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Une exposition relate l’histoire d’un grand avocat

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Stéphane Tremblay

2022-09-02 13:15:00

Un avocat a droit à sa propre exposition au Musée canadien de l’histoire, à Gatineau. Qui est-il ?

L’avocat Robert Demers. Sources: Sites web de l’Institut de Recherche en Économie Contemporaine et du Musée canadien de l'histoire
L’avocat Robert Demers. Sources: Sites web de l’Institut de Recherche en Économie Contemporaine et du Musée canadien de l'histoire
L’histoire de l’avocat Robert Demers, qui a joué un rôle névralgique dans la plus grande crise qui a marqué au fer rouge le Québec, la crise d’Octobre 1970, est racontée dans une exposition au Musée canadien de l’histoire jusqu’au 5 septembre, à Gatineau.

Me Demers, qui avait alors été désigné à titre de négociateur pour le gouvernement du Québec lors de cette crise historique, a fait don au musée de témoignages, d’articles et d’objets, souvent inédits, directement liés à la crise d’Octobre.

On y retrouve, entre autres, un calepin de l’avocat utilisé en 1970 dans lequel sont inscrits les noms des personnes qui devaient être contactées rapidement, jour et nuit, avant de prendre une décision qui pouvait avoir de lourdes conséquences.

Outre les premiers ministres du Québec, Robert Bourassa, et du Canada, Pierre Elliot Trudeau, le président du comité exécutif de Montréal, Lucien Saulnier, le ministre à Québec, William Tetley, le secrétaire principal du premier ministre Bourassa, Claude Trudel, le colonel Anthony Scotti, vétéran de l’Armée et responsable de la sécurité de Robert Bourassa et l’inspecteur Van Houtte, de la Sûreté du Québec, figurent dans cette liste. Un document rarissime.

Me Demers a également remis au musée un révolver Smith et Wesson, modèle 10, calibre 38, qui lui avait été recommandé par la Sûreté du Québec pour sa protection lors des négociations avec le Front de libération du Québec (FLQ).

D’ailleurs, un soldat était en permanence devant la maison des Demers, un autre surveillait la cour arrière et un troisième se trouvait à l’intérieur durant cette période qui remonte à plus de 50 ans.

D’autres artefacts de cette crise nationale sont exposés, comme un mémoire des libérations du Conseil exécutif, daté du 12 octobre 1970, au sujet d’une séance du conseil des ministres qui a eu lieu la nuit, sous haute surveillance, pour donner suite aux enlèvements de l’attaché commercial du Royaume-Uni à Montréal, James Richard Cross, le 5 octobre, et du ministre québécois du Travail et de la Main-d’œuvre, Pierre Laporte, kidnappé le 10 octobre.

L’avocat a aussi offert aux archives une collection de documents textuels et audiovisuels de même que plusieurs découpures de journaux afin de revivre la frénésie médiatique de ce moment sans précédent au gouvernement du Québec.

Le 17 octobre 1970

L’exposition spéciale ''Libertés sacrifiées – La Loi sur les mesures de guerre'' permet de revivre la crise d’octobre sous les yeux de l’avocat Demers.

gé de 33 ans à l’époque, Me Robert Demers a entamé les discussions avec Me Robert Lemieux, représentant du FLQ.

Les négociations ont été difficiles avec ce groupe d’extrémistes qui utilisaient la violence pour prôner l’indépendance du Québec et le socialisme radical.

Me Demers n’est pas parvenu à faire libérer Pierre Laporte. Le ministre ayant été retrouvé sans vie dans le coffre d’une voiture, le 17 octobre 1970. La veille, le premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau, avait invoqué la Loi sur les mesures de guerre.

Le sang-froid de Me Demers a toutefois permis la libération de James Richard Cross après de longs et ardus pourparlers avec le FLQ, notamment.

Après avoir été grandement impliqué dans cette crise, Me Robert Demers, diplômé de l’Université de McGill, a poursuivi sa carrière en devenant président de la Commission des valeurs mobilières du Québec et de la Bourse de Montréal. Dans les années 1980, il a œuvré dans plusieurs sociétés de placement, tout en demeurant impliqué pour le Parti libéral.

Lors de l’élection générale de 1985, qui portera Robert Bourassa au pouvoir, Me Robert Demers est nommé président de la commission des finances du parti.

En 1992, Me Robert Demers fonde et préside sa propre firme de courtage en valeurs mobilières, Demers Conseil inc. En 1998, il cède la direction de l’entreprise à François Demers, son fils. Il devient alors président du conseil de la société. Il participe aux activités de diverses entreprises tant au Canada, aux États-Unis, qu’en Europe.

Depuis 2010, Robert Demers profite de sa retraite dans les Cantons de l’Est, où il exerce le métier de forestier. Il est âgé de 85 ans.
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1 commentaire

  1. Anonyme
    Anonyme
    il y a un an
    Hein??
    "ce groupe d’extrémistes qui utilisaient la violence pour prôner l’indépendance du Québec et le socialisme radical."

    ???

    Beau parti pris et belle réécriture de l'histoire! Le FLQ était un groupe de jeunes idéalistes qui en avaient assez de la domination des anglais et des riches. Ils ont fait ce qui était fait ailleurs, et qui avait réussi ailleurs, Cuba, Algerie...

    Les extrémistes dans cette histoire sont les responsables de la mise en place des mesures de guerre, dont Trudeau, père de mini-PET.

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