Me Brahm Campbell. Source: Paperman
Me Brahm Campbell. Source: Paperman
L’avocat Brahm Campbell, qui a fait reconnaître le licenciement déguisé par la Cour suprême, est décédé à l’âge de 84 ans.

En 1966, Brahm Campbell avait affronté un autre jeune avocat - et futur premier ministre du Canada - , Me Brian Mulroney, qui défendait deux courtiers immobiliers, Richard Lafferty et Robert Harwood, accusés d’antisémitisme pour avoir refusé d’embaucher deux juifs.

Près de trente ans plus tard, le même Richard Lafferty était à nouveau poursuivi pour avoir comparé Jacques Parizeau et Lucien Bouchard à Adolf Hitler.

Brahm Campbell pratiquait au sein du cabinet Campbell Cohen Seidman. Sa pratique l’a amené à plaider devant la Cour suprême en 1997 dans le dossier Farber contre Royal Trust.

L’avocat représentait David Farber, gérant régional pour l’Ouest du Québec pour la firme immobilière Trust Royal, qui poursuivait son employeur pour avoir éliminé son poste afin de le pousser à accepter un nouveau contrat avec une rémunération réduite de moitié et des responsabilités réduites à celles d’un gérant de succursale..

Pour la première fois, la Cour suprême avait distingué ce qui constitue un licenciement déguisé, et ce qui ne l’est pas. Le plus haut tribunal au pays avait avancé qu’il pouvait être intéressant de se référer à la jurisprudence en droit québécois en matière de congédiement déguisé.

La Cour suprême avait précisé les conditions pour donner lieu à un congédiement déguisé, à savoir que la modification du contrat soit unilatérale et substantielle, qu'elle touche aux conditions de travail essentielles, et que l'employé a refusé d'accepter ce changement.
Brahm Campbell était diplômé en droit de l’Université McGill.

L’avocat était reconnu pour sa sagesse et son esprit. Il s’intéressait à l’économie mondiale et les conversations sur la Deuxième Guerre mondiale.

Sur la page de condoléances, son ancien associé Leonard Seidman salue Brahm Campbell qui « a été une source d'inspiration pour moi et pour le regretté David Cohen, dans notre pratique du droit ensemble avec lui. (…) Brahm était plus qu'un collègue, il a généreusement partagé son enthousiasme pour la vie avec tous ceux qui l'ont connu. »