Les mémoires du Web
Dominic Jaar
2009-09-11 11:15:00
Jusqu’à récemment, cette expression pouvait, dans bien des cas, s’avérer fausse. En effet, jadis, il était loisible à l’auteur d’un écrit de le détruire. Pensons au Décalogue que Moïse a cassé devant le peuple infidèle, au sort que le fils de Nabokov réserve au manuscrit de l'auteur de « Lolita » ou plus simplement, à un de vos clients qui se débarrasse de son ordinateur contenant des preuves nuisibles...
Mais avec l’avènement d'Internet, les auteurs de contenu se trouvent souvent à en perdre le contrôle. Alors que les écrits étaient auparavant circonscrits physiquement, tant sur média que dans l’espace géographique, ils se retrouvent maintenant, bon gré mal gré, publié sur le web. Sans entrer dans les questions liées à la propriété intellectuelle ou à l’atteinte à la réputation, soulignons les impacts substantiels que cette situation peut occasionner pour tous.
Il y a eu cette décision où un défendeur a mis en ligne des photos intimes d’une fréquentation, les nombreux cas où des documents dont les métadonnées n’avaient pas été purgées se sont retrouvés en ligne et plus récemment, un article de Lawyers Weekly à propos de McCarthy Tétrault dont Droit-inc.com a traité.
L’ensemble de ces histoires auraient eu une durée bien passagère, ou carrément aucune existence, dans le monde papier… Par contre, dans la mémoire du web, elles risquent de vivre éternellement - prenant pour acquis qu’un astéroïde ne passera pas assez près de la terre pour en effacer tous les supports magnétiques…
Ce fait s’explique de plusieurs façons :
Premièrement, le caractère collaboratif du web, surtout à l’heure du Web2.0, permet la multiplication des contenus de façon constante et exponentielle. Par exemple, comme blogueur et twitteur, il n’est pas rare que mes textes soient repris par d’autres sites web qui se voient à leur tour cités. Il arrive aussi que j’utilise des sites comme Docstoc ou Slideshare pour partager du contenu que j’enchâsse dans mes sites web. Ainsi, pour chaque document mis en ligne, le contenu est reproduit et hébergé à plusieurs endroits simultanément et ce, nonobstant la destruction d’une des sources.
Deuxièmement, dans le monde du web, la majorité de ce qui est mis en ligne est archivé par divers services. D’abord, pour le court terme, pensons à la mémoire cache de Google qui conserve une copie de sauvegarde du fichier indexé. Cette copie est accessible en appuyant sur le lien « cache » qui apparait à côté du résultat de votre recherche. Cet outil est particulièrement utile lorsqu’il y a congestion sur le site d’origine ou que le contenu en a été récemment retiré par l’auteur ou l’hébergeur. Ainsi, dans le cadre de vos litiges, si vous demandez à ce que du matériel soit retiré des ondes, assurez-vous que Google l’oublie aussi !!
Pour le long terme, et une fois que Google aura rafraichi son cache, il y a toujours les archives d’internet auxquelles nous donnent accès la WayBackMachine…
Évidemment, il ne s’agit là que de quelques-uns des outils facilement accessibles au public pour retrouver des contenus « disparus ». Quand ces outils font défaut ou ne permettent pas d’accéder au contenu recherché, il y a mille et une autres façons d’y arriver puisque, contrairement à la mémoire, le web a cette faculté : il n’oublie point !
Droit et Techno
Deux fois par mois, Dominic Jaar et Philippe Senécal, conseillers juridiques de Conseils Ledjit, rédigent pour vous des billets rapportant des nouvelles technologiques liées au droit ainsi que des nouvelles juridiques relatives aux technologies. Pour consulter toutes leurs chroniques, cliquez ici.
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Anonyme
il y a 16 ansJe le répète à toutes les fois, je suis vraiment impressionné par la qualité des textes de Me Jaar. Excellent et très intéressant !!!
Pierre-Olivier Dumas
il y a 16 ansAllo.
Très bon comme article !
Me
il y a 16 ansTrès bon article. De plus, ça cause de Moïse et de Nabokov en plus de citer du latin... toutes des références que nous n'allons en aucun cas retrouver chez ces jeunes inspidies, ceux qui ne peuvent que puiser dans le hockey lorsque vient le temps de faire des analogies et des métaphores. Bravo
King
il y a 16 ansDepuis quand Moïse est l'auteur des dix commandements?
Selon la Torah, le Dieu est l'auteur et Moïse l'éditeur du Décalogue.
Anonyme
il y a 16 ansDepuis qu'il a compris qu'il pouvait disparaitre dans la montagne, en revenir avec une tablette, et faire gober au peuple qu'il avait rencontré le tout puissant.
Bon,... Aucun éclair ne m'a zappé à l'écriture de ce texte. CQFD
Me
il y a 16 ansJe ne suis pas d'accord. Tel qu'il a été décidé dans Pirkei Avot 1:1, Moïse était l'auteur au sens de la LDA puisqu'il a fixé sur support les paroles qui lui ont été oralement transmises (voir Exode dans le cahier d'autorités). Me Jaar a la bonne interprétation.
Me
il y a 16 ans>>> Depuis qu'il a compris qu'il pouvait disparaitre dans la montagne, en revenir avec une tablette, et faire gober au peuple qu'il avait rencontré le tout puissant.
Le prohète Josué était un témoin oculaire de l'évènement. C'est d'ailleurs le seul humain, outre Moïse, qui a vu les premières tablettes. Il aurait fallu assigner Josué et lui faire avancer les frais de repas et hébérgement si vous désirez apporter une contre-preuve. Vous ne l'avez pas fait et maintenant c'est trop tard.
Anonyme
il y a 16 ansOn dirait le raisonement de ceux qui exhibent l'ancien testament comme titre de proprié sur la cisjordanie... oups, .. scuzez, la judée-samarie.
Me
il y a 16 ans>>>> On dirait le raisonement de ceux qui exhibent l'ancien testament comme titre de proprié sur la cisjordanie... oups, .. scuzez, la judée-samarie.
Je ne crois pas en quoi parler de Moïse mène automatiquement au zionisme.
Me
il y a 16 ans*vois