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La fin des interceptions routières sans motif réel fait réagir en Outaouais

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Radio -canada

2022-10-27 11:12:00

La récente décision rendue par la Cour supérieure du Québec concernant la fin des interceptions routières sans motif réel suscite déjà de vives réactions…

Ibrahim Sballil, président du conseil d'administration du Centre islamique de l'Outaouais. Source: Radio-Canada
Ibrahim Sballil, président du conseil d'administration du Centre islamique de l'Outaouais. Source: Radio-Canada
La Cour supérieure du Québec a rendu, mardi, une décision qui invalide les interpellations aléatoires dans le Code de la sécurité routière, en raison du profilage racial que cette disposition a engendré.

Le juge Michel Yergeau a parlé d'un phénomène insidieux, qui se manifeste partout, y compris en Outaouais. La décision est saluée par les uns et soulève des craintes chez d'autres.

Le président du conseil d'administration du Centre islamique de l'Outaouais, Ibrahim Sballil, se dit soulagé de la décision du juge d’interdire aux policiers d’arrêter sans motif réel des automobilistes.

« C'est une grande décision, c'est un grand jour », a-t-il indiqué.

Le juge Michel Yergeau a donné six mois au législateur québécois pour changer sa loi, afin d'abolir les interpellations aléatoires sans motif valable.


Le spécialiste en profilage racial Alain Babineau affirme que le « juge a reconnu d'emblée que les pratiques au niveau des interceptions aléatoires avaient été utilisées pour le profilage racial ».

Les chefs de police, eux, craignent de perdre un outil à la suite de ce jugement de la Cour supérieure du Québec. Si ceux-ci affirment avoir amélioré leurs pratiques à l'interne, ils sont d'avis qu'abolir les interceptions aléatoires pourrait être dangereux.

Le président de l'Association des directeurs de police du Québec, Pierre Brochet, estime que, « cette décision-là, si à terme on interdit aux policiers d'intercepter des véhicules de façon aléatoire pour vérifier l'état de conduite et l'état du permis de conduire, ça peut avoir un impact à moyen long terme sur le bilan routier ».

La Commission du vivre-ensemble à la Ville de Gatineau, qui s'est réunie pour la première fois récemment, souhaite faire bouger les choses sur ce plan.

Selon la présidente de la Commission, la conseillère municipale Tiffany-Lee Norris-Parent, le jugement de la Cour supérieure du Québec « renforce un certain message ».

« On reconnaît qu'il y a des problèmes et des pratiques à changer dans nos institutions et on s'y attaque. C'est vrai dans le service de police et c'est vrai dans nos institutions », assure-t-elle.

Pour sa part, Ibrahim Sballil croit « qu'il y a une certaine conscience de la problématique » du côté de Gatineau et « qu'on peut attester qu'il y a un travail qui se fait pour résoudre cette problématique, et ça, ça rassure ».

Invitée à commenter sur le jugement mercredi, le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) a indiqué dans une déclaration écrite avoir eu connaissance de celui-ci la veille et donc, « considérant le court délai, la direction n’a pas encore pu prendre connaissance de l’ensemble du jugement et d’en faire l’analyse ».

« Nous prenons très au sérieux ce jugement et que nous sommes en communication avec tous nos partenaires provinciaux par l’entremise de divers comités », écrit la responsable des communications et des relations avec la communauté du SPVG. Elle ajoute que le corps policier collabore avec divers organismes communautaires et les membres de son comité consultatif sur la diversité.

« Le profilage ethnoculturel, social et sexuel n’est en aucun cas toléré », peut-on lire dans la déclaration écrite.
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