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Camille Dufétel

2023-08-07 15:00:00

Une nouvelle directrice des affaires juridiques au sein d’une entreprise de Québec explique ce qui lui plaît dans ce rôle, en comparaison avec la pratique privée…

Me Ann-Isabel Clermont-Drolet. Source: LinkedIn
Me Ann-Isabel Clermont-Drolet. Source: LinkedIn
Me Ann-Isabel Clermont-Drolet est la nouvelle directrice des affaires juridiques de CrakMedia, à Québec, qui se présente comme une des plus grandes entreprises de marketing Web dans le monde. Il s’agit d’une promotion, puisqu'elle y était conseillère juridique depuis janvier 2021.

« On fait du marketing Web, de l’achat de médias, de placements publicitaires, du marketing d’affiliation, du marketing d’influence », cite-t-elle. Elle conseille en premier lieu l’entreprise pour la prise de décisions, par exemple dans une nouvelle relation d’affaires, ou dans les orientations stratégiques.

« Pour les orientations stratégiques, on regarde ce à quoi il faut faire attention, ce qu’on ne peut pas faire ou ce qu’on peut faire pour mitiger les risques ou les identifier, en faisant en sorte que l’exécutif ait les informations pour prendre les bonnes décisions, note-t-elle. Si on prend la décision d’aller de l’avant avec un projet en particulier, on aura identifié les risques. »

La Barreau 2013 a auparavant travaillé au sein du cabinet d’avocats Exactus à Québec, pendant près de sept ans.

« Quand je suis arrivée, ça venait tout juste d’ouvrir, se souvient-elle. C’est François Vallières et Stéphanie Auclair qui étaient à la tête de ce cabinet, d’anciens associés de chez Langlois qui ont créé leur cabinet de droit des affaires et qui avaient besoin d’une troisième paire de bras pour les aider. C’est vraiment là que j’ai pris toute mon expérience en droit des affaires. Ils ont été des mentors hors pair pour moi. »

Elle travaillait notamment sur des réorganisations corporatives, des transitions, des acquisitions, achats et ventes d’entreprise… Elle conseillait des entrepreneurs, des PME, et CrakMedia était un des clients d’Exactus.

« Je me suis occupée d’eux au niveau corporatif pendant cinq ans, détaille Me Clermont-Drolet. C’est dans ce contexte que j’ai connu l’entreprise. À un certain point, ils ont eu besoin d’une conseillère juridique à l’interne, et ils ont pensé à moi. Donc j’ai fait le saut de la pratique privée vers l’entreprise. »

Le choix de l’entreprise

Ce qui lui plaît dans le fait de travailler pour une entreprise est « d’avoir les mains dedans ».

« En fait, c’est de dire que les réflexions stratégiques ou les décisions opérationnelles que nous avons, nous allons vivre avec, pointe-t-elle. C’est-à-dire vivre avec les bons coups, ou avec les conséquences aussi, car ça peut arriver. »

« En pratique privée, on a un mandat pour un client qu’on exécute, mais on a quand même un cadre dans lequel on travaille, parce qu’on n’est pas dans l’entreprise, on n’est pas dans les opérations, on est appelé à faire quelque chose en service, à l’extérieur, pour le client », poursuit-elle.

Elle ajoute que l’arrivée en entreprise nécessite une courbe d’apprentissage, qui pour sa part a duré une bonne année.

« Pour bien conseiller une entreprise, il faut bien la comprendre. Cette courbe d’apprentissage est difficile, mais nécessaire. Pour moi, ç'a été de m’impliquer le plus vite possible dans le plus de rencontres et de discussions possibles pour que je puisse m’imprégner du langage de mes collègues. »

Il a aussi fallu qu’elle vulgarise son propre langage d’avocate. « J’ai les mains dans chacun des départements, que ce soit l’intelligence d’affaires, la création, le marketing, l’affiliation… » Tous ont des besoins différents et particuliers et leur propre expertise, souligne-t-elle.

« C’est quelque chose que j’aime à ce jour et je ne reviendrai pas en arrière sur le niveau de connaissances et le fait d’être impliquée dans l’entreprise, ajoute la directrice des affaires juridiques. Mais c’est sûr que ç'a représenté un défi assez important. »

Ses journées de travail chez CrakMedia sont extrêmement variées. Mais pour donner un exemple à Droit-Inc, Me Clermont-Drolet raconte une partie sa journée de la veille.

« On a eu à avoir une réflexion sur une structure corporative pour faire de l’achat de placements publicitaires. Il s’agissait de réfléchir à ce qu’on a aujourd’hui, ce qui nous empêche d’aller plus loin, et quelle est la structure optimale pour nous (…) ».

Elle évoque aussi le droit du travail et le conseil aux RH sur des contrats de travail particuliers. « Encore une fois, c’est identifier le besoin, conseiller sur la prise de décisions et le mettre par écrit, pour être sûr que les gens connaissent ce à quoi on s’expose, ce qu’on peut faire et ce qu’on ne peut pas faire ».

Il lui arrive aussi de faire le pont avec des conseillers juridiques à l’externe, notamment en ce qui concerne le droit corporatif, tout ce qui est transactionnel, fiscalité, les questions de droit d’auteur et de propriété intellectuelle…

« Beaucoup de mon travail est aussi de coordonner les mandats avec les conseillers juridiques externes pour aller chercher des opinions plus poussées ou répondre à certaines questions auxquelles je ne suis pas capable de répondre. »

Pas de litige

En début de carrière, Me Clermont-Drolet a été stagiaire puis avocate chez Picard Sirard Poitras Avocats. Quand on lui demande ce qui l’a attirée vers le droit des affaires, l’avocate évoque notamment sa « hantise du litige ».

« Le litige, ce n’est pas fait pour tout le monde et ça ne me plaisait pas du tout, assure-t-elle. La portion affaires et entreprises m’attirait plus, et le fait que ça n’implique pas de litige, pour être bien franche, au début. C’est un domaine qui me stimulait, que je trouvais super intéressant, qui permettait de se poser et de réfléchir dans la négociation, dans les stratégies, dans la rédaction aussi. »

Elle apprécie aussi dans ce domaine la diversité d’entreprises qu’elle a pu côtoyer.

Le métier d’avocate était pour elle « un rêve de jeune fille ». Cette adepte de lecture, une activité qui lui permet de décrocher, était au tout départ attirée par le droit de la famille, mais cet intérêt ne s’est pas confirmé durant son baccalauréat, obtenu à l’Université Laval.
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