Julie Gonthier-Brazeau, candidate pour Québec solidaire dans René-Lévesque
Julie Gonthier-Brazeau, candidate pour Québec solidaire dans René-Lévesque
Julie Gonthier-Brazeau n’a pas beaucoup de temps. Normal. Car avec une campagne à mener sur un immense territoire, quasiment seule, pas facile de trouver un instant, quelques minutes pour s’asseoir et faire une pause.

C’est donc très tôt le matin, qu’elle est joignable. Au moment de l’appel, elle est avec sa fillette. Des moments précieux. D’autant qu’après c’est une longue journée qui commence. Du coup, elle a trouvé le truc.

"Je me promène avec ma fille de sept mois partout, confie-t-elle. Hier par exemple, nous étions à Baie-Comeau."

Si elle n’a pas de staff de campagne, elle peut compter sur le soutien inconditionnel de son compagnon, boulanger de profession. "On n’a pas vraiment d’équipe alors mon conjoint m’aide beaucoup, dit-elle. C’est moi la candidate, mais il est aussi impliqué que moi."

Québec Solidaire, son engagement en politique, la campagne... Tout est arrivé très vite.

"Avant le déclenchement des élections, ça n’était pas du tout mon plan de carrière de faire de la politique, raconte la jeune femme. J’ai toujours été informée mais je n’ai jamais pensé m’engager comme ça."

Pour preuve, son adhésion à Québec Solidaire date de l’hiver dernier.

"C’est la première fois qu’un parti m’interpelle : je ne m’étais pas sentie l’âme partisane auparavant car je ne faisais pas confiance aux grands partis, reconnaît-elle. J’aillais voter tous les 4 ans sans plus et puis j’ai découvert Québec Solidaire et le parti correspondait bien plus à l’image que j’avais du rôle de l’État et de la redistribution des richesses."

Elle décide de s’engager comme militante, et s’aperçoit que l’engagement politique lui plaît.

Le printemps érable, lui donne encore plus envie de s’impliquer.

Julie Gonthier-Brazeau, notaire de profession
Julie Gonthier-Brazeau, notaire de profession
“C’est à partir de la loi 78, que je me suis sentie beaucoup plus interpellée, notamment en tant que juriste.”

Puis c’est l’annonce des élections du 4 septembre. “Il n’y avait pas de candidat de notre parti dans cette circonscription et c’est en discutant avec QS que j’ai fait le saut.”

Si on lui avait dit quelques mois qu’elle sillonnerait les routes de cette vaste partie du Québec, pour porter le message de Québec Solidaire, cette jeune notaire n’y aurait pas cru.

Son baccalauréat en droit décroché à l’Université de Montréal en poche, elle travaille avant de s’inscrire à l’École du Barreau. Entretemps, elle travaille cinq ans au sein de l’Office national Film, au département des droits d’auteurs.

"Au départ, je me destinais plus à être avocate mais j’ai eu une remise en question après mes études et au final j’ai choisi le notariat car je voulais venir m’établir dans le coin."

Elle fait son stage de notaire au sein de l’étude de Nathalie Ross aux Bergeronnes, pour finalement y trouver sa place.

"Elle cherchait une personne pour prendre la relève, tranquillement, pas vite, et ça s’est fait comme ça", précise la notaire qui se dit "très contente d’exercer ce métier de proximité avec les gens."

Elle profite aujourd’hui de son congé de maternité qui s’achèvera l’hiver prochain, pour faire sa campagne. Elle avoue ne pas avoir beaucoup de moyens mais faire de son mieux pour aller à la rencontre des gens, pour se présenter et faire connaître son parti.

"Je ne m’attends pas à gagner l’élection, dit-elle avec lucidité. Il y a ici un député du PQ qui a de bonne chances de l’emporter, Marjolain Dufour, car il fait du bon travail et est aimé."

Mais elle continue à se battre. Pas pour elle. Pour les autres, pour ses proches.

"Je m’implique aussi pour mes deux filles car le Québec a besoin de gens qui s’engagent et qui s’assurent qu’on ne nous vole pas nos richesses, des politiques qui font du bon travail."

Si elle retournera à son travail de notaire en cas de défaite, elle n’en continuera pas moins son combat politique en créant une association locale de Québec Solidaire. Et il est fort à parier qu’on la retrouve aux prochaines échéances électorales.

"Il y a de bonnes chances en effet car j’ai attrapé la piqûre des élections mais avant tout celle de Québec Solidaire."

Rendez-vous est pris.