Qui prend en charge la stratégie client chez Juriseo?

Après un passage chez Lacroix Médecine Privée, Me Jean-François Vachon fait son grand retour chez Juriseo.
Mais cette fois, ce n’est plus uniquement en tant qu’avocat : il arrive avec une nouvelle casquette, celle d’associé responsable de la stratégie client et du rayonnement.
Membre du Barreau du Québec depuis 2018, Me Vachon a d’abord exercé en cabinet privé avant d’évoluer vers des fonctions de direction et de gouvernance, notamment comme directeur des affaires juridiques en entreprise.
Gestionnaire, avocat et visionnaire, il se distingue par sa capacité à allier expertise juridique, performance organisationnelle et création de valeur durable, souligne le cabinet.
Mais quel va être son rôle concrètement? Comment va t-il venir épauler les entreprises? On lui a posé quelques questions…
Vous revenez en tant qu’associé responsable de la stratégie client et du rayonnement. En quoi consiste concrètement ce rôle?
Un constat s’est imposé à moi durant mon expérience en entreprise : la taille d’une organisation change peu la nature de ses obligations légales. Une PME de 15 employés est souvent soumise à des obligations similaires à celles d’une entreprise de 200 employés. La différence, c’est que la plus grande entreprise peut se permettre un avocat interne. La PME, elle, n’a généralement pas les moyens d’embaucher un juriste senior à temps plein.
Or, l’offre traditionnelle des cabinets repose surtout sur la facturation à l’heure et l’intervention en situation de crise. Les entreprises consultent souvent lorsqu’un problème survient, et très peu en prévention. Mon objectif est donc de développer une offre de direction juridique externe : permettre aux PME d’avoir accès, à coût maîtrisé, à un service juridique continu, stratégique et préventif, comme si elles avaient un avocat interne.
Par exemple, combien d’entreprises résilient un contrat sans respecter scrupuleusement les clauses prévues? Elles se retrouvent ensuite exposées à des recours judiciaires ou à des réclamations en dommages. Une intervention en amont permet souvent d’éviter ces situations. Prévenir plutôt que guérir est, à mon sens, un investissement intelligent pour assurer une croissance saine et durable.
Votre expérience comme directeur des affaires juridiques vous a-t-elle apporté un nouveau regard?
Absolument. Elle m’a permis de comprendre de l’intérieur le fonctionnement d’une organisation complexe. J’ai travaillé au sein d’une entreprise en forte croissance comptant plus de 200 employés et plus de 100 prestataires de services. Ce rôle m’a amené à collaborer avec l’ensemble des départements : ressources humaines, opérations, finances et direction générale.
Contrairement à la pratique privée, où l’on gère plusieurs clients, j’avais ici un seul client : l’organisation. Mais à l’intérieur de celle-ci, chaque direction avait ses réalités et ses enjeux juridiques spécifiques.
J’ai approfondi notamment les aspects liés au droit du travail, domaine pour lequel j’avais déjà un intérêt marqué grâce à ma formation en relations industrielles. Cette immersion m’a permis de comprendre concrètement les enjeux quotidiens d’une entreprise : gestion des ressources humaines, conformité réglementaire, baux commerciaux, gestion du risque. Aujourd’hui, je peux transposer cette expertise au bénéfice des PME qui n’ont pas les moyens d’avoir un avocat interne, mais qui font face aux mêmes obligations.
Quels sont les principaux défis juridiques auxquels les entreprises font face aujourd’hui?
Les défis sont nombreux, particulièrement en matière de conformité réglementaire et de droit du travail. Prenons l’exemple des politiques internes. Combien de PME disposent réellement d’une politique à jour en matière de harcèlement psychologique et sexuel au travail? Pourtant, c’est une obligation légale.
Une décision rendue en 2024 illustre bien cette réalité : le tribunal a reconnu l’existence de harcèlement, mais n’a pas condamné l’employeur, car celui-ci avait respecté ses obligations légales en mettant en place des politiques et des procédures adéquates.
Ne pas avoir de politique en place expose presque automatiquement l’employeur à des risques importants. Au-delà de cette question, les entreprises doivent aussi gérer : la santé et la sécurité au travail ; les déclarations d’accidents ; la conformité contractuelle ; la gestion des baux commerciaux.
L’entrepreneur de PME est souvent très impliqué dans ses opérations quotidiennes. Il n’a pas toujours le temps de gérer ces aspects juridiques. Mon rôle est donc de les accompagner de manière proactive et accessible afin d’éviter les crises plutôt que de les subir.
Vous avez commencé votre carrière comme paramédic. Que retenez-vous de cette expérience aujourd’hui?
Honnêtement, lorsque je vois une ambulance, je ressens encore une certaine nostalgie. Ce métier était une véritable vocation. J’ai exercé pendant près de dix ans et j’ai côtoyé la détresse humaine au quotidien.
Cette expérience m’a appris à relativiser les situations, à garder mon calme sous pression et à gérer le stress, des qualités essentielles dans la pratique du droit, notamment en situation d’urgence comme une demande d’injonction. Elle m’a aussi donné une grande empathie.
En pratique privée, on accompagne des clients qui vivent parfois des situations très difficiles. Comprendre leur réalité, savoir écouter et rassurer fait partie intégrante du rôle. Cette période de ma vie m’a profondément marqué et constitue aujourd’hui une véritable valeur ajoutée dans ma pratique.
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