermore
    How can she possibly compare the treatment of women in an Arab country to that of women in Canada? I know many female associaites with families, and with the credentials to plead before the courts too. I hope that they revoke her Canadian passport.

    • Anonyme
      Anonyme
      il y a 12 ans
      Re : Futhermore
      > How can she possibly compare the treatment of women in an Arab country to that of women in Canada? I know many female associaites with families, and with the credentials to plead before the courts too. I hope that they revoke her Canadian passport.

      She doesn't have the credentials to plead before the courts because she is canadian, not because she is a woman...

      Incroyable comme les gens s'offusquent pour des banalités sur ce site!

    • Lawyer
      Lawyer
      il y a 7 ans
      hey
      Oh shut up

  5. Anonymous
    Anonymous
    il y a 7 ans
    On voit où elle a appris son métier...
    On voit où (et avec qui) elle a appris son métier...

    http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2016/04/04/002-mossack-fonseca-helene-mathieu-paradis-fiscaux.shtml

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