Jocelyne Tremblay, la directrice de l’École du Barreau. Sources: Site web de l’École du Barreau et archives
Jocelyne Tremblay, la directrice de l’École du Barreau. Sources: Site web de l’École du Barreau et archives

« Ils ne nous écoutent pas. C’est triste. Nous serons bientôt inscrits au Tableau de l’Ordre. Nous avons pourtant déjà le sentiment que nos préoccupations ne sont pas importantes pour eux. »

Ces mots expriment le ressenti d’une étudiante de l’École du Barreau. Comme deux autres confrères, également membres de la cohorte 2021-2022, elle a accepté de se confier à Droit-inc sous le couvert de l’anonymat.

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Leur première déception est survenue le 12 novembre dernier, lorsqu’ils ont appris que l’évaluation finale, censée se tenir le 13 et 15 décembre prochain, comportera six sujets d’étude.

Les associations étudiantes des quatre centres de formation réclamaient la tenue d’une évaluation à cinq sujets, depuis au moins le 7 octobre. Elles évoquaient une question « d’équité », rappelant que les évaluations postérieures à 2020 ont été modifiées pour tenir compte du contexte pandémique.

« Tout le monde voulait une évaluation à cinq sujets. Qu’avons-nous récolté ? Une évaluation à six sujets », ironise cet étudiant qui semble en avoir gros sur le cœur.

Dans un message transmis à ses membres, et dont Droit-inc a obtenu une copie, les quatre associations étudiantes ont reconnu partager leur mécontentement vis-à-vis de la décision du Comité de la formation professionnelle.

« Nous comprenons votre déception à l’égard de la décision du Comité de la formation professionnelle de tenir une évaluation à six sujets. Sachez que nous sommes tous aussi décu.es de la tournure des événements », indique leur message avant de qualifier de « désolant » le fait que les arguments des étudiants n’ont pas été « prépondérants » lors de la prise de décision.

Un sondage des associations étudiantes aurait indiqué que les 571 étudiants-répondants privilégiaient presque à l’unanimité la solution d’une évaluation à cinq sujets.

Contactées par Droit-inc, les associations étudiantes des quatre centres de formation de l’École du Barreau n’avaient pas donné suite à nos demandes d’entretien au moment d’écrire ces lignes.

Une dizaine de courriels

Mécontents, une dizaine d’étudiants ont contourné leur association étudiante et pris l'initiative d’écrire directement à Jocelyne Tremblay, la directrice de l’École du Barreau, pour exprimer leurs inquiétudes envers la « perspective d’un examen en présentiel ».

Ces étudiants, qui parlent en leur propre nom, préféraient que l’évaluation finale se déroule en ligne.

« Pour être bien honnête, le stress engendré par l’examen final du Barreau en est presque à son paroxysme. Par-dessous tout, la perspective d’un examen final en présentiel constitue un élément anxiogène non négligeable qui rajoute (sic) un fardeau supplémentaire sur les épaules des étudiants du Barreau », indique un extrait de leur courriel dont Droit-inc a obtenu une copie.

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L’un des étudiants qui s’est entretenu avec Droit-inc regrette que l’École du Barreau soit si peu sensible et si peu à l’écoute des revendications des étudiants.

« C’est ridicule. C’est comme s’il nous riait en plein visage. Ils ne se mettent pas à notre place. Les initiatives qu’il adopte sont seulement des “parures” », dit-il en dénonçant les maigres efforts que l’École du Barreau ferait pour aider les étudiants à soigner leur santé mentale et leur bien-être émotionnel.

Réponse du Barreau

Joint par Droit-inc, la directrice des communications du Barreau, Hélène Bisson, indique que l’Ordre professionnel est sensible aux préoccupations des étudiants.

« Une dizaine d’étudiants nous ont en effet écrit pour nous faire part de leurs préoccupations quant à la tenue de l’évaluation finale en présentiel. Nous sommes sensibles à leurs inquiétudes et nous avons répondu à chacun d’entre eux afin de les rassurer. »

Le Barreau soutient que les évaluations en présentiel se dérouleront dans le respect des directives sanitaires de l’INSPQ.

« Toutes les mesures sanitaires exigées par la santé publique et les exploitants des lieux où se tiendront les évaluations seront rigoureusement respectées. Si ces mesures devaient évoluer d’ici à la tenue de l’évaluation, nous nous assurerons de mettre à jour nos directives. Notre objectif est et demeurera toujours d’assurer la sécurité de toutes les personnes présentes. »

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