Mais avant, l’étudiant de troisième année Jean-François Labadie revient sur la vraie nature des rapports avec les étudiants en droit de Montréal.

Irlandais d’origine, le jeune homme de 22 ans est un vrai bilingue de Québec. Ça aurait pu lui ouvrir des horizons … Et bien, non. Après un double DEC en sciences et musique, il a intégré directement la filière droit de l’université de sa ville natale.

Droit-inc.com : Pourquoi avez-vous choisi l’Université Laval ?

Jean-François Labadie : Pour le prestige de cette université et parce que je cherchais la commodité. J’ai tout à Québec, ma famille, mon groupe de musique, mes amis. Je ne voulais pas m’en éloigner. Je n’ai même pas appliqué ailleurs.

Faut-il voir dans votre choix un rejet de Montréal ? La rivalité entre votre université et l’UdM existe-t-elle réellement ?

En temps normal, il n’y a pas de rivalité entre les deux universités. On s’entend plutôt bien même. La rivalité ressort en revanche au moment des Law games. Les prochains auront lieu du 2 au 6 janvier 2010 à l’UQAM et là, pas question de perdre, encore moins contre l’UdM. Notre équipe de Hockey a une revanche à prendre, parce que la dernière fois qu’on les a joué en 2008, on a perdu en finale.

Mais cela n’a rien à voir avec le droit ?

Non, mais c’est le sport qui a cristallisé la rivalité entre Québec-Montréal, du temps où chaque ville avait son équipe. Québec, les Nordiques, qui étaient mes idoles. Montréal, les Canadiens. A cette époque, une personne ne pouvait pas commander une Molson dans un bar à Québec sans se faire sortir. J’ai été élevé comme ça. Alors aujourd’hui encore, aimer les Canadiens de Montréal, j’en suis pas capable.

Qu’allez-vous faire pour soutenir votre université aux prochains law games ?

Je vais m’investir le plus possible dans l’équipe qui se rendra aux law games. Il est prévu que je joue en défenseur et que je sois capitaine.

Arrivez-vous à tout gérer entre vos études, le hockey et la Présidence de l’AED ?

Et encore vous oubliez que je travaille comme serveur et que je joue dans un groupe de musique ! De toute façon, je ne peux pas faire autrement. Restez chez moi à ne rien faire, c’est pas pour moi. Je déteste la solitude. Cette année, avec la Présidence de l’AED, j’ai quand même l’impression d’avoir amputé mes études. Mes notes sont correctes, même si ce ne sont pas par elles que je me ferai remarquer. La présidence de l’AED m’apporte des expériences et des connaissances plus valorisables. J’en vois qui passent leur temps dans des livres, alors ils seront peut-être au tableau d’honneur, mais je ne les vois pas dans un cabinet d’avocats.

Est-ce pour mettre ce titre sur votre CV qui vous vous êtes lancé dans l’aventure ?

La personne qui vous dit qu’elle n’y a pas pensé vous ment. Je ne fais pas exception. Ce n’est pas ce qui a été moteur. Je suis un gars d’équipe. C’est ma force. Je me suis toujours impliqué à l’école, dans le sport et je continuerai à le faire après mon année comme président.

L’avenir justement. Quels sont vos projets professionnels ?

Je n’ai pas encore de plan de carrière tracé. J’aimerais partir quelques mois à l’étranger avant de commencer à travailler. J’ai des matières qui me plaisent, comme le droit du travail ou le fiscal, mon DEC en sciences fait que je n’ai pas de problème avec les chiffres. J’aimerais peut-être exercer dans ces champs de pratique. Je sais que pour certains la réussite passe par une carrière à Montréal, pour moi, ce sera sûrement Québec ou l’étranger.