Carrière et Formation

Des J.O. à BLG!

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Camille Dufétel

2024-01-26 15:00:41

Une avocate qui a pris sa retraite du sport de haut niveau est considérée comme une potentielle leader de demain dans son domaine de droit. Qui est-elle?

Me Sandrine Mainville, avocate chez BLG à Montréal, s’est démarquée dans la catégorie droit du travail et administratif à l’occasion du dernier Gala « Les leaders de demain », organisé par le Jeune Barreau de Montréal (JBM). Elle fait partie de la liste des « Avocats JBM de l’année 2023 ».

Elle est par exemple appelée à conseiller des employeurs syndiqués et non syndiqués et à représenter leurs intérêts en cas de litige. « Ce prix me rend extrêmement fière puisqu’il s’agit de la première marque de reconnaissance que j’obtiens depuis ma retraite du sport de haut niveau », a-t-elle notamment confié à Droit-inc en recevant ce prix.

Me Mainville a en effet suivi ses études de droit à temps partiel tout en s’entraînant. Elle a obtenu son baccalauréat en cinq ans et demi au lieu de trois ans. Elle a participé aux Jeux olympiques de 2016 où elle a gagné la médaille de bronze au relais style libre 4x100 m avec ses coéquipières.

Crédit : Swimming Canada

Environnement sportif

« Je viens d’une famille assez sportive, mon père faisait de l’aviron et ma mère a touché un peu à tous les sports dont la natation, pointe l’avocate. Elle travaille d’ailleurs dans un centre sportif. C’est un peu grâce à ça que j’ai été initiée à plusieurs sports étant jeune. J’ai commencé la compétition de natation de façon plus sérieuse à l’âge de 11 ans. Avec le temps, j’ai gravi les échelons et j’ai réalisé que j’avais une chance d’aller aux Jeux olympiques. »

Elle a suivi un programme Sport-Études au secondaire, et, au cégep, elle a commencé à s’entraîner avec l’équipe nationale basée à Montréal. « J’ai manqué les J.O. de Londres en 2012 à un dixième de seconde. Ç'a été difficile à ce moment-là, mais ça m’a juste motivée davantage pour continuer un autre quatre ans, pour faire les Jeux de Rio en 2016. Je suis allée m’entraîner pendant deux ans à Toronto en 2014 et j’ai été capable de faire l’équipe en 2016. »

Me Mainville parle d’une équipe féminine alors extrêmement forte. « On a gagné six médailles aux Jeux, ç'a vraiment été toute une expérience ».

L’avocate a désormais arrêté les compétitions de haut niveau. « C’est sûr qu’on ne peut pas vraiment adopter un rythme d’entraînement moins intense que le maximum si on veut arriver à faire des compétitions et des performances dignes d’un niveau international. Ma dernière compétition internationale était en 2017, donc j’ai quand même continué un peu après Rio ».

Elle explique que tout s’est fait de manière naturelle. « J’ai changé mes objectifs vers quelque chose d’autre ».

Crédit : Swimming Canada

Nouveaux objectifs

Elle a participé à la Course aux stages en 2018 et décroché un stage chez BLG effectué dès septembre 2019, après avoir travaillé comme étudiante en droit pour le cabinet. Me Mainville a été assermentée en 2020.

Pourquoi a-t-elle d’ailleurs choisi le droit? Elle explique que personne dans sa famille n’est avocat, mais qu’elle se sentait attirée par ce domaine. Au cégep, elle a étudié les sciences de la santé, la chimie, la physique… et n’a pas vraiment aimé cela, d'où sa décision de se tourner vers les sciences humaines.

« Je pense que ma personnalité se mixe bien avec la profession d’avocate et aujourd’hui, je peux le confirmer », dit-elle.

Et pourquoi le droit du travail et le droit administratif? Me Mainville donne deux raisons principales. La première est son attrait pour le litige.

« Après, je n’étais pas vraiment au fait, au baccalauréat, de toutes les facettes du litige, indique-t-elle. Quand j’ai commencé à travailler chez BLG comme étudiante, j’ai pu vraiment essayer différentes choses et c’est là que je me suis rendue compte que j’étais intéressée par ce type de droit, humain, concret. »

Elle dit d’ailleurs s’être tout de suite sentie à l’aise avec l’équipe de BLG, très « tissée serrée ». Elle s’est sentie bienvenue dans « cette famille ».

La deuxième raison est qu’elle a toujours eu l’idée de développer une pratique en droit du sport. Or, pour Me Mainville, le droit du travail est ce qui s’en rapproche le plus. « Par exemple, le processus d’arbitrage, on a ça en droit du travail et en droit du sport. »

Elle explique que son cabinet fait un peu de droit du sport, sans toutefois avoir un département dédié à ce secteur. Elle a déjà travaillé sur des cas dans ce domaine mais sait qu’elle ne pourra pas avoir une pratique entièrement dédiée au droit du sport.

L’avocate s’expose toutefois le plus possible aux enjeux reliés à ce domaine. Me Mainville a d’ailleurs lancé un balado dont l’objectif vise notamment à sensibiliser la population. Baptisé POINT.01, il devait sortir une fois par mois, mais sa moyenne actuelle est d'une fois tous les deux mois. « Je dois jumeler ça avec mon travail qui est assez prenant, et la disponibilité des invités », explique-t-elle.

Y sont abordés des thèmes comme le harcèlement, la gouvernance dans le sport, le dopage, l'ombudsman aux J.O., etc. Des enjeux qui ont un aspect juridique, même si celui-ci n’est pas central dans les épisodes. « L’objectif est de parler des enjeux juridiques de façon à ce que la population puisse les comprendre et prendre conscience des choses qui devront changer dans le futur ».

Elle estime que certains enjeux en droit du sport ne sont pas toujours bien connus et bien compris et que le fait d’en parler davantage pourra éventuellement aider à faire changer les choses.

Concernant la distinction qu’elle a reçue comme « leader de demain », le 30 novembre dernier de la part du Jeune Barreau de Montréal, Me Mainville se dit bien sûr ravie.

« J’ai eu une période après ma retraite du sport où j'avais de la difficulté à m’identifier comme personne, car du jour au lendemain, je perdais ce qui m’avait définie pendant tant d’années », se souvient-elle.

« On m’associait à une olympienne et j’ai été transposée dans un environnement où je devenais une professionnelle du droit, poursuit-elle. Je devais rebâtir de zéro une nouvelle carrière. Ça a été un moment de questionnements, presque de détresse! Référer à moi comme une olympienne, autant j’en suis fière, autant j’avais hâte d’être reconnue comme la personne que je suis en ce moment, c’est-à-dire une avocate. »

Aujourd’hui, on lui remet un prix non plus pour ses bons scores en natation, mais pour son travail en tant que professionnelle du droit, ce que Me Mainville trouve très valorisant! Elle estime que cela l’aide à définir sa nouvelle identité d’avocate.

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