Dans la même lignée que la dernière chronique, je vous propose d’oublier le froid hivernal pour effectuer un petit voyage dans le sud, avec des vins issus de climats torrides. Mais des vins aussi qui se démarquent par leur élégance et leur équilibre. Parce qu’il est facile pour les vignerons faisant pousser du raisin dans ces régions de tomber dans le piège de la surmaturité et de produire des vins puissants, mais surtout lourds. Heureusement, rien de ça ici!

Le Grand Rouge de Revelette

On est ici au pied de la montagne Sainte-Victoire, près d’Aix-en-Provence, dans un domaine de taille moyenne, 24 hectares, où la vigne est issue d’agriculture biologique, et où les vinifications sont les moins interventionnistes possible.

Presque tous connaissent le vin d’entrée de gamme Château Revelette, mais le Grand rouge, un cran au-dessus, vaut assurément le détour. Issu de syrah, de cabernet sauvignon et de grenache. Le nez est sur les fruits noirs un brin acidulés, comme la mure, et les fines herbes fraiches.

La bouche est ample et complexe, à la fois élégante plus que puissante. Les tanins font sentir leur présence certes, mais sans agressivité. Le fruit est bien présent, de même que les épices. Un vin qui a de la mâche! On perçoit une touche d’acidité en finale qui laisse présager un potentiel de garde de quelques années.

Délicieux, et un choix qui plaira autant aux amateurs de vins musclés qui se dirigent souvent vers Bordeaux que ceux qui déplorent le caractère trop souvent lourdaud des vins du sud de la France. Pour accompagner l’agneau aux herbes.

Le Grand Rouge de Revelette, vin de pays des Bouches du Rhône 2011. Code SAQ : 10259745, 32,75$

Azienda Agricola COS

Je vous ai déjà parlé de ce vin qui est de retour cette fois sur le millésime 2010. Une cuvée qui m’apparaît plus accessible et charmeuse que le 2009 précédemment commenté. En Sicile, cette maison au nom formé de la première lettre des noms de ses fondateurs, Giambattista Cilia, Giusto Occhipinti et Cirino Strano, produit des vins selon des méthodes ancestrales, en utilisant des amphores pour certaines cuvées par exemple.

On ne recherche pas la concentration, pourtant à la mode internationale, mais la finesse. Ce vin est issu de l’assemblage des cépages frappato et nero d’avola. Le nez rappelle les petites fraises des champs écrasées. Ça sent aussi la mûre, la menthe et c’est légèrement floral. La bouche est gourmande, complexe, le fruit noir éclatant, sans lourdeur. Les tanins sont tout en souplesse, appuyés par une belle minéralité que l’on perçoit surtout dans une longue finale.

Je reprochais au 2009 une légère austérité probablement appelée à s’estomper après quelques années en cave. Celui-ci est donc déjà plus facile d’approche. Pour des mijotés hivernaux, comme l’osso bucco !

Azienda Agricola COS, Cerasuolo di Vittoria 2010, Code SAQ : 11577391, 33,75$