Le juge Jacques Delisle s'est présenté au palais de justice de Québec, le 7 septembre 2021. Source : Radio-Canada
Le juge Jacques Delisle s'est présenté au palais de justice de Québec, le 7 septembre 2021. Source : Radio-Canada
S'il avait choisi de se taire lors de son premier procès en ne témoignant pas, l'ex-juge Jacques Delisle a tenu à prendre la parole mercredi au palais de justice de Québec.

Dans une sortie aussi inattendue que surprenante, l'homme de 86 ans s'est levé à la fin de l'audience.

« Me permettrez-vous exceptionnellement de dire deux mots », a-t-il demandé au juge Jean-François Émond qui a répondu par l'affirmative.

Jacques Delisle a alors ajouté sa voix à celle de son avocat. Jacques Larochelle qui venait de plaider longuement pour l'arrêt des procédures dans son dossier.

Après avoir obtenu du ministre de la Justice le droit à un deuxième procès, l'ex-juge en demande l'annulation prétextant un abus de procédures.

« Le texte de Loi dit expressément que si le ministre est convaincu », a souligné l'octogénaire, en insistant sur le mot convaincu.

Jacques Delisle est accompagné de son avocat Jacques Larochelle en mai 2012, au palais de justice de Québec. Source: Radio-Canada
Jacques Delisle est accompagné de son avocat Jacques Larochelle en mai 2012, au palais de justice de Québec. Source: Radio-Canada
« Donc la preuve devant le ministre était convaincante », a ajouté Delisle, au sujet de sa demande de révision judiciaire.

Puis avec conviction, il a insisté : « un deuxième procès ne corrigera jamais l'erreur », dont il se dit victime.

Il a terminé sa courte plaidoirie en citant de la jurisprudence de la Cour suprême, en indiquant même au juge le numéro de la page au soutien de ses arguments.

Décision attendue

Après avoir entendu l'ensemble des arguments, le juge Jean-François Émond de la Cour supérieure a mis la cause en délibéré.

Il a déjà prévenu qu'il ne rendra pas sa décision avant la fin de l'année.

Jacques Delisle qui a obtenu un nouveau procès après avoir purgé neuf ans de prison pour le meurtre de sa conjointe demande l'annulation de ce deuxième procès.

Dans une requête en arrêt des procédures, ses avocats allèguent que les experts de la couronne ont mal fait leur travail.

Le procureur de la Couronne Me François Godin. Source: Radio-Canada
Le procureur de la Couronne Me François Godin. Source: Radio-Canada
Des erreurs empêcheraient la tenue d'un procès juste et équitable, selon eux.

La preuve présentée dans le cadre de la requête en arrêt des procédures est frappée d'une ordonnance de non-publication, pour ne pas contaminer un éventuel jury.

La défense prétend que Nicole Rainville s'est suicidée, alors que la poursuite soutient toujours qu'il s'agit d'un meurtre.

Les parties seront de retour devant le juge à la mi-janvier pour faire le point sur l'avancement du dossier.