L'arbre géant surplombe une maison à North York.. Source  : Getty Images
L'arbre géant surplombe une maison à North York.. Source : Getty Images
La Ville de Toronto a accepté en 2019 d'acheter une propriété pour y protéger un chêne qui date d'avant la Confédération. Le propriétaire réclame toutefois plus d'argent maintenant, citant la flambée des prix de l'immobilier.

Selon des documents déposés en cour, la Ville s'était engagée en 2019 à verser 780 000 $ pour la propriété à North York, y compris 400 000 $ provenant d'une campagne de financement de la communauté.

La Ville planifiait de démolir la maison et de transformer le site en espace vert pour mettre en valeur l'énorme arbre de 24 mètres de hauteur.

Toutefois, le propriétaire de la maison, Ali Simaga, a écrit à la Ville en février dernier pour réclamer 120 000 $ de plus, soit 900 000 $, affirmant que le prix de vente devait refléter les conditions du marché.

« J'ai peur que ma famille et moi devenions sans-abri (au prix original) », affirme le père de six enfants, même s'il loue actuellement la maison et habite dans une autre maison.

Il avait déboursé 520 000 $ en 2015 pour acheter la propriété de la rue Coral Gable. Il affirme qu'il pourrait obtenir 1 million de dollars s'il la mettait en vente maintenant. Compte tenu de la flambée des prix durant la pandémie, il craint de ne pas avoir assez d'argent pour s'acheter une autre maison s'il vend la propriété au prix négocié en 2019.

De son côté, la Ville a demandé au printemps à la Cour supérieure d'entériner l'entente originale. Une audience doit avoir lieu en octobre.

Un arbre historique

Edith George, une habitante du quartier qui se bat depuis 15 ans pour préserver le chêne de 250 ans, affirme que « l'arbre n'a pas de prix ».

L'ancienne chef de la Première Nation des Mississaugas of the Credit Carolyn King, qui a aidé à recueillir des fonds pour protéger l'arbre, ajoute qu'il fait partie d'un sentier qu'empruntaient ses ancêtres. Selon elle, Toronto doit tout faire pour le préserver et reconnaître ainsi que la ville est située sur un territoire qui a appartenu à la Première Nation pendant des milliers d'années.

« Il est regrettable que des gens veuillent vendre notre histoire, l'histoire de la ville et leur propre histoire juste pour remplir leurs poches d'argent », dit-elle.