Dans moins d’un an, le cycle économique actuel pourrait devenir le plus long cycle de la période d’après-guerre. Cette longévité est due en partie aux mesures de relance des banques centrales à l’échelle planétaire qui s’étaient traduites par des taux très bas et des achats d’obligations.

Maintenant que ces mesures exceptionnelles tirent à leur fin, les investisseurs se questionnent inévitablement sur la fin du présent cycle et les perspectives de baisse du marché boursier dans un avenir plus ou moins lointain. Dans ce contexte, quels sont les investissements à privilégier?

De manière générale, un portefeuille bien diversifié comporte des actions, des obligations et des liquidités. Ces dernières sont typiquement investies dans des titres du marché monétaire.

De ces trois catégories d’actifs, les actions offrent le potentiel de rendement plus élevé mais aussi le plus grand risque de perte. A l’autre extrême, les titres du marché monétaire procure une grande sécurité du capital mais offre une espérance de rendement nettement moindre.

La mesure de référence pour le marché monétaire est le taux à trois mois des titres du gouvernement du Canada. Ceux-ci offre actuellement un rendement annualisé d’environ 1,5% Cela étant dit, l’inflation crée une perte du pouvoir d’achat. Il est donc important que le taux de rendement d’un investissement puisse au moins compenser, sur le long terme, le taux d’inflation qui frôle aujourd’hui 2%.

Préserver son capital

Les obligations sont d’autant plus intéressantes dans le contexte actuel de fin de cycle. Alors qu’une action est l’achat d’une quote-part du capital d’une société, un investissement dans une obligation est en fait un prêt consenti à un gouvernement ou à une société. L’obligation représente donc une promesse de remboursement de la part de l’emprunteur, ce qui permet en principe de préserver son capital.

En plus de recevoir la valeur du prêt à l’échéance, autrement dit le montant qui doit être remboursé, l’emprunteur perçoit des intérêts qui sont généralement versés semi-annuellement. Ceux-ci sont d’autant plus importants pour les investisseurs cherchant un complément de revenu.

Bien que les versements d’intérêt d’une obligation soient prédéterminés, les investisseurs doivent attribuer aujourd’hui une valeur aux sommes reçues dans le futur. Cette valeur en termes de dollars d’aujourd’hui fluctue en fonction des taux d’intérêt actuels sur le marché. En règle générale, la valeur ou le cours (prix) d’une obligation augmente quand les taux d’intérêt baissent. À l’inverse, le prix d’une obligation baisse quand les taux d’intérêt montent. Cependant, en cas de hausse des taux, le revenu offert par le versement semi-annuel d’intérêt compense la baisse du cours de l’obligation.

Quoi qu’il est difficile de prévoir avec exactitude les variations de taux d’intérêts, les gestionnaires professionnels naviguent à travers les conditions changeantes de marché.

En fonction du contexte de marché, ils choisissent judicieusement le type d’obligations et utilisent plusieurs techniques qui permettront de maximiser le rendement du portefeuille et de protéger le capital. Ainsi, ils visent à atténuer l’effet des hausses de taux sur les placements en obligations ou encore à en bonifier le rendement lorsque les taux baissent.

Plusieurs avantages

Les obligations offrent plusieurs avantages au sein d’un portefeuille.
Comparativement aux actions, les cours des obligations sont plus stables puisque les paiements sont connus à l’avance (intérêts et remboursement du capital à l’échéance), ce qui les rend moins risquées à long terme.

Les prix des actions ont tendance à chuter significativement pendant les périodes de turbulence des marchés. De ce fait, les obligations sont souvent perçues comme une valeur refuge pendant les périodes d’incertitude.

Ces caractéristiques offrent une source de diversification de rendement et de risque, réduisant ainsi le risque global d’un portefeuille. Bref, les obligations ont un rôle important à occuper au sein d’un portefeuille bien équilibré.