Amir Morajev
Amir Morajev
Toute l’aventure de Botler.ai a débuté il y a un peu plus de deux ans. Amir Morajev est venu faire sa maîtrise à l’Université Concordia en 2009.

Il s’est alors frotté à la complexité du système de demande d’immigration.

Il ne pensait pas encore à développer une application, il cherchait simplement des réponses à ses questions en fouillant les forums de discussion et en se joignant à des groupes de discussion pour en savoir davantage sur le parcours des autres immigrants au Canada.

C’est là qu’il a pu mesurer le désordre des messages et la quantité indigeste d’information qu’il devait absorber. Il a donc écrit un simple petit programme qui pouvait le faire à sa place et trouver les cas qui se rapprochaient le plus du sien. C’était la première pierre dans l’idée de Botler.ai.

Ce programme est devenu le cœur d’un premier outil de messagerie lancé en juin 2016. C’était un service de partage d’information où l’intelligence artificielle faisait le travail de recherche à la place du demandeur.

Chez Campbell-Cohen

Après le lancement de l’été dernier, la jeune pousse est devenue partenaire du cabinet d’avocats Campbell-Cohen, le plus gros cabinet spécialisé dans les questions d’immigration, selon Morajev. Il a donc pu obtenir les données qu’il fallait pour améliorer son outil d’intelligence artificielle. C’est aussi dans la foulée de ce lancement que Botler.ai a remporté le prix FounderFuel au Startupfest de Montréal.

Toute cette attention indiquait à Morajev que l’entreprise répondait à un besoin essentiel et qu’elle pouvait même aller plus loin qu’un simple robot conversationnel. L’immigration est un processus complexe, qui requiert beaucoup de lectures et de connaissances diverses. Les erreurs sont fréquentes. Les immigrants, eux-mêmes souvent très éduqués, ne sont pas habitués avec ces rouages légaux.

Faire ce que font les avocats

Morajev a décidé d’améliorer son programme initial pour faire une partie de ce que font les avocats, c’est-à-dire déterminer l’éligibilité des candidats pour l’un des 60 programmes d’immigration, puis remplir toute une série de formulaires et mettre sur pied le dossier d’immigration.

Botler.ai ne vise pas à remplacer les avocats impliqués dans le processus, mais bien à augmenter leurs capacités de traitement des demandes. Il automatise les parties de l’opération qui peuvent l’être. Certains immigrants, dans les cas qui le nécessitent, pourront toujours avoir recours à un avocat pour les représenter auprès du gouvernement, ça ne change pas. « L’intelligence artificielle est meilleure que n’importe quel avocat pour certaines tâches. Elle calcule toutes les possibilités pour un candidat et un programme donné. Aucun angle n’est négligé. »

Une réponse aux politiques d’immigration de Trump

Au départ, Morajev prévoyait un lancement le 1er avril. Mais l’actualité a rattrapé l’équipe, qui lancera plutôt le nouveau service le mercredi 8 février. On sait que la communauté techno américaine est particulièrement sensible au décret anti-immigration de Trump, qui est une menace, entre autres, pour le recrutement de la main-d’œuvre et la mobilité de ses équipes.

La version de Botler.ai qui sera accessible cette semaine a donc été achevée plus rapidement que prévu et ne concerne que le programme qui s’adresse aux diplômés étrangers d’universités québécoises ainsi qu’aux employés étrangers hautement qualifiés déjà au Québec et qui aimeraient y rester.

Le lancement de Botler.ai aura lieu le 8 février à la Maison Notman de Montréal à 18 h.