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Rencontre avec la nouvelle DG d’Avocats sans frontières

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Sonia Semere

2024-05-17 15:00:48

Véronique Lamontagne
Véronique Lamontagne
Avocats sans frontières vient de nommer, pour la première fois, une femme à la tête de son organisation. Droit-inc a jasé avec elle.

C’est une grande première dans l’histoire d’Avocats sans frontières Canada. Pour la première fois depuis sa création, en 2002, une femme prend les reines de l’organisation.

Cette femme, c’est Me Véronique Lamontagne. Barreau 1991, elle a notamment occupé le rôle de directrice du bureau des relations internationales de la Ville de Montréal et a contribué à la création du Mayors Migration Council à New York City.

Elle succède à Karine Ruel, qui avait assuré la fonction de directrice générale par intérim après le départ du fondateur, Pascal Paradis.

Celui qui est désormais député du Parti Québécois pour la circonscription de Jean-Talon a laissé une empreinte profonde au sein de l’organisation.

« Il a porté l'organisme, il a su le faire croître, rayonner et grandir. Il a aussi assuré la viabilité financière de l’organisation et il a fait en sorte de mobiliser des gens hyper engagés », confie Me Lamontagne à Droit-inc.

À l’instar de ce qu’a pu mettre en place Pascal Paradis, l’avocate veut s'assurer que l'organisation garde un ancrage avec la réalité qui est assurément mouvante au gré des changements sociétaux.

La planification stratégique

Arrivée à la tête de l’organisation il y a deux mois, Me Lamontagne nous confie être à l’aube de la planification stratégique avec ses équipes. Une planification qui permettra de définir les grandes orientations pour les cinq prochaines années à venir.

Cela débutera par une fine analyse du contexte actuel. « On observe une certaine polarisation, un désengagement en matière d'État de droit, de droits humains. On veut vraiment s’assurer d’être en lien avec les grands enjeux globaux comme le climat ou l'immigration. »

Autre point majeur : prendre en compte tout l’écosystème d’Avocats sans frontières. Me Lamontagne insiste sur le fait de prendre en considération les équipes qui se trouvent au siège à Québec, mais aussi celles qui sont sur le terrain.

« L’idée est de voir quelles sont les priorités dans leur région, comment on peut les soutenir dans les prochaines années, comment on doit assurer un plaidoyer auprès des instances internationales ».

Pour la nouvelle DG, cette planification doit avant tout être participative. Chaque acteur de l’organisation doit partager une vision commune.

Quelle est justement sa vision de l’organisation? Selon Me Lamontagne, Avocats sans frontières va vraiment stimuler des transformations institutionnelles et va faire en sorte qu'on opère petit à petit des changements favorables à l'état de droit.

Attirer l'attention et la contribution d'avocats au Canada et hors des frontières s’avère également essentiel.

« Je pense qu'on a encore des efforts à faire pour attirer un plus grand nombre d'avocats et les inciter à venir contribuer à notre mission », confie-t-elle.

Des enjeux fondamentaux

Si l’avocate a accepté de rejoindre de l’organisation, c’est parce qu’elle avait « une envie profonde de renouer avec la coopération internationale ».

Il faut dire aussi, que lorsqu’on se penche sur son CV, Me Lamontagne a toujours fait des droits humains, de l’accès à la justice et des questions migratoires des enjeux fondamentaux.

« Quand on regarde la hausse des conflits et des violences, l'impact des changements climatiques sur les droits humains…C’est très préoccupant. Je voyais ce poste comme une façon d'agir directement. »

Ce qui l’a convaincu de rejoindre Avocats sans frontières, c’est l’approche singulière adoptée par l’organisation autour des droits humains : une approche d'autonomisation par le droit, centrée sur les personnes, les problématiques et la demande de justice.

« C'est quelque chose qu'on va poursuivre parce qu'on arrive à obtenir des résultats, on voit que ça apporte vraiment des changements dans la vie de personnes ».

La question du climat est également une priorité pour la nouvelle DG. Car qui dit transition climatique, dit enjeux humains.

« Si on veut une transition juste, il faut vraiment que tous les efforts de décarbonation prennent en compte les enjeux d'inclusion et d'éthique pour laisser personne derrière cette grande transition climatique », assure-t-elle.

En tant qu’actrice de terrain, Me Lamontagne a notamment pu constater les problématiques de détention à l’international.

« J'ai vu plusieurs prisons d'Afrique de l'Ouest et même en Haïti. C'est terrible de voir à quel point il y a des gens qui y sont, sans jamais avoir été jugés pendant plusieurs années. Leur emprisonnement outrepasse souvent la nature du crime et le fait qu'ils n'aient jamais pu être vus devant un tribunal ».

Me Lamontagne mentionne la demande en habeas corpus qui a été mise en place en Haïti comme un exemple de mesure pertinente.

L’habeas corpus interdit la détention arbitraire d'une personne et oblige les autorités à justifier rapidement toute arrestation devant un juge.

« C'est quelque chose qui a bien fonctionné et je crois qu'on aurait peut-être intérêt à le reproduire dans d'autres pays pour vraiment aider les gens qui sont dans cette situation », finit-elle par conclure.

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