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Le milieu a besoin d’avocates ouvertement gay!

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Apolline Caron-ottavi, Céline Gobert

2019-01-30 14:30:00

Deux avocates québécoises, membres de la communauté LGBTQ et mamans de jeunes enfants, sont récompensées pour leurs implications.

Mes Catherine Bélanger-Pâquet et Élisabeth Brousseau.
Mes Catherine Bélanger-Pâquet et Élisabeth Brousseau.
Le 24 janvier 2019 a eu lieu la première édition des prix Priorité à l’inclusion (Inclusion Now Awards) de McCarthy Tétrault.

Ces prix ont pour objectif de célébrer les « champions de la diversité » de l’équipe, qu’il s’agisse d’étudiants, d’associés, de conseillers, de partenaires ou d’employés.

Pour McCarthy, il y a bien sûr une certaine « stratégie » derrière comme l’explique à Droit-inc Samantha Chown, l’une des spécialistes de cette initiative : les cabinets ont besoin de garder et de recruter les meilleurs talents, et ce pour le bénéfice des clients.

Parmi 54 candidats, deux lauréats ont été sélectionnés dans chaque bureau canadien pour leur capacité à promouvoir la diversité et l’inclusion, à travers l’offre de services communautaires, leur attachement à faire progresser leur milieu de travail, leur implication dans des projets ou quant à l’avancement professionnel de personnes issues de la diversité.

Parmi les récipiendaires, deux avocates québécoises se sont vues remettre le prix : Me Élisabeth Brousseau à Montréal et Me Catherine Bélanger-Pâquet à Québec.

De nouveaux modèles

Me Élisabeth Brousseau promeut les droits de la communauté LGBTQ et des femmes depuis des années.

Nouvellement associée chez McCarthy Tétrault, Me Élisabeth Brousseau promeut les droits de la communauté LGBTQ et des femmes depuis des années.
Nouvellement associée chez McCarthy Tétrault, Me Élisabeth Brousseau promeut les droits de la communauté LGBTQ et des femmes depuis des années.
Devenue associée chez McCarthy Tétrault depuis le 1er janvier dernier, elle salue les initiatives du cabinet pour favoriser la diversité et souligne que l’on voit de plus en plus de progrès dans la communauté juridique.

« Maintenant, il y a beaucoup de modèles de femmes ouvertement gay dans la communauté juridique. Je suis aussi mère d’un enfant de 7 ans : ça fait des modèles qui n’existaient peut-être pas aussi ouvertement il y a dix ans. Je suis vraiment contente de voir que McCarthy met ça de l’avant. On voit plusieurs bureaux faire des pas de géants », précise-t-elle.

Après avoir été co-présidente du comité LGBTQ du Barreau canadien, le CORIS (Conférence sur l'orientation et l'identité sexuelles), elle a fondé avec Me Louis Charron un comité similaire au Barreau du Québec.

« Ce sont des initiatives de ce type-là qui m’ont permis d’être pas mal active auprès de la communauté LGBTQ, en faisant des conférences, en organisant des activités de réseautage avec les membres LGBTQ de la profession juridique », poursuit l’avocate.

Elle a également eu l’occasion il y a quelques années de faire une mission sur les droits des femmes et les droits LGBTQ au Guatemala avec Avocats sans frontières. Une association avec laquelle elle repartira d’ailleurs au mois de février, pour Haïti cette fois.

« C’était déjà très flatteur d’être en nomination parce qu’on était nombreux. Les gens ont différentes initiatives sur une multiplicité de thèmes. C’est la diversité ‘at large’, et comme cabinet, je pense qu’on veut féliciter et encourager ces initiatives », explique-t-elle à Droit-Inc.

Des cocktails pour l’inclusion

Me Catherine Bélanger-Pâquetil a également été récompensée pour son implication dans les démarches d’inclusion du cabinet.
Me Catherine Bélanger-Pâquetil a également été récompensée pour son implication dans les démarches d’inclusion du cabinet.
Barreau 2017, Me Catherine Bélanger-Pâquet a également été récompensée pour son implication dans les démarches d’inclusion du cabinet.

L’avocate, dont la conjointe vient tout juste d’accoucher d’un bébé de deux semaines, se dit « honorée » par une telle récompense.

Parmi ses initiatives, elle organise un cocktail mensuel au Cabaret Club du Drague, un bar bien connu de la communauté LGBTQ de Québec, afin de mettre de l’avant la diversité chez McCarthy. Bien évidemment, tout le monde est invité, les hétéros « alliés » de la communauté aussi!

La juriste participe en outre à l’organisation d’un cocktail pour la Section communautaire sur l'orientation et l'identité sexuelles (CORIS) en partenariat avec l'Association du Barreau canadien. Ce cocktail a pour but de créer un premier contact, un premier réseau pour que la communauté LGBTQ puisse réseauter ensemble.

« L’idée c’est qu’il n’y ait plus de tabous, affirme Me Bélanger-Pâquet, c’est un objectif d’inclusion, que les gens se sentent à l’aise. On sait que la profession d’avocat est assez conservatrice. On veut changer ce stéréotype-là et cette fermeture.»

Fait amusant : c’est justement Me Brousseau qui était jusqu’ici son modèle!

Pour l’avocate de Québec, il est clair que plus on va voir d’avocates ouvertement gay prendre la parole, plus les autres vont se sentir à l’aise.

Notons également que les adjointes juridiques Linda Petit à Montréal et Anne Corriveau à Québec ont été récompensées pour leur implication dans le club de tricot de McCarthy qui comprend des membres du personnel, administratif et paraprofessionnel, mais aussi des avocates.

Les juristes tricotent foulards et tuques pour les clients vulnérables d’organisations locales.
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15 commentaires

  1. Me Redoute
    Me Redoute
    il y a 5 ans
    Gay ou lesbienne et quoi encore!
    Expliquez moi pourquoi le milieu a besoin d'avocates ouvertement gay. C'est un article stupide. Des gay et des lesbiennes, il y en a dans tous les bureaux. On ne veut pas connaître l'orientation sexuelle de personne, Rien à voir avec la profession. Juste pas pertinent.

  2. Anonyme
    Anonyme
    il y a 5 ans
    C'est la mode du gay-washing (après celle du green-washing)
    Qui prétend exprimer ici les prétendus besoins de ce qui est appelé "le milieu" ?

    Ma sexualité est inconnue de mon entourage professionnel, qui n'a nul besoin de la connaitre. Pourquoi certains ont-ils besoin de pavoiser avec la leur ?

    • DSG
      True
      I don't even know why they need distinguish between gay vs openly gay. What's the difference anyway: making a public announcement, listening to KD Lang at work? Either way I don't care and I don't need to know. Ironically if you assume someone is gay or ask them if they are on an account of what they wear or how they act, it's offensive. Makes no sense anymore.

    • Legal Counsel
      Legal Counsel
      il y a 5 ans
      Well...
      You know exactly why these lawyers broadcast their sexuality.

      I'm not saying they should be ashamed of who they are, nor am I rendering any kind of moral judgement regarding homosexuality. Not in the slightest. No one can deny that before homosexuality was "accepted" by the majority of the public, it could be quite detrimental to your career and personal relationships to be outed as a homosexual. Homosexuality used to be something that hindered a professional career.

      That's no longer the case. In a world where apparently sex and gender are not related (in spite of what I learned in Grade 3 Biology class), where men can now be women, women can be men, children undergo gender transitioning, and there are apparently 94 different pronouns someone can identify with, being an "out of the closet" homosexual is actually an enhancement to your career, because you become publicly known as a member of a "protected victim class". Because of this, any adverse measure taken against a visible/well-known homosexual professional will raise the ire of all these social justice/radical left victim-loving groups.

      So, if you're a homosexual professional, publicizing that fact adds a layer of armor to your career. You become quasi-bulletproof; untouchable, like an endangered species. It makes you "unfireable", even if you're totally incompetent. To be honest, if I were homosexual, I would do the same thing!

    • smmd
      Faux.
      Vous prétendez que personne dans votre entourage professionnel n'est au courant de votre « sexualité », ce qui ne peut signifier que l'une de deux choses :

      1. Si vous êtes une personne hétérosexuelle, c'est que votre entourage vous présume ainsi et avec raison. Un jour, vous trouverez votre âme sœur et tout naturellement, commencerez de parler au pluriel de la première personne (ex. « je » deviendra « nous ») et ensuite les pronoms genrés de la langue française feront leur travail et les présomptions de votre entourage sur votre hétérosexualité s'avéreront exactes.

      2. Si vous êtes une personne LGBTQ et que personne dans votre entourage professionnel ne le sait, c'est que vous êtes dans le placard, car même si vous ne « pavoisez » pas votre identité sexuelle, quelqu'un qui est confortable avec soi-même arrivera tôt ou tard de mentionner son amoureux ou amoureuse dans un milieu de travail convivial. « Qu'est-ce que tu fais en fin de semaine ? » - « Je mont à Saint Glin-Glin des Ha-Ha visiter les parent de mon... / ma... .» Rien de plus normal comme conversation pendant une pause-café ou un lunch décontracté.

      Bref, tout cela pour dire que votre « sexualité » n'est pas uniquement une question de sexe. C'est une question de vie familiale, sociale, etc. Les hétérosexuels ne s'empêchent pas de parler de leur époux, leurs enfants, leurs vacances en famille ou en couple, etc. Pourquoi les non-hétéros devraient-ils s'en abstenir ?

      Le milieu a besoin de minorités visibles et invisibles qui serviront de modèle à ceux qui désespèrent parce qu'il croit qu'une belle vie est impossible parce qu'ils font partie d'une minorité historiquement non valorisée. Je me souviens parfaitement de ce sentiment marquant de perdition. Je me rappelle ces moments où je croyais réellement que le bonheur et l'épanouissement seraient impossibles pour moi et que mes seuls vrais choix étaient une vie passée dans le placard ou le suicide.

      Voilà pourquoi il faut plus de personnes exerçant des professions socialement valorisées qui soient ouvertement LGBTQ. Ce n'est pas pour parler de leur vie sexuelle au sens littéral, mais pour démontrer que l'épanouissement et l'acceptation sont possibles. Ça, vous le savez (ou devriez le savoir) très bien.

    • smmd
      Uh-huh...
      OK, so just point me in the direction of a Fortune 500 hiring gay lawyers because they're gay, and I'll apply.

      We'll see what happens.

    • Anonyme
      Anonyme
      il y a 5 ans
      Anonyme
      Que vous ne voulez parler de votre sexualité au boulot, ça vous regarde, mais nullement besoin de juger ceux et celles qui le font et de vouloir leur imposer votre vision obtuse de la chose!

      Pour plusieurs, dévoiler sa sexualité à ses collègues, ça permet d'être plus à l'aise, d'être véritablement soi-même, de ne pas avoir à inutilement cacher des choses et au final, ça facilite la socialisation et permet de mieux s'intégrer au groupe. Un exemple bien banal, une avocate aurait envie de dévoiler sa sexualité, parce qu'elle aussi a envie de librement parler de la fin de semaine, de son dernier voyage ou du repas au resto partagés avec sa compagne. Ou peut-être parce qu'elle n'a plus envie qu'on présume qu'elle est attirée par les hommes et qu'on lui demande régulièrement son avis sur X ou Y homme, et si elle sortirait avec lui. Bref, les exemples pilulent, ce sont bien des choses au quotidien avec lesquelles on ne souhaitent plus se tracasser. Malheureusement, je doute que ça soit facile à comprendre pour des gens qui refusent de se mettre dans les souliers des autres et qui tiennent toutes ses situations pour acquises.

    • Legal Counsel
      Legal Counsel
      il y a 5 ans
      ?
      Sheath that razor sharp wit of yours, you might cut yourself!

      Where did I say, above, that you will be hired simply because you're gay? Unless you apply to a transparently virtue-signalling company, openly disclosing your homosexuality during the hiring/application process will, at best, be a neutral for you.

      But should you have a shred of competence and manage to get hired by a large firm or corporation, and then come out as gay, you'll have ensconced yourself securely in there. Only criminal actions or gross negligence/incompetence could possibly be your undoing.

    • Pirlouit
      Pirlouit
      il y a 5 ans
      Manichéen
      Vous pouvez être hétérosexuel et ne pas vouloir que les gens connaissent votre vie sentimentale. De la même manière, un LGT+ peut faire le même choix sans être dans le placard pour autant.

      De plus, une personne qui affiche son orientation pour combattre les préjugés le fait avec un objectif. Ce n'est pas la même chose qu'une personne qui en discute normalement parce qu'elle se sent acceptée. S'il n'y a plus de discrimination ou qu'elle est limitée, il tombe donc sous le sens qu'une personne qui s'affiche bruyamment ou inutilement puisse être dérangeante.

  3. Anonyme
    Anonyme
    il y a 5 ans
    Avocat gay
    En tant que jeune avocat gay dans un grand bureau, ce genre de nouvelle et d’initiative me rassure et contribue à me rendre plus confortable au travail. Vous pouvez ne pas être d’accord, mais je vous assure que plusieurs de mes confrères et consoeurs gays pensent comme moi.

  4. Simon Julien
    Simon Julien
    il y a 5 ans
    Article intéressant et encore nécessaire
    Je crois que le fait d'avoir des juristes ouvertement gay permettrait, dans certains cas, de mieux comprendre la réalité vécue par certaines parties, témoins et mêmes juristes. Ce serait une belle démonstration que le système de justice ne fait pas de discrimination basée sur l'orientation sexuelle. Ce n'est également pas uniquement une question d'orientation sexuelle, mais d'avoir une connaissance plus intime des problématiques vécues par un groupe qui, même si beaucoup d'avancées ont été faites, demeure encore souvent marginalisé. J'ajouterais que la magistrature fait encore pauvre figure au niveau de nomination de juge ouvertement gay. Parler d'ouverture est une chose, la démontrer en est une autre.

    • SBS
      ca va un peu trop loin
      C'est comme dire si tu n'a jamais été violé tu ne peux comprendre les victimes de viol ou si tu n'as jamais été harcelé tu ne peux comprendre les victimes de harcèlement.

      C'est aussi comme dire si tu n'es pas ouvertement gay alors tu ne peux pas comprendre ce que vit la communauté gay.

  5. Anonyme
    Anonyme
    il y a 5 ans
    Get real
    Ce genre d'initiatives vise à permettre aux bureaux d'avocats d'obtenir des points additionnels dans le cadre d'un RFP et les clients exigent ce genre d'initiatives pour obtenir bonne presse. C'est tout. Ça n'enlève rien à personne et ça demeure une bonne chose, mais à un moment donné faut voir clair dans tout ça. Quand je lis certains commentaires, je me demande si les gens comprennent vraiment le monde dans lequel on vit.

  6. Me Stéphane Lacoste
    Me Stéphane Lacoste
    il y a 5 ans
    Une affirmation bien nécessaire
    Nous avons tous besoin que tout le monde se sente bien peu importe l'origine ethnique ou nationale, le genre ou l'identité de genre, ou l'orientation sexuelle,.

    Si pour plusieurs personnes l'orientation sexuelle des autres est sans conséquence, il n'en va malheureusement pas de même pour tous. J'oserais écrire que la majorité des gens est toujours mal à l'aise face a l'homosexualité. Tant que ce sera le cas, la société bénéficiera de modèles qui permettent aux membres des minorités de se sentir acceptés.

    Dans le cas précis de l'homosexualité, il est faux d'écrire qu'il y en a dans tous les bureaux. Il est tout aussi faux de dire que ça n'a aucune importance.

    Que tous ceux qui pensent que l'homosexualité est bien acceptée, que c'est un "done deal" regardent autour d'eux ou aillent faire un tour au palais de justice ou même dans le "village"; ils ne verront pas d'homosexuels se ternir la main ou se coller l'un contre l'autre comme se le permette pourtant plusieurs hétérosexuels. Et je ne parle même pas de s'embrasser en public.

    La société a beaucoup changée, soit, mais il reste tant à faire. Oui, il faut des modèles. Oui, il faut de l'affirmation. J'appuie nos consoeurs et confrères qui choisissent de s'affirmer et s'afficher (ou plus exactement, de ne plus se cacher). J'appuie tout autant ceux qui choisissent de ne pas le faire. À chacun sa vie.

  7. Anonyme
    Anonyme
    il y a 5 ans
    Opinion
    Je trouve que ce genre d'initiative aurait du mérite et toute mon admiration...il y a 10-20 ans, c'est-a-dire à une époque ou les gens étaient moins tolérants. Aujourd'hui, rares sont ceux pour qui l'orientation sexuelle d'une personne dérangent. Je dirais même que c'est l'homophobe du bureau qui se verrait rapidement exclu.

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