Frédérick Gaudreau et Jean Charest. Photos : Radio-Canada
Frédérick Gaudreau et Jean Charest. Photos : Radio-Canada
L'enquête policière sur le financement du Parti libéral du Québec est « toujours en cours », affirme le commissaire à la lutte contre la corruption, Frédérick Gaudreau.

L'enquête Mâchurer se poursuit malgré la poursuite déposée par l'ancien premier ministre Jean Charest, le mois dernier. M. Gaudreau l'a confirmé alors qu'il présentait mercredi le rapport annuel de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), qu'il dirige.

L'enquête Mâchurer dure depuis au moins six ans. Son existence a été révélée grâce à des fuites provenant du personnel de l'UPAC avant l'entrée en fonction de M. Gaudreau, qui aurait préféré que l'enquête demeure confidentielle.

En entrevue en fin de journée avec Patrice Roy sur ICI RDI, le commissaire a expliqué qu'il s'agissait d'une investigation particulièrement complexe.

« Je conviens que cette enquête-là, ça fait longtemps qu'on en entend parler, mais il ne s'agit pas d'une enquête où, par exemple, il y a un signalement, un témoin, un suspect (et) une infraction claire à établir », a-t-il illustré. « Il y a plusieurs centaines de témoins qui ont été rencontrés. Il y a même un livre qui a été écrit là-dessus! »

Fidèle à son habitude, M. Gaudreau n'a donné que très peu de détails concernant l'enquête en cours. Il n'a pas voulu lui fixer de date limite non plus. Il a toutefois répété que si Mâchurer devait être abandonnée, la décision serait rendue publique.

L'affaire Normandeau

En ce qui concerne l'arrêt des procédures criminelles contre l'ancienne vice-première ministre Nathalie Normandeau, le commissaire à la lutte contre la corruption n'a pas été beaucoup plus loquace, si ce n'est pour dire qu'il a lu le jugement du tribunal et qu'« en aucun temps, on ne remet en question l'enquête qui a été faite dans ce dossier », selon lui.

« On remet en question, par contre, l'enquête sur les fuites – qui est une autre chose. Et c'est ça qui est venu sabrer, si on veut, le fait qu'on puisse aller à procès dans ce dossier », a conclu M. Gaudreau lors du dévoilement du rapport annuel de l'UPAC par vidéoconférence.

L'enquête sur ces fuites a depuis atterri au Bureau des enquêtes indépendantes. Car il n'était « pas réaliste » que l'UPAC enquête sur elle-même, selon Frédérick Gaudreau.

« Je peux vous confirmer une chose, c’est qu’aujourd’hui, ça ne se repasserait plus, ce genre de situation-là. C’est clair dans mon esprit. Plus jamais je ne vais accepter qu’on s’auto-enquête », a déclaré Frédérick Gaudreau, commissaire à la lutte contre la corruption.

À la lumière de ces deux dossiers, M. Gaudreau admet que « l'UPAC a une côte à remonter dans la confiance de la population ».

D'ailleurs, à peine 55 % des Québécois qui connaissent le rôle du corps policier disent avoir « assez » ou « très » confiance en lui, selon une enquête Léger. C'est l'UPAC elle-même qui a exposé les résultats de ce sondage mercredi, admettant du même souffle que le nombre de signalements était à la baisse.

Regagner la confiance de la population et redorer son image ne sera pas chose facile, admet M. Gaudreau. Mais il ne s'agit pas non plus d'un défi « insurmontable », d'après lui.

Pour y parvenir, M. Gaudreau souhaite notamment « rappeler (son) indépendance du pouvoir politique » et mieux expliquer le rôle de l'UPAC par rapport à celui du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) qui, lui, dépose les chefs d'accusation. Le corps de police a également annoncé mercredi qu'il s'était doté d'un nouveau logo.


Source: Twitter/Sébastien Bovet.

Avec les informations de La Presse canadienne