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Jeunes juristes ambitieux!

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Céline Gobert

2019-03-27 15:00:00

Qu’elle soit en fac de droit ou en stage dans des cabinets, la future génération de juristes est ambitieuse et ne s’en cache pas!

La future génération de juristes est ambitieuse et ne s’en cache pas!
La future génération de juristes est ambitieuse et ne s’en cache pas!
Olivier Lacoursière, 23 ans, en 4e année de droit à l’Université d’Ottawa et étudiant en droit chez Cain Lamarre à Rouyn Noranda, vise déjà une carrière de politicien.

Et il n’est pas le seul à voir loin.

Camille Bélanger, 25 ans, qui fera son stage chez McCarthy Tétrault en 2020, se voit grandir comme avocate en droit médical.

Nadreyh Vagba, 21 ans, en 1ère année de droit à Ottawa, se voit déjà ouvrir sa propre boîte.

Quant à Michel Cobti, 20 ans et en 1ère année à l’UdeM, et Vicky Sabourin, 28 ans et candidate à la maîtrise en droit pour la Chaire de recherche du Canada sur la diversité juridique et les peuples autochtones, ils comptent bien atteindre tous leurs rêves...

Ce qu’ils ont en commun? Un désir de réussir énorme et une ambition sans limite.

Droit-inc a discuté avec eux d’argent, de réussite, de compétition et ce qu’ils attendent des cabinets en 2019. Morceaux choisis.

Droit-inc : Est-ce que vous vous décririez comme « ambitieux »? C’est quoi l’ambition pour vous ?

Olivier Lacoursière.
Olivier Lacoursière.
Olivier Lacoursière : Oui, définitivement. Ce qui m’intéresse beaucoup dans le droit c’est la persuasion, l’art de communiquer, la discussion, l’art oratoire. J’aspire à une carrière de politicien. La difficulté que notre génération rencontre est qu’il y a une saturation de jeunes juristes sur le marché. On va être 100 à graduer cette année mais on ne sera pas 100 à décrocher un emploi ou un stage. Pour se démarquer, on doit prendre le lead, notamment quand il s’agit de moderniser la justice ou dans les domaines du futur comme l’intelligence artificielle.

Camille Bélanger : Oui, je crois que je suis très ambitieuse. Pour moi, l’ambition c’est de donner le meilleur de ce que je peux donner. Ma philosophie est : tout ce qui doit être fait doit être bien fait!

Michel Cobti : Oui, l’ambition pour moi c’est de toujours chercher à atteindre ses rêves, se trouver une passion et travailler pour la réaliser, pour accomplir ce qui nous fait plaisir.

Vicky Sabourin : Oui, très ambitieuse, j’ai toujours un autre projet en tête, Je cherche aussi à travailler dans un endroit «ambitieux », dans lequel on traite de sujets d’intérêt sur des questions délicates comme les droits humains et les libertés autochtones.

Quelles sont vos stratégies pour réussir ?

Michel Cobti : Je ne pense pas qu’il faille être stratégique pour réussir mais suivre son coeur.

Olivier Lacoursière : La clé de la réussite, selon moi, c’est l’organisation. Il faut apprendre à bien gérer son horaire et savoir concilier son implication sociale avec sa performance académique. En 1ère année de droit c’était difficile mais maintenant que je gère mon temps mes résultats ont augmenté et je suis fier de moi !

Camille Bélanger.
Camille Bélanger.
Camille Bélanger : Je suis très organisée, c’est ma plus grande qualité dans ce contexte. Avec toutes mes implications, je ne peux pas me permettre de ne pas avoir le contrôle sur mon horaire.

Nadreyh Vagba : Ça prend beaucoup de travail, de sacrifices, il faut toujours garder le futur en tête et non pas seulement se contenter de voir le moment présent. Il ne faut pas oublier tous les efforts qu’il y a derrière les réussites.

Vicky Sabourin : Je pense que le parcours professionnel peut vraiment finir par distinguer un candidat. Personnellement, je mise sur ma performance académique et mes expériences professionnelles (ndlr : elle est administratrice à la Caisse Desjardins) qui me permettent de développer un réseau de contacts et de diversifier mes expériences.

Au départ, pourquoi vous êtes-vous lancés dans le droit?

Olivier Lacoursière : Pour aider les gens vulnérables dans la société. J’ai des collègues davantage orientés business mais moi c’est le côté humain qui m’a attiré en premier. Aussi, pour avoir un réel impact sur la vie des gens. J’ai un grand sentiment d’appartenance à ma communauté de Rouyn Noranda parfois oubliée. Je désire impliquer la jeunesse et apporter un vent de changement.

Nadreyh Vagba.
Nadreyh Vagba.
Nadreyh Vagba : Une majorité de jeunes vont en droit parce que leurs parents sont avocats ou bien parce qu’ils veulent gagner de l’argent. Moi je veux aider les gens. Aussi, j’étais fascinée par les rouages et les enjeux du droit. Je les ai découvert plus jeune devant la télévision quand le président de la Côte d’Ivoire a dû répondre à des accusations de crimes de guerre.

Michel Cobti : J’adore m’exprimer. Le droit a toujours été dans mon ADN depuis que je suis petit même si je suis le premier de ma famille à m’y lancer. On retrouve le droit dans toutes les sphères et les enjeux de la société. Ça permet de mieux comprendre comment elle fonctionne, de mieux la modifier si on le souhaite ou d’aider la population.

Vicky Sabourin : Ça a d’abord été une question de justice sociale, c’est cet aspect qui m’a le plus attirée. On peut avoir un impact sur les individus.

L’argent, c’est important pour vous ?

Camille Bélanger : Non, j’ai hésité entre le droit et l’éducation physique alors bon…(Rires). L’enjeu le plus important est d’être excité d’aller au travail tous les matins. C’est sûr qu’il y a des hauts et des bas mais il faut que ce soit à 90 % positif.

Vicky Sabourin : Je pense que le salaire on le met de côté pour acquérir de l’expérience, comme le milieu est compétitif, on va travailler fort.

Nadreyh Vagba : L’argent, c’est ce qui fait tourner le monde, et si tu veux aider les autres, le fait d’en avoir et d’être stable financièrement aide à bâtir un projet.

Olivier Lacoursière : Personnellement, je pense que cela reste important dans le choix d’un cabinet car nous sommes une génération assez matérialiste. Mais il ne faut pas se faire d’illusions quand même, on n’est pas dans une série TV comme Suits, ce n’est pas la vie de jet set. Et si on a un gros salaire, c’est parce qu’on a travaillé fort et on va l’avoir mérité.

Michel Cobti.
Michel Cobti.
Michel Cobti : J’ai grandi dans une famille qui a toujours valorisé de faire ce qu’on aime. Alors oui, on a besoin d’argent pour vivre mais on doit se choisir une passion car le travail c’est une grande partie de notre vie, on doit aimer ce qu’on fait.

Parlez-nous de vos implications. Pourquoi est-ce important ?

Camille Bélanger : L’an passé, j’ai notamment fondé le Comité diversité à la faculté de Sherbrooke avec Karl Boulanger, Raoul Aimé Saint-Éloi, Catherine Decoste-Mahseredjian et Cédric Pierre-Gilles. Cet automne, on a organisé un spectacle de drag queen pour financer un panel qui a eu lieu en février avec plusieurs avocats qui venaient parler des questions de diversité, de sexualité et de genre. Ces questions ne pas assez représentées dans notre milieu.

J’ai aussi co-fondé Univers Droit avec deux collègues pour permettre le partage de notes de cours à Sherbrooke. L’entraide, la diversité, ce sont des questions qui me touchent et me passionnent. Ça enrichit mon expérience au bac.

Nadreyh Vagba : Je me présente aux élections de ma faculté pour être vice présidente sport. C’est important pour moi de m’impliquer, ça me fait sortir de mes livres et me permet d’aiguiser mes armes en relationnel, une qualité nécessaire quand on est avocat.

Olivier Lacoursière : Je suis président de l’Association des étudiantes et des étudiants en droit civil de l'Outaouais (AEEDCO) et président du comité organisateur du Relais pour la vie de Rouyn-Noranda, impliqué dans la lutte contre le cancer. Je veux redonner à la société. Aussi, c’est une façon de faire la politique, car dans le cadre de mon mandat je dois aller chercher des commanditaires, faire de la sollicitation, établir des partenariats avec des entreprises.

Le milieu du droit est compétitif, est-ce quelque chose que vous constatez aussi dans les facs?

Camille Bélanger : Un peu oui, veut veut pas il faut que notre moyenne reste dans un certain couloir sinon on se fait baliser vers le haut ou le bas. Mais ça dépend des facs… La plateforme Univers Droit on a voulu la lancer dans d’autres facs. Tout était prêt pour l’UdeM, il y a avait la plateforme, l’entente… mais personne n’a voulu participer et mettre ses notes de cours!

Vicky Sabourin
Vicky Sabourin
Vicky Sabourin : Je dirais surtout à la licence. Chacun fait les choses pour soi, c’est très difficile de travailler avec des équipes, de poser des questions aux étudiants. Chacun veut être le meilleur, veut avoir les meilleures notes, le meilleur cabinet, la meilleure job. Et donc, chacun développe ses propres stratégies pour réussir.

Qu’est-ce que vous attendez des cabinets aujourd’hui ?

Nadreyh Vagba : Un lieu dans lequel je me sens moi-même, à l’aise. L’une de mes peurs en devenant avocate est de devoir changer mon côté sportive et dynamique. Jusqu’ici, j’avais une image assez froide des avocats, mais des professeurs d’ici et des avocats rencontrés chez Dentons m’ont prouvé le contraire.

Olivier Lacoursière : Le plus important pour les jeunes je dirais que c’est la conciliation travail/famille. J’ai des amis qui font des horaires incroyables dans de gros cabinets. Ceux-ci devraient s’assurer de la santé mentale et physiques des jeunes, ils augmenteraient la rétention des étudiants.

Vicky Sabourin : Un environnement de travail, serein et respectueux, est très important pour les jeunes juristes. Oui, le marché est compétitif et ça prend des sacrifices, mais pas à n’importe quel prix.

Michel Cobti : Être jeune, ce n’est pas du tout un désavantage, au contraire. On est à un âge où l’on est très curieux, très impliqués. Tous les cours de droit, que ce soit des cours d’introduction ou des plus avancés, me permettent de mieux comprendre la société. Toutes les portes me sont ouvertes, chaque cours réveille en moins des passions... J’ai hâte de voir ce que l’avenir me réserve!
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1 commentaire

  1. Seguin
    Seguin
    il y a 4 ans
    M.
    Dans le domaine du droit "Glory is temporary, pain is forever".

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