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Une avocate fête ses 40 ans de pratique!

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Marie-Ève Buisson

2024-02-20 15:00:33

Suzanne H. Pringle. Source: LinkedIn
Une avocate bien connue dans le domaine juridique fête ses 40 ans d’inscription au Tableau de l’Ordre. À Droit-Inc, elle raconte les éléments clés de sa carrière…


L’avocate et fondatrice associée de Pringle & Associés, Me Suzanne H. Pringle, fête ses 40 ans de carrière comme juriste. Dans une entrevue écrite, elle raconte les moments forts de sa carrière…

Vous avez commencé votre carrière en litige, droit bancaire et insolvabilité. Qu’est-ce qui vous a motivé à vous tourner vers le domaine du litige familial?

L’arrivée de l’Honorable Michel Yergeau, qui était alors avocat, au sein du cabinet où je pratiquais. Il n’a pas hésité à m’impliquer dans des dossiers de droit de la famille et a su, avec son tact et son expérience, mousser mon intérêt pour ce domaine.

J’ai vite compris que le droit de la famille est un domaine qui amalgame plusieurs types de droit, en plus d’avoir un impact direct sur la vie des clients. Je n’ai pu résister à vouloir en faire plus par la suite !

Et pourquoi avoir fait le choix de fonder votre propre cabinet?

J’étais en réflexion sur l’avenir de ma carrière puisque j’étais mécontente de ma situation professionnelle de l’époque. Disons que le droit de la famille n’était pas une priorité pour le bureau où je travaillais.

J’ai donc décidé de me lancer à mon compte en commençant toute seule, au sein d’une société de dépenses, sans adjointe, réceptionniste ou technicienne. De fil en aiguille, l’équipe s’est agrandie et le cabinet aussi!

Quel était le contexte à l’époque, avez-vous trouvé cela difficile de fonder votre cabinet?

Comme c’était ma décision, j’ai foncé et je l’ai fait, tout simplement. Je suppose que certains moments ont été plus challengeants, mais puisque j’avais décidé de sauter dans cette aventure à pieds joints, cela ne m’a pas arrêtée ou découragée.

J’ai d’ailleurs été très surprise lorsqu’un juge m’a félicitée pour cette décision difficile, directement du banc! Il ne m’est jamais venu en tête que d’être une femme me plaçait dans une situation difficile.

Quels ont été vos plus grands défis?

Conjuguer l’administration du cabinet avec la pratique soutenue et remplie d’imprévus qu’est le litige en matière familiale a été le premier réel défi, dès l’ouverture de mon bureau.

Il fallait aussi développer des sources de référencement et entretenir des liens réciproques avec ces sources. Il était également primordial d'avoir un réseau de contacts et d’experts compétents et fiables dans les domaines connexes au droit de la famille. Ceci est aussi vrai pour les collaborateurs que pour les employés.

Finalement, je dirais qu’il faut mettre beaucoup d’efforts afin de développer et maintenir une forte crédibilité face aux intervenants du monde judiciaire.

Aujourd’hui, combien d’avocats travaillent dans votre cabinet et quel regard portez-vous sur la réussite de celui-ci?

Le cabinet dénombre maintenant 14 avocats ainsi qu’une équipe de soutien composée de huit personnes, œuvrant tous en droit de la famille.

Je suis également choyée de travailler aux côtés de quatre associés, qui travaillent tous de façon soutenue afin que le cabinet demeure une référence en matière de droit de la famille au Québec.

Nous sommes d’ailleurs privilégiés par la qualité des dossiers qui nous sont confiés. Nous avons mené plusieurs dossiers jusqu’à la Cour Suprême du Canada, toujours avec en représentant le client avec zèle et au meilleur de nos capacités, autant lors de mandats pro bono que lors de mandats réguliers.

Dans une récente publication sur LinkedIn, vous dites aimer guider de jeunes avocats. Pourquoi est-ce important pour vous aujourd’hui et comment les aidez-vous?

Je guide les jeunes avocats de diverses façons, notamment au niveau de l’approche des clients, des dossiers et des communications avec les collègues et finalement avec la Cour.

Je trouve également bien important de donner des conseils sur la façon de monter et de préparer un dossier, autant quant à son organisation que quant à la ligne directrice à adopter et, évidemment, quant aux représentations orales à préparer.

Que conseilleriez-vous à un avocat qui rêve de faire votre carrière?

Qu’il faut persévérer et constamment parfaire ses connaissances, autant pour les divers domaines de droit qui peuvent intervenir dans le droit de la famille, les règles de preuve et les décisions récentes.

Il est essentiel de faire de la formation continue si on souhaite plaider et développer ses compétences. La pratique du droit n’est pas toujours de tout repos, mais il importe de se rappeler la chance que nous avons de pratiquer ce métier.

Et que diriez-vous à quelqu’un qui hésite à se lancer en solo aujourd’hui? Quelles qualités sont importantes pour réussir quand on ouvre son propre cabinet?

Il va de soi qu’il faut être prêt à retrousser ses manches et à travailler! Si on fonce tête première avec détermination dans l’aventure qu’est l’ouverture de son propre cabinet, on a déjà un bon pas de fait.

S'en suit la persévérance. Des moments plus difficiles risquent de se présenter, que ce soit dans le cadre de dossiers ou encore dans l’administration du cabinet. Il ne faut pas se laisser abattre à la première embûche, mais plutôt de voir les embûches comme des opportunités de croissance et d’apprentissage.

Sinon, je crois qu’il est très important d’avoir un bon comptable, un bon fiscaliste et un bon logiciel comptable au sein de son équipe. La gestion des ressources humaines occupe également un rôle important dans le succès d’une nouvelle entreprise.

Finalement, je crois qu’il faut absolument faire preuve d’organisation. il est primordial de mettre en place des outils de gestion afin d’éviter de créer des urgences ou de se retrouver devant une catastrophe qui aurait pu être évitée. On n’est plus seulement avocate, on devient présidente d’une entreprise offrant des services juridiques.

De quoi êtes-vous la plus fière aujourd’hui dans votre carrière ? Et que souhaitez-vous pour la suite?

D’avoir fait une différence positive dans la vie de plusieurs personnes en situation de détresse, dont des enfants, de pouvoir continuer de le faire et d’avoir transmis le goût de faire changer les choses à de jeunes avocats et avocates. Je suis aussi fière d’avoir contribué à former, à ce jour, une équipe compétente, sérieuse et dévouée pour les clients et leurs familles.

Selon vous, quels seront les grands enjeux à surveiller en droit familial dans les prochaines années au Québec?

Il faut continuer de surveiller les réformes législatives en droit de la famille québécoise. Le gouvernement est très actif sur ce front depuis les deux dernières années, mais des enjeux importants seront traités prochainement, notamment la question de l’encadrement des unions de fait.

La gestion des délais en matière familiale sera également un enjeu à surveiller dès cette année. Que ce soit pour la fixation d’un procès ou pour une audition en cours d’instance, la Cour manque de plus en plus des ressources nécessaires pour assurer que les dossiers sont traités avec célérité et il est maintenant très difficile d’expliquer certaines remises d’audition pour cause d’encombrement à nos clients.

Je souligne d’ailleurs les différents projets mis en place afin de faire évoluer le litige familial. Je pense par exemple au projet pilote de coordination parentale qui a été lancé récemment dans le district de Montréal.

De telles actions ont un impact direct sur les justiciables et aident à ce que le système de justice réponde aux besoins actuels de la population.

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