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Le bâtonnier perd ses élections !

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Marc-andré Séguin

2012-05-11 08:30:00

Il a beau être le bâtonnier du Québec, Me Louis Masson a perdu ses élections pour la présidence de son propre cabinet...

Les associés de Jolicoeur Lacasse lui ont préféré l’associé de Trois-Rivières, Me Éric Beauchesne, avocat bien connu dans sa localité.

Le vote, tenu à la fin mars dernier, a été remporté par Me Beauchesne par une forte majorité, a appris Droit-inc.com

Succédant à Me Paul Routhier et à l’honorable Clément Samson, il s’agit du troisième président de l’étude en moins d’un an. Me Routhier a pris sa retraite en 2011 et travaillerait maintenant aux côtés de sa conjointe Hélène Lauzier, courtière en immobilier à Québec. Clément Samson a quant à lui été nommé à la magistrature en fin d’année dernière.

Interrogé à cet effet par Droit-Inc, Me Beauchesne nie que la succession de gens à la tête de l’organisation soit un signe d’instabilité.

Me Éric Beauchesne, nouveau président de Jolicoeur Lacasse
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« Au contraire, explique-t-il. Paul Routhier nous a quittés après 12 années à ce poste, et Clément Samson a été nommé à la Cour supérieure en décembre dernier. Nous sommes fiers de l’opportunité qui s’est présentée à lui. »

Ce que renchérit le candidat défait de cette élection, le bâtonnier Louis Masson.

« Nos présidents ont une tradition de réussite, comme les événements récents avec Clément nous l’ont montré », affirme celui qui fut l’un des fondateurs du cabinet, en 1983. Celui-ci ne se dit d’ailleurs « aucunement déçu » de l’issue du vote.

« Ces choses font partie de la vie en société, affirme-t-il. Ça s’est passé en famille, les associés ont parlé, et Éric est un bon candidat. Je suis très content du choix des associés. »

Visions différentes ?

Le batonnier Me Louis Masson, prend sa défaite avec philosophie
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Me Masson affirme s’être lancé dans cette campagne « par intérêt pour les affaires de la société ». Il a cependant refusé de s’avancer sur les enjeux de cette élection.

« Je suis embêté de vous parler de nos différences, affirme celui-ci. Tout était dans les nuances. Nous avons des valeurs similaires comme associés. Nous sommes plutôt complémentaires. »

Pour sa part, Me Beauchesne refuse lui aussi de parler de différences « fondamentales ».

« Il n’y a pas de schisme, pas du tout, précise ce dernier. C’est une question d’approche. Louis Masson, dans le cours de sa carrière et de son bâtonnat, a été sensibilisé à plusieurs dossiers importants. Il avait des projets. Mais je ne pense pas que notre cabinet était prêt à aller de l’avant au rythme qu’il le souhaitait. Je pense qu’éventuellement nous nous rendrons, mais en temps et lieu. »

Rappelons que les années 2010 et 2011 ont été plutôt houleuses, étant le théâtre d’une opposition entre l’un des associés fondateurs du cabinet, Me André Joli-Cœur, et le cabinet Jolicœur Lacasse, litige qui s’est soldé en Cour d’appel du Québec par une décision en faveur de Me Joli-Cœur en février 2011.

À la lumière des résultats de l’élection, Me Beauchesne nie toutefois que différents clans soient en train de se former à la tête de l’organisation.

« Je prends acte du résultat, maintient-il. Mais comment l’interpréter ? Je ne peux vous répondre. Je ne considère pas qu’il y ait eu des avaries. Qu’il y ait des divergences de points de vue, ça fait partie de la vie d’une entreprise. »

Celui-ci a-t-il néanmoins été étonné de sa victoire, sa campagne l’opposant à un bâtonnier en activité ?

« Je ne peux le prétendre, affirme-t-il. Le fait que Louis était bâtonnier n’a pas créé d’aura particulière. »

Deux stratégies pour l’avenir

Avec son mandat, Me Beauchesne espère maintenant mettre en œuvre la planification stratégique de l’organisation mise de l’avant pour la période 2012 à 2015.

« Mon parcours est déjà tracé par ce document, explique-t-il. Mes implications me permettent de croire que les entreprises de services juridiques sont à la croisée des chemins, et que nos choix devront refléter cet état des choses. »

Avançant que la profession d’avocat est maintenant « plus qu’une profession libérale », celui-ci souligne que les études doivent maintenant « faire valoir la plus-value de faire affaire avec un avocat ».

La stratégie est donc double, affirme-t-il : « une meilleure gestion de notre équipe basée sur l’efficience, avec un modèle de coopération qui va au-delà de l’individu, et une orientation-client accrue qui s’intéresse aux besoins de notre clientèle ainsi qu’à leur niveau de satisfaction. »

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