Ed Poll, consultant en gestion de cabinets d’avocats
Ed Poll, consultant en gestion de cabinets d’avocats
La question du sort des associés âgés va devenir un enjeu majeur puisque selon Ed Poll, consultant en gestion de cabinets d’avocats, « la grande majorité des membres de la profession juridique aujourd’hui sont des baby-boomers », peut-on lire dans le National Magazine .

D’ailleurs, une étude du Barreau du Haut-Canada révèle qu'en 2010 41 % des avocats ontariens étaient âgés d’au moins 50 ans dont 8% avaient plus de 65 ans.

On constate justement que certains avocats à l’aube de leur retraite ne sont pas sûrs de vouloir partir à 65 ans tandis que des associés sont forcés de prendre leur retraite à l’âge légal.

John Michael McCormick s’est rendu jusque devant la Cour suprême du Canada pour contester la politique de retraite obligatoire du cabinet
John Michael McCormick s’est rendu jusque devant la Cour suprême du Canada pour contester la politique de retraite obligatoire du cabinet
Ce fut le cas de cet associé du bureau de Vancouver de Fasken Martineau, John Michael McCormick, qui s’est rendu jusque devant la Cour suprême du Canada pour contester la politique de retraite obligatoire du cabinet au motif d’une discrimination fondée sur l’âge. Rappelons qu’en mai dernier, son appel a été rejeté.

D’autres, comme ces trois associés de Blake, Cassels & Graydon à Toronto, préfèrent démissionner pour se joindre à des cabinets concurrents.

M. Poll estime que contraindre ces avocats à prendre leur retraite alors qu’ils sont compétents, en santé et veulent continuer à pratiquer est discriminatoire. Pour éviter de voir partir en fumée des années d’expertise, certains cabinets tentent alors de trouver des moyens de les accommoder.

Établir des plans de carrières

Paul Boniferro, associé dans un grand cabinet à Toronto
Paul Boniferro, associé dans un grand cabinet à Toronto
Paul Boniferro, associé dans un grand cabinet à Toronto, est favorable à l’établissement de plans de carrière dès l’embauche des avocats avec un suivi régulier annuel car, selon lui, il appartient aux cabinets de déterminer le rôle que les associés peuvent continuer à jouer.

De plus en plus de firmes considèrent essentiel d’élaborer de tels plans afin d’envisager le type de contributions au droit qu’ils peuvent apporter après l’âge légal de la retraite, que ce soit comme avocat ou associé, en tant qu’enseignant ou conseiller juridique, ou toute autre activité non liée au droit qu’ils aimeraient faire.

Ainsi plutôt que d’instaurer des politiques générales inflexibles, l’avocate torontoise Gillian Hnatiw, associée et spécialiste en droit de l’emploi chez Lerners, recommande la négociation d’ententes ponctuelles permettant aux associés qui ne veulent pas partir à l’âge légal de la retraite, de conserver leur statut tout en travaillant moins ou de continuer dans le cadre d’un rôle moindre.

Me Gillian Hnatiw, associée et spécialiste en droit de l’emploi chez Lerners
Me Gillian Hnatiw, associée et spécialiste en droit de l’emploi chez Lerners
« Cela permet au cabinet de faire de la place à de nouveaux associés avec participation et aux avocats âgés de continuer à s’impliquer », souligne-t-elle.

À ce titre, M. Poll propose que les associés conservent certains de leurs clients et que les autres soient transférés à des avocats plus jeunes, et ce, afin d’assurer le renouvellement du cabinet.