Les champions 2025 des fusions & acquisitions
Quels sont les cabinets qui se sont démarqués en 2025 en fusions et acquisitions? Droit-inc a tous les résultats…
Malgré les craintes suscitées en début d'année par les tarifs douaniers américains, l'année 2025 a été faste en matière de fusions-acquisitions au Canada.
Ceux qui redoutaient une année 2025 creuse pour les fusions-acquisitions auront eu tort: même si le nombre de transactions a chuté de 3 % au niveau mondial, la valeur totale a bondi de 49 % à 4 600 milliards de dollars US, selon le classement LSEG.

Il faut remonter à l'année 2021 pour trouver une meilleure performance mondiale, soit au lendemain de l’année 2020 paralysée par la pandémie de Covid.
La performance du Canada est encore meilleure, avec une croissance de 58 % de la valeur des transactions annoncées en 2025, malgré un nombre de transactions en recul de 21 %.
Plusieurs cabinets d'avocats ont été particulièrement actifs durant cette grande année de fusions-acquisitions.
En matière de volume, c’est à nouveau Fasken qui s’accapare la première place. Le cabinet a conseillé 271 transactions annoncées en 2025, soit une transaction sur 13 au Canada. C’est près du double du total réalisé par le cabinet placé en deuxième position.
Stikeman Elliott se hisse à la première place pour la valeur totale des transactions conseillées, avec 97,1 milliards de dollars US, suivi par la firme américaine Latham & Watkins (79,6 milliards $US) et Torys (64,2 milliards $US).
Blakes en chef de file
Le cabinet Blakes réalise une double performance en figurant tout près du trio de tête (63,2 milliards $US), et en gardant la première place pour la valeur des transactions complétées en 2025, avec 60,4 milliards de dollars US. Le cabinet était déjà en première position en 2024, et il renforce cette place en poussant sa part du marché à 26,5 % en 2025.

« Nous sommes bien positionnés pour exécuter les opérations de grande taille grâce notre expertise de pointe », se félicite Me Patrick Menda, associé chez Blakes, qui codirige les groupes capital-investissement et droit commercial et des sociétés du cabinet à Montréal. « Quand de grandes opérations font appel à des spécialisations, la profondeur de notre équipe en matière de droit de la concurrence et en services financiers vient appuyer des opérations comme cela a été le cas lors de l'acquisition de Western Financial Bank par la Banque Nationale. »
L’incertitude comme nouvelle norme
Pourtant, l’année 2025 avait débuté avec de nombreuses incertitudes, qu’elles soient liées aux tarifs douaniers américains ou aux conflits internationaux. Mais le marché s’est adapté. « L’incertitude est devenue la nouvelle norme », observe Me Shannon Consedine, associée en fusions et acquisitions et en droit commercial chez Blakes à Montréal. Les entreprises et les investisseurs pourraient même développer leur adaptation à ce nouveau standard en diversifiant leurs risques en 2026, ajoute-t-elle, en anticipant des volumes soutenus de fusions-acquisitions au cours de l’année à venir.
Plusieurs secteurs devraient être particulièrement actifs, tels que les minéraux critiques et traditionnels, les infrastructures, l’intelligence artificielle et la défense, dans le sillage de la volonté du gouvernement fédéral de soutenir ces industries, croit Patrick Menda. « Le Canada reste une économie de ressources naturelles et énergétiques », rappelle-t-il. « Ce sont des secteurs où on verra de nouveaux investissements, potentiellement une certaine consolidation, et des opportunités qui mèneront à des opérations de fusions-acquisitions. »
Norton bondit
Norton Rose Fulbright signe une des progressions les plus spectaculaires de l’année. Le cabinet triple sa part du marché, tant du point de vue des transactions annoncées (48 milliards $US) que des transactions complétées (40,6 milliards $US). La valeur moyenne des transactions qu'il a conseillées se situe également parmi les plus élevées sur le marché.
« Nous avons réellement capitalisé sur notre relation avec nos clients », se réjouit Me Mathieu Deschamps, associé et cochef canadien des fusions-acquisitions chez Norton Rose Fulbright. Le cabinet présent depuis longtemps auprès de grandes entreprises s’est beaucoup développé sur le marché intermédiaire, souligne-t-il. « C’est probablement un élément qui nous a permis de très bien tirer notre épingle du jeu. »
Norton a connu une grosse activité dans les secteurs de l'aviation et de l'énergie en 2025, partout au Canada. Et le cabinet s’attend à de l'activité dans le secteur des infrastructures numériques, de la technologie et des minéraux critiques en 2026.
« Nous avons terminé 2025 en force, et on commence 2026 sur les chapeaux de roues », annonce Mathieu Deschamps, qui voit l'activité s'intensifier que ce soit par des investissements étrangers ou canadiens.

Des risques davantage encadrés
Puisque cette activité importante a lieu dans un contexte incertain, Matthieu Deschamps s'attend à davantage de vérification diligente quand les secteurs d'activité sont impactés par les tarifs douaniers et l'incertitude économique.
Et les assureurs sont même appelés à jouer un rôle croissant pour prendre en charge le risque lié aux transactions, lorsque des représentations et garanties se révèlent inexactes. « C’est une façon de limiter le risque, sans que le vendeur soit tenu responsable d'une inexactitude, qui peut toujours survenir », précise Me Deschamps.
L'incertitude pourrait aussi nourrir davantage de supervision au niveau réglementaire lorsqu'une entreprise d'intérêt national est concernée par une opération de fusions-acquisitions, estime l’avocat, qui dit observer de plus en plus de situations.
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