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Les moustachus du droit!

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Camille Dufétel

2023-11-03 14:15:00

Pour Movember, un parajuriste montréalais n’a pas hésité à se raser la barbe et à se laisser pousser la moustache… Et il a entraîné de nombreux avocats avec lui!

Dennie Michielsen. Source: LinkedIn
Dennie Michielsen. Source: LinkedIn
Si les températures négatives pointent le bout de leur nez au Québec et que se raser la barbe n’est peut-être pas la meilleure option pour se réchauffer, cela n’a pas arrêté Dennie Michielsen, parajuriste-recherchiste chez Clyde & Co à Montréal.

Lui qui a proposé aux avocats de son cabinet de prendre part à Movember pour la première fois l’an dernier, a réussi cette année à mobiliser plus de 70 professionnels de Clyde & Co à l’international.

Rappelons qu’à travers ce mouvement né en Australie il y a 20 ans, à chaque mois de novembre, les hommes sont invités à se raser et à se laisser pousser la moustache… Une façon de sensibiliser la population aux problèmes de santé pouvant toucher les hommes, qu’il s’agisse de problèmes de santé mentale ou de cancers, notamment celui de la prostate.

Chacun est par ailleurs invité à récolter des fonds pour la recherche et pour la prévention de maladies touchant les hommes. C’est ce qui a mené Dennie Michielsen à se raser, tout début novembre, pour se laisser pousser la moustache. « Ma conjointe m’a dit que j’avais l’air beaucoup plus jeune maintenant et qu’elle ne me reconnaissait plus! lance-t-il, amusé. Ça fait étrange au début, ça donne froid! »

Il indique qu’autour de lui au bureau de Montréal, sept à huit avocats se sont aussi lancés. Deux adjointes juridiques ont également souhaité montrer leur soutien au mouvement, en arborant de fausses moustaches le matin. « Ça crée une belle ambiance au bureau, on voit les gens participer, on voit des avocats sans barbe, ils me demandent le lien du site de Movember et si des activités vont être organisées »…

Le parajuriste-recherchiste, originaire des Pays-Bas et arrivé au Canada en 2018, a travaillé pendant près de quatre ans chez Dionne Schulze à Montréal, avant de se joindre à Clyde & Co. Il détient un baccalauréat et une maîtrise en droit dans son pays d’origine et est aujourd’hui de retour à l’école. Il vise l’obtention d’une équivalence pour être admissible à l’École du Barreau et suit pour cela des cours à temps partiel à l’Université de Montréal.

Dennie Michielsen a reçu un kit de capitaine à l'occasion de Movember. (Courtoisie)
Dennie Michielsen a reçu un kit de capitaine à l'occasion de Movember. (Courtoisie)
D’une initiative locale à une campagne mondiale

Dennie Michielsen explique avoir vu passer de l’information sur Movember l’an dernier à la télévision, en compagnie de sa conjointe, qui lui a suggéré de lancer l’initiative dans son bureau. Un peu à la dernière minute, il a décidé de mener une campagne locale, à Montréal, et a convaincu l’associé-directeur, Dominic Naud. Ils étaient alors sept participants, et un total de 7500 dollars avait été amassé pour le mouvement.

« Le site Web de Movember permet de constituer des équipes pour amasser des dons, explique le parajuriste-recherchiste. On peut se créer un profil et se joindre à une équipe. Cette année, on est rendu à 70 personnes du cabinet à l’international qui ont décidé de participer, on a des gens aux États-Unis, en Afrique du Sud, en Europe… Movember soutient avec ces dons plusieurs projets, soit de la recherche sur le cancer, soit des initiatives pour le bien-être et la santé mentale des hommes… »

Il s'est d'ailleurs entretenu avec le représentant québécois de Movember, qui lui a expliqué qu’au Canada, les projets impliquaient beaucoup les communautés autochtones.

« J’ai reçu un kit de capitaine de Movember dans lequel il y avait des posters rappelant des faits, notamment que les hommes devraient se faire dépister chaque année dès l’âge de 50 ans pour le cancer de la prostate », pointe le parajuriste-recherchiste, qui explique que l’objectif du mouvement est aussi de créer un environnement sain dans lequel on sent qu’il est possible de parler d’éventuels problèmes de santé mentale, ou physique.

Cette année, c’est avec l’aide du bureau principal à Londres qu’il a réussi à impliquer des avocats à travers plus de 60 bureaux de Clyde & Co dans le monde.

Dennie Michielsen explique modestement que grâce à son initiative, une nouvelle campagne a été lancée cette année par le cabinet, baptisée « Clyde & Mo ». Le bureau de Londres a décidé d’intégrer l’initiative de Movember dans le cadre du mois de la sensibilisation à la santé mentale des hommes, qui a donc lieu en novembre.

Les employés sont par exemple invités à prendre des pauses café avec leurs collègues masculins pour ouvrir la parole et les inviter à parler éventuellement de ce qui les préoccupe. D’autres initiatives auront lieu en novembre, dont un webinaire.

Une tasse pour souligner le mouvement Movember chez Clyde & Co. (Courtoisie)
Une tasse pour souligner le mouvement Movember chez Clyde & Co. (Courtoisie)
« Souvent, on voit que les hommes sont moins ouverts à parler de leur santé mentale et de leur bien-être », croit Dennie Michielsen. L’objectif est ainsi de sortir du tabou.

Le parajuriste cite par ailleurs une étude sortie l’an dernier sur la santé mentale au sein de la profession juridique.

Entreprise par une équipe de chercheurs de l’Université de Sherbrooke sous la direction de la Pre Nathalie Cadieux et financée par la Fédération des ordres professionnels de juristes du Canada et l’Association du Barreau canadien, elle fait état « de niveaux considérables de détresse psychologique, de dépression, d’anxiété, d’épuisement professionnel et d’idéation suicidaire constatés chez les juristes du pays, indépendamment de leur domaine de pratique ou du lieu où ils exercent ».

Dans un communiqué à propos de cette étude mis en ligne par l’Association du Barreau Canadien, il est par ailleurs souligné que les professionnels en début de carrière affichent les taux de détresse les plus élevés.

Aussi, le parajuriste-recherchiste aimerait que ce type de campagne pour la santé mentale devienne la norme dans tous les cabinets, et que chacun se sente libre de parler de ce qu’il vit.

« C’est un travail stressant, je le vois en tant que parajuriste, je parle avec tout le monde », remarque-t-il. Il souligne qu’il existe des programmes dans son cabinet pour toutes les personnes qui sont en proie à des problèmes de santé mentale liés au travail ou personnels et qui souhaitent en parler.

« Alors que l'événement se concentre traditionnellement sur les hommes, nous pensons qu'il est nécessaire de saisir l'occasion pour aborder la question plus large du bien-être des professionnels du droit, quel que soit leur genre », note le parajuriste.
2022

1 commentaire

  1. DSG
    This is news
    It never ceases to amaze me how people use a charitable cause in order to show off. After Movember is done he should consider Minoxidil-December.

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